LE DIRECT
Denis Lavant en 2015

Denis Lavant : "J’aurais pu devenir danseur mais j’ai voulu comprendre la parole, aller vers le verbe"

59 min
À retrouver dans l'émission

Enregistrée durant le Festival d'Avignon 2017, cette masterclasse éclaire les rapports de Denis Lavant au théâtre ainsi qu'au cinéma, son parcours et ses relations avec les cinéastes...

Denis Lavant en 2015
Denis Lavant en 2015 Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Denis Lavant est un comédien de théâtre et de cinéma. Vers 13 ans, il entame des cours d'expression corporelle et parallèlement à ceux-ci, il s'est exercé seul à acquérir des disciplines du cirque : jongler, marcher sur les mains, pratiquer le monocycle, le funambule... Il avait davantage de facilité avec son corps qu'avec la parole mais il s'est rapidement déterminé à devenir comédien après avoir hésité un moment à se diriger vers les arts du cirque dont il aimait l'énergie et l'excentricité. C'est finalement vers la parole qu'il se tourne.
Dans cette masterclasse menée par Arnaud Laporte, Denis Lavant nous éclaire sur son rapport au théâtre, au cinéma, sur les relations qui le lient aux cinéastes, sur le travail du corps, sur l'engagement du comédien...

Mon option occulte, mon plan de navigation très intime, c’est d’être clown. Le clown appartient au domaine poétique, le poète de la piste.

"Les amants du pont neuf", 1991, Réalisation Leos Carax
"Les amants du pont neuf", 1991, Réalisation Leos Carax Crédits : © Films A2 / Collection Christophel - AFP

Le plus grand repère que j’ai sauvegardé pendant ma trajectoire de comédien, c’est le plaisir.

Leos Carax a perçu en moi une capacité de jeu naturaliste mais physique, excentrique, c’est le premier qui m’a fait danser... D’autres réalisateurs, ensuite, l'ont fait également, comme Claire Denis… Je ne comprenais pas ce que je faisais mais Leos Carax m’a vu. Je suis heureux d’être tombé sur lui ou sur d’autres metteurs en scène qui ont projeté sur moi un imaginaire qui n’était pas celui, conventionnel, des cours de théâtre.

"Tokyo!" de 2008, de Bong Joon Ho, Leos Carax, Michel Gondry
"Tokyo!" de 2008, de Bong Joon Ho, Leos Carax, Michel Gondry Crédits : Copyright Haut et Court

Le comédien est forcément dans une création, dans une proposition, lui-même matériau et démiurge de son jeu.

Denis Lavant et Romane Bohringer dans la pièce « Roméo et Juliette » de William Shakespeare, mise en scène par Hans Peter Cloos au théâtre du Gymnase à Marseille en 1995
Denis Lavant et Romane Bohringer dans la pièce « Roméo et Juliette » de William Shakespeare, mise en scène par Hans Peter Cloos au théâtre du Gymnase à Marseille en 1995 Crédits : Georges Gobet - AFP

Le théâtre est un exercice qui n’a pas son pareil, un acte archaïque, un phénomène humain de l’ordre de la cérémonie magique, une assemblée de gens qui accepte de croire qu’un groupe d’artisans sont des personnages d’une histoire fictive. Ils acceptent cette illusion et d’être à distance et partie prenante de ce qui est en train de se raconter. Au cinéma, c’est factice. Je ne tiens pas à tourner absolument au cinéma car c’est rentrer dans un domaine factice qui veut faire croire que c’est du réel : on a davantage tendance à identifier l’acteur à son personnage, il y a une sorte de confusion que je trouve bête. J’ai aimé en faire, j’aime en faire mais je méfie du cinéma, dans ce que ça implique dans la relation humaine. Je continue l’artisanat du théâtre car c’est un des seuls endroits de l’existence où on peut être sans arrière-pensée dans du présent, vivre un présent le plus absolu possible...

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......