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Portrait de Mathias Enard

Mathias Enard : "La rencontre avec le monde arabe et persan m'a formé et transformé"

57 min
À retrouver dans l'émission

Prix Goncourt en 2015 pour son roman "Boussole", auteur d'une œuvre récompensée de nombreuses fois, l'écrivain et traducteur Mathias Enard déplie son processus d'écriture et son rapport aux langues et aux voyages, au micro de Zoé Sfez.

Portrait de Mathias Enard
Portrait de Mathias Enard Crédits : Joël Saget - AFP

Mathias Enard est né en 1972 à Niort. Il étudie l’arabe et le persan à l’INALCO à Paris et séjourne longuement au Moyen-Orient avant de s’installer à Barcelone. Il a fait l’École du Louvre, puis étudié l'arabe et le persan à l'INALCO.   Avant de se consacrer à la littérature, il a vécu une dizaine d'années à Téhéran, au Caire, à Damas, à Beyrouth, à Venise, à Rome comme résident à la Villa Médicis, et aujourd'hui, il réside à Barcelone.

Écrivain, traducteur, auteur de plus d'une dizaine de livres et de nombreux articles. Son œuvre est multi-récompensée, et est traduite dans 22 langues. Elle début en 2003 avec La perfection du tir qui est immédiatement très remarqué, suivi de Remontée l'Orénoque, adapté au cinéma par Marion Laine en 2012. On peut citer Zone, paru en 2008, roman qualifié d'homérique, qui est constitué d'une seule phrase sur plus de 500 pages, et qui reçoit de nombreux prix. En 2010 paraît le conte Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, sur l'épisode fictif de la vie de Michel-Ange, Rue des voleurs en 2012 et en 2015, il publie Boussole qui lui vaut le Prix Goncourt. Sa dernière œuvre est une bande dessinée, co-écrit avec la dessinatrice Zeina Abirached, intitulé Prendre refuge en 2018.

Dans l'ensemble de son oeuvre, on y retrouve toujours des personnages qui voyagent, qui traînent des valises au propre comme eu figuré, souvent dans une quête amoureuse et l'Orient, ou en tout cas l'ailleurs.  

Le goût de l'aventure

J'ai toujours eu une relation très forte avec la littérature. Avec la lecture d'abord. J'ai été un lecteur passionné et je le suis encore. Il y a un texte qui m'a profondément marqué adolescent, qui "La Prose du transsibérien" de Blaise Cendrars. Il m'a fait sortir dans le monde, il m'a renouvelé et donné envie de découvrir le monde.  J'ai aussi lu beaucoup de bande dessinée, il y avait quelque chose de spécial dans ce rapport avec l'image. Et avec ce personnage de Corto Maltese, dont je partageais un certain goût de l'aventure et du romanesque, qui était pour moi le début d'un chemin vers le romanesque. J'aurai aimé être Corto Maltese, tout simplement.               
Mathias Enard

"Je nourris ma langue de l'étranger"

Polyglote, Mathias Enard traduit de l’arabe, du persan, de l’espagnol. Les langues qu'il maîtrise imprègnent son français et Mathias Enard tente d'adapter parfois certains styles, certaines tournures venus des langues orientales. 

J'ai étudié l'arabe et le persan, c'est une grande passion, les cultures du monde arabe et des mondes iraniens. La rencontre le monde arabe et le monde persan m'a formé et transformé. Le fait de vivre longtemps à l'étranger a effectivement transformé mon rapport à la langue française. Mais je ne me suis jamais vraiment exilé hors de la langue, je reste extrêmement francophone. J'essaie de nourrir ma langue de l'étranger, de tournures, de formes, de phrases qui appartiennent à la littérature arabe, la prose classique.  Mathias Enard

Le premier souffle 

Lorsque je me suis fâché seul avec l'Université, j'ai commencé la rédaction de "La perfection du tir", à Beyrouth d'abord et à Barcelone ensuite. On sent cette colère dans la première phrase : "Le plus important, c'est le souffle". C'était essayer d'avoir le souffle d'écrire un roman en entier tout autant que le personnage du tireur d'élite qui ouvre ce texte. Et puis la rage extrêmement violente qu'il y a dans ce roman de guerre provenait de mon état d'esprit à l'époque. "La perfection du tir" raconte des épisodes de la guerre civile libanaise qui sont rassemblés autour du personnage narrateur. Dans le texte, Beyrouth n'est pas mentionné, mais on reconnaît la ville. En enlevant tout réalisme, ça me permettait une totale liberté vis à vis des événements et des victimes.        
Mathias Enard

Rediffusion du 17 juillet 2019

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