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Portrait de la designer Matali Crasset en septembre 2018

Matali Crasset : "Mon métier est fait de 81% de pensées, où il faut sans cesse se remettre en cause"

58 min
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De la campagne blanche de son enfance à l'utilisation des couleurs vives dans ses créations, en passant par sa collaboration avec Philippe Starck, celle que l'on surnomme « la Jeanne D'arc du design » fait sa masterclasse avec générosité, un maître mot dans son processus de création.

Portrait de la designer Matali Crasset en septembre 2018
Portrait de la designer Matali Crasset en septembre 2018 Crédits : Joël Saget - AFP

Connue dans le monde entier, la designer Matali Crasset travaille depuis les années 1990 avec de grandes marques comme Ikea, Seb ou encore Artémide, et de grands éditeurs internationaux, comme Campeggi, Le Buisson, Danese, Domeau & Péres, pour fabriquer des objets. Mais elle ne se contente pas de produire des objets, ces êtres non-vivants auxquels on s’attache, elle explore aussi d’autres terrains de création, comme le graphisme, le mobilier ou encore la scénographie d’exposition et l’architecture.

Matali Crasset : "On part avec l'idée qu'on ne connaît rien, on a cette boulimie de tout apprendre, et cette boulimie je la garde encore aujourd'hui car c'est un métier qui change tout le temps. Je pars du principe que je ne sais pas car Si on veut faire ce métier de designer et se reposer en disant voilà j'ai les outils … C'est pas vrai ! Les outils changent, les modes de faire aussi. C'est un métier qui a cette exigence et cette énorme beauté de faire qu'on va évoluer tout le temps. "

Générosité et complémentarité

Matali Crasset a grandit à Châlons-en-Champagne, dans la campagne blanche, de la Marne, entourée de ses parents agriculteurs et de la petite communauté de son village. Elle se souvient de son apprentissage heureux au sein de l'École nationale supérieure de création industrielle de Paris, et de l’importance dans son travail actuel de l’enseignement qu’elle y a reçu : 

Matali Crasset : "Si on veut faire des choses en bifurquant, il faut qu'on ait des signes comme quoi on peut le faire. Pour moi ça a été de m'intéresser petit à petit à l'art et j'ai senti d'un seul coup que ma culture d'épanouissement ne se trouvait pas là, dans mon village de 80 habitants. (...) Et puis d’un seul coup on entre dans une école [l'École nationale supérieure de création industrielle de Paris], dans un système qui ne fonctionne pas du tout pareil. Si aujourd’hui mon travail est généreux, c’est bien sûr parce que ma maman était généreuse, mais aussi grâce à l’école. Les quatre ans et demi passés dans cette école m’ont confortés dans l’idée du vivre-ensemble, de la complémentarité des uns et des autres."

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Le design comme anthropologie appliquée

Elle voyage ensuite en Italie, et travaille auprès du designer Denis Santachiara, puis de Philippe Starck. Touche-à-tout, elle peut créer une lampe avec Ikéa, produite en série (Ikéa PS 2017 Light) inspirée des modèles de lampes des cheminots, monter une exposition personnelle dans une galerie d’art confidentielle, travailler sur les kiosques parisiens, ou encore contribuer au "MuMo", un musée d’art contemporain mobile, itinérant, qui va à la rencontre des enfants âgés de 6 à 12 ans, dans des zones parfois géographiquement ou socialement éloignées de l’accès à la culture. 

Matali Crasset : "Mon métier est composé de 81% de pensées. Dessiner c'est déjà figer. Or on est dans un métier où il faut sans cesse se remettre en cause. Je fait en sorte que le dessin arrive dans une phase plus tardive, j'aime travailler avec des images mentales, avant de lui donner une matérialité. C'est d'abord l'intention, avant de donner une logique de façon à ce que la matière et la forme soient évidentes."

Selon elle, le métier de designer est inhérent au rituel, à la vie quotidienne avant même d'envisager sa matérialité. 

Matali Crasset : "Le fait de devenir designer, c’est un long processus, et l’épanouissement s’est fait conjointement. (...) Je pense que la forme n'est pas le meilleur support pour communiquer à tout le monde, une forme de mon interprétation. Quand on va voir un objet, une forme, on va l'interpréter alors qu'on n'a pas tous les même culture. La forme ne fonctionne pas en elle-même. Alors je m'appuie sur le rituel, je retrouve ce qui est plus proche de l'humain, j'aime parler de design comme anthropologie appliquée. Au cours des siècles, on a ajouté des couches de complexité, mon travail c'est de retirer ces couches et d'essayer tout simplement de toucher ce qui est plus humain et ce qui constitue notre vie quotidienne de la manière la plus simple possible. En plus du rituel, il y a la couleur qui est un langage plus spontané, qui va parler sans interprétation, et être plus accessible."

Pour aller plus loin

Site officiel de Matali Crasset. 

Matali Crasset dans l’Atelier A est à voir sur le site d’Arte.tv. 

Matali Crasset présente son Blobterre, exposé au Centre Pompidou, au cours d’un entretien avec la commissaire de l’exposition Corinne Rozental. 

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