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Portrait de Jean Echenoz, en 2006, dans le Musée Maurice Ravel à Montfort l'Amaury

Jean Echenoz : "Je ne peux pas écrire une phrase sans être à l’affût du bruit qu'elle fait"

59 min
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Riche de 18 romans, l'oeuvre de Jean Echenoz se place sous le signe du polar, de la musicalité et du cinéma. Tout au long de cette Masterclasse, Jean Echenoz raconte la genèse de chacun de ses récits, son rapport à l'écriture et le vertige que cela implique.

Portrait de Jean Echenoz, en 2006, dans le Musée Maurice Ravel à Montfort l'Amaury
Portrait de Jean Echenoz, en 2006, dans le Musée Maurice Ravel à Montfort l'Amaury Crédits : JNS / Gamma-Rapho - Getty

L’œuvre de Jean Echenoz débute en 1979 avec un premier roman, Le Méridien de Greenwich, publié aux éditions de Minuit à l’âge de 32 ans, un maison d'édition à laquelle il restera fidèle jusqu'à aujourd'hui. 

Un des genres de prédilection de Jean Echenoz est le portrait. Il publie quelques romans biographiques tels que Ravel en 2006, Courir, consacré à l'athlète Emile Zatopek (2008), et Des éclairs, inspiré par l'inventeur américain d'origine Serbe Nicolas Tesla (2010). Explorateur de tous les genres littéraires, comme le roman d’aventure (L’équipée Malaise (1986), Nous trois (1992)) ou le polar (Cherokee (prix Médicis en 1983)), Jean Echenoz reste très attaché au genre policier, comme dans Envoyée spéciale,  dans lequel des barbouzes enlèvent une Française pour l'envoyer en mission séduction en Corée du Nord, ou dans son dernier livre en date, Vie de Gérard Fulmard (2020).

Jean Echenoz : "Ce n'est pas une obsession, de vouloir explorer tous les genres possibles... j'en serai incapable. Si on se replace dans ce qu'était l'idéologie littéraire globale des années 1970, on voit que c'est un des moments où le roman était dans un état de faiblesse... C'était un sale temps pour le roman. J'avais le désir d'écrire depuis longtemps, mais écrire quoi ?"  

Le moteur de la fiction 

Pour Jean Echenoz, un roman ne part jamais d'une seule idée, mais plutôt de deux, voire plus... 

Jean Echenoz : "Ça part de deux choses qui n'ont rien à voir. Ca peut être un pays, un métier, ou quelque chose que je croise dans ma vie dont je ne sais généralement rien et qui me séduit sur le plan littéraire. Ces deux ou trois éléments, sur lesquels je suis au départ très ignorant, me donnent le sentiment, fondé ou non, d'une pertinence romanesque. En se croisant, en se confrontant, ils vont peut-être finir par créer un mouvement de fiction."

De la musicalité 

Deux œuvres musicales ont particulièrement marqué Jean Echenoz dans son enfance : Le Sacre du Printemps de Stravinski et les œuvres pour piano de Maurice Ravel. Il découvre à l'adolescence la musique de Thelonious Monk, dont le travail sur les dissonances a joué sur son écriture ensuite. La musique tient un rôle particulier dans ses romans, celui d'un marquage social pour ses personnages. 

Jean Echenoz : "La musique a un rôle d’illustration, de marquage dans mes livres. Mettre de la musique dans un livre, ce n'est pas seulement lui rendre hommage, c'est aussi une façon de marquer les personnages. Le lien du personnage aux objets permet de le marquer socialement, et la musique joue ce rôle de marqueur. Tout ce qu'on écrit passe par une anticipation visuelle. Je ne peux pas écrire une phrase sans être à l’affût du bruit qu'elle fait. Décrire quelque chose, c'est avoir envie de donner à voir. Le son, les rythmes, les césures dans la phrases font partie de cet effort de représentation."  

Réécoute du 12 juillet 2017

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