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Jérôme Bell

Jérôme Bel : "J'essaie de ne pas plaire. Je veux que ça soit moche"

59 min
À retrouver dans l'émission

Ses inspirations, son travail sur la représentation spectaculaire, le désir de danser comme émancipation par l’art... le chorégraphe fait sa masterclasse.

Jérôme Bell
Jérôme Bell Crédits : Jasper Kettner

Je me considère moins chorégraphe que concepteur de spectacle. Je suis le chef de fil de rien de tout.

Ce n'est pas une vocation. J'avais des facilités. J'avais l'impression d'être aimé sans avoir à prouver quoi que ce soit. C'était facile pour moi. C'est plus par paresse que je suis devenu danseur. 

Les deux chorégraphes auxquels il voue une adoration sans limite sont : Merce Cunningham et Pina Bausch.  

Je m'identifie aussi à John Cage, à Virginia Woolf, à Jean-Luc Godard, qui formellement ne s'en tiennent pas à une pratique avec un seul matériel, qui cherchent la limite de la pratique, débordent sur d'autres champs. 

Dans ses premières pièces (Nom donné par l’auteur, Jérôme Bel, Shirtologie…), Jérôme Bel applique des opérations structuralistes à la danse pour isoler les éléments premiers du spectacle théâtral. La neutralisation des critères formels et la distance prise avec le langage chorégraphique le conduisent à réduire ses pièces à leur minimum opérant pour mieux faire émerger une lecture critique de l’économie de la scène, comme du corps qui s’y produit.

Mon énergie vient de l'amour que j'ai pour le théâtre. J'ai vécu comme spectateur des émotions très intenses.

Je réduis mon travail à la représentation spectaculaire. Des personnes dans le noir qui regardent agir des gens dans la lumière.

Son intérêt se déplace par la suite de la danse comme pratique scénique à la question de l’interprète comme individu particulier. La série des portraits de danseurs (Véronique Doisneau, Cédric Andrieux…) aborde la danse par le récit de ceux.elles qui la font, met en avant la parole dans un spectacle chorégraphique et impose la question de la singularité sur scène. La critique formelle et institutionnelle prend ici la forme d’une déconstruction par le discours, dans un geste subversif qui radicalise son rapport à la chorégraphie.

J'essaie de ne pas plaire. Je veux que ça soit moche. Je m'adosse à une idée du théâtre expérimental.

Par le recours au biographique, Jérôme Bel politise ses interrogations, attentif à la crise du sujet dans la société contemporaine et aux modalités de sa représentation sur scène. En germe dans The show must go on, il nourrit des interrogations sur ce que peut politiquement le théâtre qui s’affirment à partir de Disabled Theater. Proposant la scène à des interprètes non traditionnel.le.s (amateur.rice.s, handicapé.e.s moteurs et mentaux.ales, enfants…), il privilégie la communauté des différences au groupe formaté, le désir de danser à la chorégraphie, pour mettre en œuvre les moyens d’une émancipation par l’art.

Liens utiles : 

Le site officiel de Jérôme Bel

Découvrez un portrait de Jérôme Bel dans le Journal d'Arte, à l'occasion du Festival d'Autonmne (2017)

Cour d'honneur, spectacle conçu et mis en scène par Jérôme Bel au festival d'Avignon (2013)

Disabled Theater, échange entre Jérôme Bel, Flore Garcin-Marou et Marcel Bugiel dans la revue Chimères (02/2013)

(Dé)construire la danse : essai sur l’expérience esthétique de 5 œuvres de Jérôme Bel Thèse de Katya Montaignac, université du Québec à Montréal (2016).

De la black box au white cube, propos de Jérôme Bel recueillis par Florian Gaité pour la revue Repères, cahier de danse (01-02/2017)

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