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Portrait de l'artiste plasticien Bertrand Lavier

Bertrand Lavier : "L'art est un principe de vie"

59 min
À retrouver dans l'émission

Marquée à la fois par l’histoire de l’art et la culture populaire, l'oeuvre de Bertrand Lavier fait trembler les catégories de la modernité. Au micro d'Anaël Pigeat, l'artiste plasticien dévoile son chemin de pensée et son processus de création, toujours en mouvement.

Portrait de l'artiste plasticien Bertrand Lavier
Portrait de l'artiste plasticien Bertrand Lavier Crédits : Eric Fougère / VIP Images / Corbis - Getty

Depuis une quarantaine d’années, plusieurs œuvres de Bertrand Lavier sont devenues des icônes : Giulietta (1993) ou encore Bocca/Bosch en 2005. Son travail a été montré dans les plus grands musées du monde. En 2012, le Centre Pompidou lui a notamment consacré une grande rétrospective. Entre 2014 et 2016, il a exposé entre autres à la Fondation Van Gogh d’Arles (L’affaire Tournesol), à la Monnaie de Paris (Merci Raymond), et au Palais de Tokyo (La Vénus d’Amiens). Depuis les années 1980, il n'a cessé d'ouvrir de nouveaux chantiers, comme récemment une reprise de toiles de Frank Stella en néons. 

"Intégriste de rien", comme il aime se définir, Bertrand Lavier est un véritable artiste conceptuel, qui s'intéresse autant à l'histoire de l'art qu'à la culture populaire qu'il se plait à mélanger dans ses œuvres, toujours marquées par l'idée de transgression d'un certain classicisme. Cette Masterclasse vous propose d'entrer dans l'atelier de Bertrand Lavier. 

De l'horticulture à la pratique de l'art

Dès le début de son parcours, Bertrand Lavier a emprunté des chemins de traverse en se formant à l’école d’horticulture de Versailles. De ces années, il a notamment gardé un héritage conceptuel : la notion de greffe. Comment s'est-il détourné de sa formation d'ingénieur à Grenoble pour devenir le grand artiste plasticien qu'il est aujourd'hui ?  

Bertrand Lavier : "Je suis allé, comme disait Malraux, de Mallarmé à Villon, et c'est avec l'art de mon temps que j'ai remonté l'histoire, si je puis dire. L'art est un principe de vie. Ce qui me plait, c'est la pensée qui traverse une œuvre, mais c'est aussi la manière d'y arriver. Ce qui a été très sensible pour moi, c'était de voir qu'être artiste faisait qu'on avait une manière de traverser le quotidien qu'on pouvait choisir soi-même. Ce domaine là me semblait propice à mon rêve d’aventure extrêmement libre, à ma dérive personnelle."  

Une pensée visuelle limpide

L'histoire de l'art est omniprésente dans l'oeuvre de Bertrand Lavier. Ces travaux font références à l'art primitif, à Cézanne, à Franck Stella, aux artistes appropriationnistes. L'histoire de l’art et la culture populaire sont la matière première de son travail, comme le montre sa série Walt-Disney Productions.   

Bertrand Lavier : "Une œuvre, c'est une idée que l'artiste se fait de l'art et, à la fois, c'est une autre manière de l'aborder. Implicitement, l'artiste dialogue avec ce qui l'a précédé. Le supermarché est pour moi aussi intéressant que le Musée d'Art Moderne, je vais de l'un à l'autre de manière assez libre." 

Une des caractéristiques de son œuvre est de présenter un aspect conceptuel très fort, toujours doublé d'une dimension formelle. Un principe qui sous-tend une grande partie de son travail est de faire trembler les catégories classiques de la modernité.

Bertrand Lavier : "On doit être choqué par les choses que l'on produit. C'est très rare que des œuvres plaisent d'emblée. En général, il y a un choc positif qui déstabilise vos certitudes. Et l'artiste n'est pas à l’abri de ça. Il faut être persuadé du bien fondé de son travail pour continuer à l'assumer et l'exposer ensuite. Et il faut un peu de naïveté pour aller sur des chemins non battus techniquement."

Raymond Hains, une boussole amicale

Bertrand Lavier entretient une amitié de longue date avec l'artiste Raymond Hains, à qui il a consacré une exposition à la Monnaie de Paris en 2016. Il le convoque tout au long de la Masterclasse, notamment pour évoquer sa méthode de travail.

Bertrand Lavier : "Au fond il y a deux méthodes : il y a la méthode de Raymond Hains qui est celle de la plupart des artistes qui sont 24/24h dans leurs préoccupations, dans ce monde de la création "non-stop", et qui est une excellente méthode, mais qui n'est pas la mienne ... Et il y a l'inverse, qui consiste à faire des tas d'autres choses. Un peu comme un oiseau de proie dont on banderait les yeux, et qui foncerait immédiatement sur la cible qui l'intéresse au moment où on lui redonnerait la vue. Je travaille plutôt comme ça."

Réécoute du 8 août 2017

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