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L'écrivain Jérôme Ferrari, à Cremona en Italie (mai 2013)

Jérôme Ferrari : "L'affaire de la littérature, c'est la réalité"

1h01
À retrouver dans l'émission

Au micro de Lucile Commeaux, l'écrivain Jérôme Ferrari, lauréat du prix Goncourt 2012, se confie sur son rapport à la Corse, terre d'origine mais aussi lieu de son inspiration littéraire. Il revient également sur son travail d'écriture, sa famille et son métier d'enseignant.

L'écrivain Jérôme Ferrari, à Cremona en Italie (mai 2013)
L'écrivain Jérôme Ferrari, à Cremona en Italie (mai 2013) Crédits : Leonardo Cendamo - Getty

Né en 1968, professeur de philosophie et écrivain, Jérôme Ferrari est l'auteur d'essais, de romans mais aussi de chroniques, tous publiés chez Actes Sud. Son dernier roman A son image (2018), succède au Sermon sur la chute de Rome, prix Goncourt 2012. C'est par cet ouvrage qu'il se fait connaître du grand public. Son écriture, souvent qualifiée de "solaire", le range naturellement du côté d'une certaine latinité. Et si l'Ile de Beauté est un jalon essentiel de sa littérature, Jérôme Ferrari ne se définit pas pourtant comme un écrivain corse. 

Cela dépend de ce que l'on entend par 'écrivain corse'. Si l'on s'attache à la langue, non. J'écris en français. Mais ce n'est effectivement pas un simple décor, c'est mon inspiration principale. 

La Corse, source de l'écriture 

La Corse apparaît comme un territoire intéressant d'un point de vue littéraire, et ce, pour diverses raisons que nous rappelle l'écrivain. D'abord, le long passé de récupération de l'histoire corse, de la vendetta, dans la littérature du XIXe siècle. Aussi, de part son attrait touristique, l'île apparaît comme un lieu changeant, entre période de désertification et moments survoltés. Un espace où se croisent des gens qui ne devraient pas nécessairement se croiser. Enfin l'organisation sociale, autour des villages, donne à cette région une "mixité sociale très intéressante"

La Corse de Jérôme Ferrari n'est pourtant pas celle des cartes postales, c'est une Corse des terres. Jamais l'auteur n'écrit sur la côte. 

C'est intrigant d'être pris entre le cliché romantique et le folklore, qui ne correspondent pas à ce que l'on connaît. Or l'affaire de la littérature, c'est la réalité. C'est ce qui m'intéresse. La plage est pour moi une image de l'enfer. 

Son inspiration, Jérôme Ferrari la puise aussi auprès de sa famille. Une famille aux origines modestes qui croyait fortement aux vertus de l'instruction. L'écrivain grandit entouré de livres. Son roman Le Sermon sur la chute de Rome, est dédié à Antoine Vespirini, le plus jeune frère de sa grand-mère, né en 1919 et décédé en 2015. Premier à faire des études secondaires, il atteint un statut dont "tout le monde était fier"

Sa particularité était qu'il avait pour idéal de partir de Corse. Tout le contraire de ceux qui, comme moi, y retournaient à la fin des années 1980. Pour lui, il n'y avait point de salut en dehors du continent... Il a tout fait pour supprimer son accent, mais il roulait toujours les 'r' !

"Avec l'écriture, il se passe quelque chose de nouveau"

L'écriture sur ce grand oncle découle de la réception d'un témoignage et d'un travail de recherche. Formé à la philosophie, le romancier nie pourtant toute méthodologie universitaire. 

Je suis très désordonné. Je ne prends pas de notes. Je ferais un très mauvais journaliste. Je ne peux pas enregistrer quelqu'un qui me parle spontanément, j'aurais l'impression de transformer cela en reportage. J'ai pris des notes sur mon oncle à partir de ce dont je me souvenais. J'aime beaucoup le travail de recherche. Chez moi, il dure longtemps, plus longtemps que l'écriture. Ça sert à donner corps à une chose abstraite.

D'ailleurs, pour l'auteur, rien ne préexiste à l'écriture, même pas ses personnages aux patronymes similaires que l'on retrouve d'un roman à l'autre, comme une sorte de communauté extérieure à la création. 

Avec l'écriture, il se passe quelque chose de nouveau. J'aime qu'il y ait des liens entre les textes, qu'ils s'enrichissent mutuellement.

Son travail d'auteur, Jérôme Ferrari le mène parallèlement à sa vie d'enseignant. Même l'année du Goncourt. Deux casquettes qu'il parvient à concilier... Et qui surtout, se complètent. 

Je n'ai pas l'impression de vivre dans une situation de schizophrénie. J'ai juste des problèmes d'agenda ! Ce sont des activités aussi nécessaires l'une que l'autre. Et j'ai la conviction solide que si j'arrêtais d'enseigner, je n'écrirais plus.

Masterclasse animée par Lucile Commeaux et enregistrée en le 18 mai 2021, à la Bibliothèque nationale de France à Paris.

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