LE DIRECT
Portrait du cinéaste Guillaume Nicloux

Guillaume Nicloux : "C’est dans la contrainte que je trouve un espace de liberté"

59 min
À retrouver dans l'émission

Cinéaste prolifique, cela fait 30 ans que Guillaume Nicloux construit une oeuvre protéiforme, allant du cinéma du cinéma de genre, au polar, en passant par la comédie noire. Au micro de Zoé Sfez, Guillaume Nicloux évoque la part de mystère et de désir, inhérente à la création et au cinéma.

Portrait du cinéaste Guillaume Nicloux
Portrait du cinéaste Guillaume Nicloux Crédits : Joël Saget - AFP

Du cinéma expérimental (Les enfants volants, La vie crevée) au triptyque noir (Une affaire privée, Cette femme-là, La clef), de la comédie décalée (Le poulpe, Holiday) au film politique (L'affaire Gordji), en passant par le drame (Faut pas rire du bonheur, La reine des connes), Guillaume Nicloux a construit une œuvre dense, éclectique et singulière, qui peut révéler une forme d'unité. 

La religieuse et L'enlèvement de Michel Houellebecq n’échappent pas à la règle, tout comme Valley of love, avec Gérard Depardieu et Isabelle Huppert, en compétition officielle au Festival de Cannes 2015. The end, son seizième film, poursuit sa quête de l’intime et de l’introspection, faisant de Gérard Depardieu le sujet central de ce dernier opus. Les confins du monde, sélectionné à la quinzaine des réalisateurs en 2018, inaugure sa première collaboration avec Gaspard Ulliel. Ce dernier tient le rôle principal de Il était une seconde fois, mini-série que Guillaume Nicloux a signé pour Arte et Netflix. Pour son dernier film, Guillaume Nicloux retrouve Gérard Depardieu, pour leur 17ème film ensemble et Michel Houellebecq pour la seconde fois, qu'il réunit dans Thalasso, sorti en salles en août 2019. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le cinéma, un voyage du faux

C'est à 18 ans qu'il décide réellement de faire du cinéma, suite à la rencontre déterminante avec le cinéaste Andrzej Zulawski. A seulement 22 ans, il contacte le grand chef-opérateur Raoul Coutard pour lui demander de travailler sur son premier long-métrage La Piste aux étoiles, un film expérimental écrit sous la contrainte de l'écriture automatique. 

Guillaume Nicloux : "Plus j’avance dans les films, plus j’essaie de désapprendre la façon de me retrouver dans un espace de liberté avec l’acceptation de la contrainte car c’est qui est extrêmement jouissif. Essayer de me débarrasser le plus possible du sillon qu’on creuse à chaque fois, tout en essayant de maintenir un lien avec tous ces films, et de permettre que chaque film se nourrisse, tout en essayant de s’en détacher. C’est un rapport paradoxal mais curieusement, lorsque ce sont des décisions qui obéissent à des pulsions et un désir peu réfléchi, on atteint un noyau dur qui permet de découvrir vraiment son sujet. (...) C’est un art qui est fait à plusieurs, avec un chef qui ne peut rien sans les autres. C’est très mouvant ... C’est trouble et poreux. Si on veut bien s’abandonner à quelque chose qui est beaucoup plus indéfinissable, qui est le rapport troublant entre des personnes qui essaient de fabriquer une vérité à partir du mensonge. 

L'art du désir

Guillaume Nicloux : "J’ai découvert le cinéma par le biais de la télévision à partir de 9-10, avec Le cinéma de minuit et Le ciné-club, qui étaient vraiment les deux espaces où on n’a jamais eu autant de possibilités de découvrir le cinéma dans toute son ampleur. Je n'ai pas l’impression d’avoir réellement choisi le cinéma, j’ai toujours été fasciné par cet hypnotisme là, ça agit comme de l’hypnose pour moi le cinéma. Alors que la littérature est plus vaste, vous devenez metteur en scène de ce vous lisez. Là, on vous impose la mise en scène, la fascination agit dans le regard et vous oblige à rentrer dans le voyage qu’on vous propose. (...) Le cinéma est un art cher, qui demande beaucoup de corps de métiers et beaucoup d’engament, et c’est surtout un art qui demande d’avoir du talent à heure fixe. Quand vous construisez un meuble, vous pouvez vous reposer, le cinéma non, il y a une contrainte financière. Il y a quelque chose d’assez mental dans la manière d’approcher cet objet. Ce qui m’intéresse c’est de fabriquer au moment où les choses se produisent et d’inventer ensemble, tout ce qui serait fait au préalable tuerait mon désir." 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

La liberté de jouer

Pour Guillaume Nicloux, ne pas parler des personnages aux comédien.nes avant le tournage est une nécessité. 

Guillaume Nicloux :Je n’ai aucune réponse avant de tourner, ce qui peut dérouter certains acteurs, c’est de ne pas leur donner la réponse à leurs doutes. Mais je leur dit également que j’en ai. L’intérêt c’est d’accepter l’idée qu’on est plusieurs en nous. Je ne discute jamais du personnage avec l’acteur, à partir du moment où la personne accepte le rôle, elle est le personnage. Je n’ai pas besoin de lui expliquer. L’explication est dans son oui. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour aller plus loin

Interview de Guillaume Nicloux à l'occasion de la sortie de Les confins du monde (Festival Ciné32 "Indépendance(s) et Création", 2018).

Les tableaux de La Religieuse : du roman de Diderot au film de Nicloux, un article signé Houda Landolsi dans Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie en 2015. 

Entretien avec Guillaume Nicloux, à propos de L’enlèvement de Michel Houellebecq publié dans la revue 24 images en janvier 2015.

Entretien avec Guillaume Nicloux, à propos de son film Valley of love à lire sur le site de Télérama, 2018.

Réécoute du 23 juillet 2019

Intervenants
L'équipe
Production
Coordination
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......