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Ariane Ascaride

Ariane Ascaride : "Je fais du saut à l'élastique tous les soirs quand je rentre sur scène"

59 min
À retrouver dans l'émission

La comédienne Ariane Ascaride évoque son parcours de Marseille à Paris, sa famille d’origine italienne, les cours au Conservatoire, sa manière de travailler un personnage, les films avec Robert Guédiguian... et son besoin d’évasion par la lecture. Une masterclasse enregistrée à Toulouse.

Ariane Ascaride
Ariane Ascaride Crédits : Sylvain Lefevre - Getty

Comédienne ou actrice ? 

Je suis d’abord comédienne, ma formation à moi c’est le théâtre. Je viens du théâtre et j’y retourne régulièrement car j’en ai besoin. (…) Un comédien ou une comédienne devient le capitaine du bateau car il faut emmener le bateau de l’autre côté.

Tandis que les acteurs ne savent pas comment les séquences vont être montées. Elle s'amuse à imiter "l’accent jambon des Marseillais" qui ne veulent pas avoir d’accent. 

Son père d'origine napolitaine n'a pas voulu transmettre à sa fille la langue italienne mais lui a fait partager sa passion pour le théâtre. Ariane Ascaride, qui a depuis appris l'italien est très fière de ses deux films tournés en Italie.

Nous portons tout le temps nos racines avec nous. Nous portons nos aïeux sur nos épaules. Il faut beaucoup de générations pour devenir un vrai bourgeois. Mes filles commencent à devenir de vraies bourgeoises. Et leurs enfants, j’en suis sûre, seront des bourgeois pourris.

Ariane Ascaride rend hommage à Jacques Rosner, directeur du Conservatoire d'art dramatique, ainsi qu'à Marcel Bluwal et Antoine Vitez, ses professeurs. Des gens qui "pensaient culture pour tous". Elle y apprend des "millions de choses" et voit dans Maria Casarès un modèle : 

Quand elle entrait en scène elle aspirait tout l’air de la salle. Et tout devenait compact. Tous les regards étaient sur elle… j’aimais aussi ce qu’elle était en tant que personne.

Son métier de comédienne la passionne, mais elle n'aime pas parler des heures sur un personnage.

Quand on est comédien, quand on joue, il ne faut pas être intelligent, il faut juste "être". 

Je fais du saut à l'élastique tous les soirs quand je rentre sur scène ou quand je vais faire une prise. J’ai envie d’avoir peur. J’aime avoir peur. 

Elle raconte comment elle a trouvé le personnage de Marie-Jo en voyant une femme dans le métro avec sa fille. Sur la ligne 9.

À propos de son mari Robert Guédiguian elle refuse le terme de "muse" et préfère celui de complice. Elle raconte avec humour leur première rencontre. 

Avec Véronique Olmi elle co-signe "Ariane Ascaride. Une force et une consolation" sur le rôle de la lecture dans sa vie. Une manière de concrétiser leur amitié.

Lire permet de me reconstituer. Et une consolation. La lecture permet de s’isoler.

Sur Marseille elle rectifie les clichés :

Dans une cité à Marseille, il y a dix cons mais il y a 3500 personnes formidables, ça il ne faut pas l’oublier.

Elle soutient le combat des comédiennes de plus de 50 ans et aimerait faire tomber les barrières sociales. Ce que Robert Guédiguian fait aussi avec ses films :

Avec cette bande incroyable on est arrivé pas tout le temps mais asse souvent, à faire entendre aux gens que le monde populaire est un monde d’une immense dignité. Et c’est ça l’important. Les classes laborieuses sont extrêmement dignes et il ne faut jamais l’oublier. C’est tout.

Véronique Vecten, Documentation sonore de Radio France

>>> Pour aller plus loin, une sélection d'Annelise Signoret >>>

Entretien avec Ariane Ascaride à l’occasion de la sortie du film de Robert Guédiguian, La Villa. En ligne sur le site du magazine Bande à part.

Le Paris des arts visite le chantier du théâtre "La Scala" en compagnie de la comédienne césarisée Ariane Ascaride. A voir sur France24.com

Ariane Ascaride évoque les films qu’elle aime pour le blog toulousain, Culture 31.

Entretien avec Ariane Ascaride à propos d’Une histoire de fou, film de Robert Guédiguian sur le génocide arménien. A voir sur YouTube

Janine Euvrard : Entretien avec Ariane Ascaride, paru dans la revue de cinéma, 24 images (n°112-113, 2002)

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