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Giuseppe Penone à Turin, en 2013

Giuseppe Penone : "L'émerveillement est à la base de la création"

59 min
À retrouver dans l'émission

Fils et petits-fils d’agriculteurs, le sculpteur Giuseppe Penone a fait de la nature son sujet et son matériau de prédilection. Il revient avec Arnaud Laporte sur son parcours, dans une masterclasse enregistrée en public du Centre Pompidou dans le cadre du festival IMAGINE.

Giuseppe Penone à Turin, en 2013
Giuseppe Penone à Turin, en 2013 Crédits : Alessandro Albert/Contour by Getty Images - Getty

Giuseppe Penone revient sur son oeuvre et ses choix artistiques, sa manière de travailler, ses outils, son rapport à la nature.

Il revient sur son premier émerveillement pour la nature, les saisons. Pour lui, "l'émerveillement est une première condition pour une oeuvre. Il faut trouver l'émerveillement dans la matière". 

Et sa découverte du Japon en 1970 qui l'a profondément marqué. Il visite beaucoup de temples, notamment à Kyoto. 

J'ai ramassé une pierre dans le fleuve et j'ai refait la pierre. Ce n'est pas une copie de la pierre, mais une copie de l'action du fleuve. Giuseppe Penone

Son émotion est la même pour les grains de sable, faits par le vent, la croissance des arbres. Il utilise des matériaux très simples, comme les ciseaux, le verre pour polir, des matériaux traditionnels. Il évoque ensuite la spécificité de la sculpture.

Il faut se déplacer, tourner autour d'une sculpture. Cela demande du temps. C'est quelque chose qui reste. J'utilise des matériaux hors du temps. C'est un langage pour communiquer avec les autres personnes, une action basée sur l'émerveillement, le plaisir sensuel de la matière. Giuseppe Penone

Il parle de l'importance du dessin et de l'écriture. A la question de savoir comment savoir quand une œuvre est terminée, il répond :

C'est quand l’œuvre prend vie. Il faut s'arrêter. On peut sinon détruire la sensation de vitalité... Il faut suivre la matière. C'est une conception qui se retrouve dans différentes cultures, notamment la culture orientale, ce refus et cette peur de violenter la matière. Giuseppe Penone

Il revient également sur son exposition dans les jardins du Château de Versailles en 2013. Son travail est conceptuel, mais aussi c'est aussi un travail physique. Son inspiration peut venir de gestes très quotidiens. Par exemple, des hommes qui balayent les rues de Paris. "ils ont des gestes très forts, c'est comme une danse". 

Il évoque aussi ses préoccupations environnementales : 

On parle de la nature comme si c'était quelque chose de détaché de nous. C'est aussi notre intérêt égoïste de préserver la nature. On en parlait déjà dans les années 1960-1970. Maintenant c'est une urgence. Ma parole a un intérêt dans ce que j'ai fait. Je préfère faire mon propre travail et peut-être aider en cela d'autres qui mènent des actions politiques. Giuseppe Penone

Pour lui, la condition d'une oeuvre se trouve dans une double exigence : "la nécessité" et "l'honnêteté" de l'artiste par rapport à lui-même. 

Pour aller plus loin, une sélection d'Annelise Signoret : 

Giuseppe Penone sur le site Art Interview.

Dossier pédagogique préparé par le Centre Georges Pompidou.

Rencontre avec Giuseppe Penone à l'occasion de l'exposition Extra Large, Œuvres monumentales de la Collection du Centre Pompidou à Monaco. A voir sur Dailymotion.

Pierre Baumann : Giuseppe Penone, le temps d'être fleuve, le temps d'être arbre, le temps d'être paysage. Article paru dans La pensée de midi, n°31, 2010. 

Pierre Sterckx : Giuseppe Penone : de sève et de bronze, in Chimères, n°76, 2012.

Rencontre avec Giuseppe Penone et la directrice artistique de Documenta, Carolyn Christov-Bakargiev, autour de l’arte povera et de la scène artistique italienne des années 1960 (janvier 2013).

Des œuvres de Giuseppe Penone sont exposées ans le domaine de Chaumont-sur-Loire.

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