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Paul Auster, le 8 mars 2017 à Oxford.

Paul Auster : "Je suis débutant chaque fois que je commence un livre"

59 min
À retrouver dans l'émission

L’écrivain Paul Auster répond en français, avec un léger accent, aux questions d’Arnaud Laporte. Une Masterclasse enregistrée en janvier 2018 au Havre. L’auteur new-yorkais nous dévoile son parcours de poète et écrivain, à l’occasion de la parution de son dernier roman "4321".

Paul Auster, le 8 mars 2017 à Oxford.
Paul Auster, le 8 mars 2017 à Oxford. Crédits : David Levenson - Getty

À 18 ans, lors d’un voyage en Europe, Paul Auster tombe amoureux de la France et de Paris. Il se lie d’amitié avec le futur cinéaste Wim Wenders. Trop timide, il ne tente pas le concours d’entrée à l’Idhec, que son ami Wim va d’ailleurs rater. Paul Auster avait déjà en tête de devenir écrivain. Il se souvient de son exaltation lorsqu’il écrit son premier poème sur le printemps dans un parc. 

Il a une autre révélation à 15 ans en lisant "Crime et châtiment" de Dostoïevski.

C’était comme une explosion intérieure et extérieure à la fois. Quand j’ai terminé le livre que j’ai lu dans une sorte de fièvre, d’excitation  (…) Je me suis dit si un livre peut provoquer tant d’émotions et de pensées, si un livre peut faire ça. Alors écrire un roman est la meilleure chose qu’on peut faire.

Jusqu’à l’âge de 30 ans, il se consacre à ses études et à l’écriture et la traduction de poèmes. Une autre "expérience fondamentale"  le fait devenir romancier. Spectateur d’une chorégraphie, il constate l’impossibilité de décrire avec des mots la beauté d’une danse.

Un espace s’est ouvert entre le monde et la parole. Et j’ai compris finalement l’impuissance des mots en face de la réalité du monde. Et ça m’a donné une vague de bonheur qui est passée par moi. Et j’ai été libéré par ça. Et tous les doutes que je traînais avec moi, tous les problèmes d’écriture que je n’ai pas résolus, ne comptaient plus. Et le lendemain j’ai commencé à écrire quelque chose qui n’est pas un récit, ni un poème, un texte étrange qui a le titre "Espaces blancs". 

Paul Auster termine l'écriture dans la nuit. Quelques heures plus tard, son oncle l'appelle pour lui annoncer la mort de son père. Un événement qui déclenche l’écriture de son récit Invention de la solitude. 

Ecrire pour Paul Auster, s'annonce par un rythme, une musique, une cadence, "sans mots attachés".

Pour moi, chaque livre que j’ai écrit possède un rythme et une musique différents de tous les autres. Et dès que j’entends cette musique et que je me familiarise avec cette musique, c’est très curieux, les faits, les choses et les personnages commencent à apparaître autour de cette musique et de danser.

Ecrire un roman est un long processus, c’est comme un marathon. Alors il ne faut pas courir trop vite, parce qu’on va s’épuiser trop vite, trop tôt.

Paul Auster écrit paragraphe par paragraphe ses romans ou récits. Et s’il corrige ses textes, il tient compte aussi de la lecture décisive de sa femme, l’écrivain Siri Hustvedt :  "Elle est plus intelligente que tous les éditeurs". "Elle est un vraie génie, extraordinaire". 

Chaque livre est un nouveau livre. Le travail du passé ne compte pas. Je suis débutant chaque fois que je commence un livre.

Véronique Vecten, Documentation sonore de Radio France

>>> Pour aller plus loin, une sélection d'Annelise Signoret >>>

Site consacré à l’oeuvre de Paul Auster

Bernard Pivot reçoit Paul Auster dans Apostrophes en 1990. A revoir sur Ina.fr

À chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues. Diacritik relit le dernier roman de Paul Auster à travers le prisme de cette phrase de Rimbaud.

Paul Auster : une philosophie de l’identité : article publié dans la revue de sciences humaines Interrogations (n°15, décembre 2012)

Paul Auster et la vie secrète des événements : article de Bertrand Gervais, publié dans Poétiques et imaginaires de l'événement, 2011. En ligne sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain

Marie Thévenon : Les ”avatars du moi” chez Paul Auster : autofiction et métafiction dans les romans de la maturité. Thèse en Littératures Centre d'Études sur les Modes de la Représentation Anglophone-Université de Grenoble, 2012.

Entretien avec Paul Auster et Lucie Grégoire, 27 février 2016, Brooklyn, NY. La chorégraphe et interprète Lucie Grégoire évoque avec l’écrivain une œuvre emblématique de son répertoire, Les choses dernières, librement inspiré du roman de Paul Auster, Le voyage d’Anna Blume.

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