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Portrait du chanteur et compositeur Dominique A en février 2018 à Paris

Dominique A : "Dès que j'ai eu un clavier entre les mains, j'ai senti que j'avais un allié"

59 min
À retrouver dans l'émission

Il est l'un des fondateurs de la nouvelle scène française du début des années 1990. Dominique Ané, alias Dominique A, construit une oeuvre poétique, électrique, et politique. Au micro d'Arnaud Laporte, il dévoile le sous-texte de certains de ses plus beaux morceaux.

Portrait du chanteur et compositeur Dominique A en février 2018 à Paris
Portrait du chanteur et compositeur Dominique A en février 2018 à Paris Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Dominique A, de son vrai nom, Dominique Ané, est né en 1968 à Provins en Seine-et-Marne. Auteur, compositeur et chanteur, il est considéré comme l’un des fondateurs de la "nouvelle scène française" au début des années 1990. 

Tout au long de cette Masterclasse, Dominique A dévoile son processus de création en évoquant notamment son écriture, indissociable de la forme octosyllabe. Une Masterclasse un peu particulière, car Dominique A se prête au jeu de l'analyse subjective de quatre morceaux, choisis par Arnaud Laporte, que sont : L'horizon (présent sur l'album du même nom paru en 2006), Manset (La Musique, 2009), Ce geste absent (Vers les lueurs, 2012) et Pour la peau (Auguri, 2001). 

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La poésie inconsciente des débuts 

C'est à partir de son adolescence et de son arrivée à Nantes qu'il découvre la musique, et le rock plus particulièrement, qu'il va commencer à pratiquer après son baccalauréat. Son premier album, Un disque sourd, a été totalement auto-produit en 1991. Un disque qui contient certains morceaux présents dans son premier album dit officiel et intitulé La Fossette, édité par le label Lithium. 

Dominique A : "L'idée c'était de ne pas passer par un studio, grâce à la démocratisation des quatre pistes cassettes. J'adorais la rugosité de ces sons-là, j'étais farouchement déterminé à n'autoriser aucun ingénieur du son à mettre ses pattes sur mes chansons, et surtout je revendiquais une forme d'assèchement totale du texte et de l'interprétation, une forme de blues sans le ventre. C'était une forme d'amateurisme éclairé."

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Depuis 1991, Dominique A a composé 13 albums. Son dernier en date s'intitule La Fragilité. Mais chaque disque le ramène à ses premiers écrits :

Dominique A : "J'ai l'impression que mes disques se répondent pas mal, avec des retours sur soi. Il y a des disques qui sont faits presque en rapport direct avec le premier, "La Fossette", qui est pour moi le plus important. Je pense que je ne ferai pas mieux. Il possède une forme de poésie inconsciente que je n'ai plus aujourd'hui. Si je continue, c'est que j'estime que j'ai encore des choses à raconter. Mon rapport à l'expression et la place du texte dans ma musique ont beaucoup changés. Je n'ai pas l'impression d'être sec, mais c'est clair que si on doit me renvoyer sans arrêt à ce premier disque, ça me va."

Aux origines des mots 

Dominique A : "Au départ, il y a une forme de projet. Je suis très attaché à l'idée de produire des objets. Le fait de m’apercevoir que l'objet disque a toujours une vie, que la musique n'a pas été totalement dématérialisée, ça me permet d'imaginer quelque chose. (...) Ce qui m'intéresse le plus c'est l'écriture, le moment de repli sur soi, le moment de non divulgation."  

Dominique A a remporté en 2013 une Victoire de la musique en tant qu’artiste interprète de l’année. L’académie Charles-Cros l’a récompensé en 2010 avec le prix In Honorem Interprètes pour l’ensemble de son œuvre, une oeuvre poétique qui, sans le vouloir, rencontre un écho politique : 

Dominique A : "Je me méfie toujours du domaine du discours dans une chanson. Souvent on « sloganise », c'est-à-dire qu'une idée devient un slogan. Je pense qu’il y a tout simplement, dans mes chansons, une attention portée à l'humain. La politique n'est pas loin. La chanson la plus impérative de mon oeuvre c'est"Rendez-nous la lumière", qui est un texte assez naïf. J'avais envie d'exprimer les choses frontalement, sans détours. (...) Avant je me méfiais du fait d'aborder l'écriture d'une chanson avec un sujet, je me disais : "l'intention parasite la poésie". Si on considère que le rapport au monde c'est de la politique, alors oui, mes chansons sont par définition pleines de politique. "

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Réécoute du 28 juillet 2017

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