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Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin : "La constante de mon oeuvre n'est pas le projet, la constante, c'est ce que je suis et ce que j'en fais"

58 min
À retrouver dans l'émission

Du serment d'Hippocrate à la littérature, Jean-Christophe Rufin est un un conteur qui regarde et habite le monde. Tour à tour médecin, essayiste, écrivain et même alpiniste, Jean-Christophe Rufin est un "médecin qui écrit", aux mille vies, mais qui n'en font qu'une...

Jean-Christophe Rufin
Jean-Christophe Rufin Crédits : JOEL SAGET - AFP

Et si le roman se trompait moins que le réel ? Il lui faudra attendre l’âge de 45 ans et déjà mille vies pour s’autoriser la fiction. Une des dernières fantaisies littéraires de Jean-Christophe Rufin s'intitule Le Tour du monde du roi Zibeline (Gallimard), et se glisse dans l’architecture des milles et une nuit et cavale dans les pas du comte Auguste Benjowski, sorte de Sinbad le marin né Hongrois dans l’Europe du 18ème siècle et sacré roi à Madagascar.

Né à Bourges, médecin neurologue, médecin humanitaire qui l’emmènera sur tous les fronts, médecin sans frontière, président de l'Action contre la faim, diplomate au Brésil et au Sénégal, essayiste, écrivain, éditeur, et même alpiniste, Jean-Christophe Rufin est un homme aux mille vies, au destin agité et voyageur à l’image de son auteur, diplomate, écrivain, académicien et médecin humanitaire. De ceux qui voient la médecine comme une discipline littéraire, la littérature comme une reconstitution des mondes et l’attelage des deux comme le meilleur moyen de faire cohabiter connaissance et action.

Romans, nouvelles, carnets et récits de voyages, Jean-Christophe Rufin a occupé tous les registres et les genres, et écrit plus d'une quinzaine de fictions : du roman historique avec L'Abyssin, le tout premier en 1997, à Rouge Brésil Prix Goncourt en 2001 ; le roman d'anticipation pour Globalia en 2004 ; le roman d'amour avec La Salamandre en 2005 ; le récit autobiographie avec Un léopard sur le garrot en 2008 ; le polar avec Le parfum d'Adam en 2007, le roman d'espionnage avec Katiba en 2010 ; le roman biographique historique avec Le grand cœur et plus récemment Le Tour du monde du roi Zibeline en 2017 qui emprunte la structure des Mille et une nuits ; la fantaisie littéraire avec Immortelle randonnée, qui revenait sur son propre chemin de Compostelle en 2013 et enfin le roman humanitaire avec Check-Point en 2015.  

"Un médecin qui écrit" 

Je me définis toujours comme ça. Pour moi la médecine est un socle de formation. On peut faire plusieurs métiers dans sa vie, mais on n'a qu'une seule formation intellectuelle, et sa relation au monde qu'on créé à 20 ans, il y en a qu'une à mes yeux. Surtout quand on a choisi un métier aussi particulier que la médecine et qui tisse dans la relation à l'autre quelque chose d’extrêmement fort et cru. C'est une vraie identité pour moi. L'écriture n'en est pas une. Je ne dirais jamais que je suis écrivain. Fondamentalement, pour savoir si on est écrivain, il faut être mort. Donc je suis pas pressé. Ça a été d'abord une activité secrète, nocturne, qui n'a jamais prétendu devenir un métier. Par la force des choses, j'ai fini par devenir un professionnel de l'écriture, mais je m’en défends, et j'essaie de conserver un rapport étroit avec la vie.        
Jean-Christophe Rufin 

Le goût du genre et de la variation

La notion de genre m'est complètement étrangère, j'écris des histoires qui me parlent. L'histoire vient d'abord, les personnages ensuite et la notion de genre en dernier. Par exemple, je n'ai jamais compris à partir de combien de temps on était dans le roman historique … Il n'y a aucune stratégie. S'il y a un point commun à tout ça, c'est une volonté de dissimulation. Quand j'ai commencé à écrire de romans, c’était en ayant un tout autre métier, avec une sorte d'interdit, qui pesait sur moi qui était le serment d’Hippocrate. C'est très lourd dans la mesure où quand il s'agit d'écrire et de puiser dans ses souvenirs, il y a un interdit. Je ne peux pas raconter directement des choses que j'ai vu ou vécu, sauf Compostelle. J'ai cherché très tôt à décaler le propos et à me situer dans des univers un peu différent, par le temps, pour me distancer.        
Jean-Christophe Rufin

Réécoute du 15 août 2017

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