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Frederick Wiseman en 2016

Frederick Wiseman : "J’ai une grande responsabilité dans ma manière de montrer les gens dans mon cinéma : ne jamais tordre les choses"

58 min
À retrouver dans l'émission

Le cinéaste Frederick Wiseman se livre à l'exercice de la masterclasse et nous dévoile quelques secrets de la fabrication d'une oeuvre qui montre la manière dont les hommes vivent ensemble, de « Titicut Follies » (1967) à « In Jackson Heights » (2015).

Frederick Wiseman en 2016
Frederick Wiseman en 2016 Crédits : Xavier Leoty - AFP

Frederick Wiseman est un cinéaste américain qui oeuvre à montrer dans ses documentaires les hommes vivant ensemble, au travers d'un portrait social de grandes institutions : hôpital pour aliénés criminels de Bridgewater dans « Titicut Follies » en 1967, un centre de recherches qui pratique des expérimentations sur les singes de Yerkes dans « Primate » en 1974, le centre d'aide sociale de Waverly à New York dans « Welfare » en 1975, ou plus récemment la National Gallery de Londres dans « National Gallery » en 2014. Frederick Wiseman choisit un espace social délimité et y filme ses occupants ainsi que ceux qui y travaillent. Il filme également tous les rituels sociaux qui s'y jouent. Le lieu devient un cadre à la fois géographique et cinématographique, il observe et tente de comprendre comment l'ordre s'établit, comment l'on y résiste, comment se formalise la violence, comment s'opère la transmission et aussi comment se met en scène et se joue la vie démocratique aux Etats-Unis (principalement, même si Frederick Wiseman a aussi tourné en France, en Angleterre ou en Allemagne entre autres).
L'entretien mené par Antoine Guillot s'attache principalement à décrypter l'oeuvre « Welfare » de 1975, une plongée de 2H42 dans les bureaux d’aide sociale de la ville de New York.

Pour tourner des films de fiction, on a besoin de beaucoup plus d’argent que pour faire des documentaires, on doit traiter avec l’industrie en général, alors que pour les documentaires je sais comment trouver l’argent et il y a tant de bons sujets ! Je trouve l'exercice plus intéressant car contrairement à la fiction, pour les documentaires on ne peut tourner qu'une fois et si on est chanceux, ils nous tombent dessus !

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Je lis beaucoup, je crois que mes films sont davatange liés aux romans que je lis plutôt qu’au journalisme, aux actualités. Je fais en sorte que le film soit un reflet de l’ambiguïté de tout ce que je trouve. Mes films ne sont pas idéologiques, je n’ai jamais trouvé une explication idéologique qui explique tous les événements si complexes et ambigus que je rencontre.

Photo extraite du film « Welfare » (1975) de Frederick Wiseman
Photo extraite du film « Welfare » (1975) de Frederick Wiseman Crédits : Zipporah Films

En tournant des documentaires, on voit les gens dans beaucoup de situations. Mon expérience avec eux est plus grande que si j’étais prof de droit par exemple...

Intervenants
  • Cinéaste documentariste
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
Coordination
Réalisation
Avec la collaboration de
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