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Kamel Daoud, écrivain et journaliste

Kamel Daoud : "Le roman par rapport à la chronique, c’est le match par rapport au penalty"

58 min
À retrouver dans l'émission

Kamel Daoud évoque son parcours d'écrivain dans une masterclasse publique à la Bibliothèque nationale de France. Il raconte la place des chroniques dans son travail, prélude à ses romans. Ainsi que son amour pour la langue française : "j’ai eu un rapport sensuel, amoureux à la langue française".

Kamel Daoud, écrivain et journaliste
Kamel Daoud, écrivain et journaliste Crédits : Ulf Andersen / Contributeur - Getty

L’auteur de "Zabor ou les psaumes" et de "Meursault contre-enquête", Prix Goncourt du premier roman en 2015 est avant tout un chroniqueur infatigable. Kamel Daoud parle longuement de cette tension nécessaire pour écrire chaque jour.

Kamel Daoud évoque le statut d’écrivain journaliste ou intellectuel en Algérie :

On est toujours dans cette phase de l’histoire dans laquelle l’intellectuel est  la fois militant, billettiste, chroniqueur, feuilletoniste. 

Jusque 1992, la presse était contrôlée par le parti unique. En 1994, jeune journaliste, Kamel Daoud commence à écrire ses chroniques quotidiennes. Il aime la tension physique imposée par ce rythme.

Je pars dans l’idée que le lecteur est paresseux, c’est à moi de l’intéresser. 

Et donc de se distinguer par son style. Les chroniques « blanches » sur des sujets anodins comme un rond-point, un immeuble ou « le café de l’avenir » lui paraissent finalement les plus intéressantes. 

En Algérie le problème ce n’est pas de trouver un sujet, c’est de trouver un sujet sur lequel on peut écrire. Après au bout de 10 ans vous êtes capable d’écrire une chronique sur une chaise vide, surtout en Algérie.

Il lui arrive d’être obsédé par les 25 premières lignes d’un roman, il en fait une chronique qui sera éventuellement développée en roman : "l’idée est épinglée".

A propos de la langue française qu’il a choisie comme langue d’écriture.

Je suis un enfant de l’indépendance. C’est une langue quasi autobiographique.

Le français était devenu depuis l’âge de 9 ans la langue de l’imaginaire, la langue de la clandestinité, de la culpabilité, la langue du corps. La langue cachée, la langue de l’ombre et la langue de l’évasion par rapport à la langue enseignée à l’école qui était une langue de coercition, une langue de devoir à faire, une langue de loi, une langue de morale.

C’était pour l’enfant de 10 ans la découverte du corps par le truchement des mots. Je lisais et je cherchais ces passages précisément.

Kamel Daoud écrit pour combler un manque, pour maîtriser le monde et pour "meubler une bibliothèque que je n’ai jamais eue."

Véronique Vecten, Documentation sonore de Radio France

Retrouvez la masterclasse en vidéo sur Youtube ci-dessous :

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28 minutes fait le portrait de Kamel Daoud. A revoir sur arte.tv.

Chroniques de Kamel Daoud publiées dans Slate Afrique

Bibliographie sélective proposée par la Bnf

J’ai démantelé l’œuvre de Camus, mais avec amusement a déclaré Kamel Daoud à propos de son roman Meursault contre enquête dont l’universitaire Christiane Chaulet-Achour propose ici une analyse.

Kamel Daoud, Leïla Slimani et Hindi Zahra : au coeur de la nuit, avec arte.tv

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