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Portrait de l'actrice et cinéaste Noémie Lvosky au Festival de Cannes en mai 2011

Noémie Lvovsky : "C'est par les films de François Truffaut que j'ai eu envie de faire du cinéma"

59 min
À retrouver dans l'émission

Actrice, scénariste et réalisatrice, Noémie Lvovsky plane depuis les années 1990 sur le cinéma français. Au micro de Géraldine Mosna-Savoye, elle raconte avec sensibilité et intelligence son aventure dans le cinéma, en public du Centre Pompidou, dans le cadre du festival IMAGINE.

Portrait de l'actrice et cinéaste Noémie Lvosky au Festival de Cannes en mai 2011
Portrait de l'actrice et cinéaste Noémie Lvosky au Festival de Cannes en mai 2011 Crédits : Anne-Christine Poujoulat - AFP

Noémie Lvovsky a commencé par des études de lettres, avant d'intégrer l'école de la Fémis, dans la section scénario, grâce notamment à Jean Douchet

Très tôt, j'ai eu envie et besoin du spectacle. Après j'ai fait connaissance avec des cinéastes à travers leurs films. J'ai senti assez tôt que ce que j'aimais avant tout dans un film, c'était la personne derrière la caméra, sans savoir ce que c'était que de réaliser un film. Il y a eu une journée décisive, qui a bouleversé ma vie. J'ai été figurante sur un court-métrage d'école, et là j'ai rencontré Arnaud Desplechin qui était chef-opérateur sur ce film d'Eric Rochant, et j'ai vu un plateau pour la première fois. J'aimais écrire, mais je me sentais très impuissante dans l'écriture. J'avais fait la liste de tout ce que je n'étais pas capable de faire. Et dans cette liste, il n'y avait pas le scénario. Et j'ai eu un professeur très important pour moi qui est Jean Douchet, un homme extraordinaire qui m'a beaucoup appris. Il m'a dit "écoute, il y a une classe de scénario qui va ouvrir pour la première fois en France, inscris-toi !".                
Noémie Lvovsky

Faire famille 

On lui doit des films comme Petites (1997), La vie ne me fait pas peur (1999), Les Sentiments (2003) ou Camille Redouble en 2012, tous co-écrit avec Florence Seyvos. On lui doit aussi des scénarios comme celui de La Sentinelle d'Arnaud Desplechin ou ceux de Valéria Bruni-Tedeschi. Elle apparaît en tant qu'actrice dans plus de 45 films depuis Ma Femme est une actrice d'Yvan Attal en 2001, en sœur en colère chez Arnaud Depleschin, en mère intrusive chez Riad Sattouf ou mère maquerelle chez Bertrand Bonello. Elle est fidèle et travaille toujours avec les mêmes collaborateurs. car pour elle, le cinéma ressemble à une famille.  

Je me fais de familles. J'aimerais que Jean Renoir soit mon grand-père, que François Truffaut soit mon père, qu'Arnaud Desplechin soit mon grand frère. Les rôles et les sujets viennent bien après le metteur en scène. C'est par les films de François Truffaut que j'ai eu envie de faire du cinéma.              
Noémie Lvovsky

La sève d'un film

Un film, un scénario ne part pas d'une idée, il part d'un état. Ça peut être l'ambivalence, l'égarement … Il donne le premier élan. Ensuite viennent les sentiments et les émotions. Pour le film "Les Sentiments", c'était l'état d'ivresse et la gueule de bois, pour "Camille Redouble", c'était l'état d'adulte. Après, je me laisse devenir poreuse aux émotions, et des ces sentiments, viennent les personnages. Le travail c'est de creuser les personnages jusqu'à ce qu'ils deviennent de vraies personnes. Puis les personnages m'amènent aux situations et à l'histoire, et donc au sujet. Je fais des vas-et-vient entre ce que je veux pour mes personnages et m'effacer derrière eux. Un film c'est comme un organisme vivant. Il faut le guider tout le temps, et le laisser vivre.              
Noémie Lvovsky

Ce que peut le cinéma

J'ai été rattrapée par un grand désir d'enfant d'être clown puis d'être comédienne au théâtre, mais j'avais renoncé. Une vie d'actrice me faisait trop peur. J'aurais eu peur de devenir folle. C'est un métier qui dépend trop des autres. (...) Si le spectacle peut aider à vivre, c'est merveilleux. Les films que j'ai aimé m'aident à vivre oui. Un bon film ce serait un film qui transforme ma vie. Quand je sors ; en étant transformée, en mieux. Ce qui compte avant tout c'est l'esprit du film, même s'il y a des imperfections. Un film est le scanner de celui qui le fait : on doit le voir non seulement tout nu, mais aussi sous sa peau.        
Noémie Lvovsky

Pour aller plus loin

Je ne sais pas vraiment ce qui mène au bonheur. Entretien avec Noemie Lvovsky pour le site Hors Champ, rencontres de cinéma.

Entretien Post-it pour la chaîne YouTube de Télérama, 2018.

Noémie Lvovsky présente Baisers volés de François Truffaut, son film fétiche (LaCinetek, 2019).

Septembre 1982, la réalisatrice Noémie Lvovsky découvre pour la première fois un plateau de cinéma. C’est sa Journée particulière qu’elle raconte au micro de Zoé Varier sur France Inter, 2019.

Les Ciné-débats de La Sorbonne : Rencontre filmée entre Noémie Lvovsky et Valeria Bruni-Tedeschi au Forum des Images en novembre 2009.

Réécoute du 23 août 2019

Bibliographie

Le cinéma de Noémie Lvovsky

Le cinéma de Noémie LvovskyNoémie LvovskyIndependencia éditions, 2012

Intervenants
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