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Portrait de Philippe Katerine, dans les couloirs de la Maison de la Radio, en septembre 2015

Philippe Katerine : "Ne penser qu'à soi, c'est la condition de la libération dans la création"

59 min
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De son village de Vendée, à son César obtenu pour son rôle dans le "Le Grand Bain" en passant par le succès phénoménal de sa chanson "Louxor j'adore", Philippe Katerine évoque, avec son naturel légendaire, sa méthode de création et l'exaltation qu'il éprouve dans l'inspiration.

Portrait de Philippe Katerine, dans les couloirs de la Maison de la Radio, en septembre 2015
Portrait de Philippe Katerine, dans les couloirs de la Maison de la Radio, en septembre 2015 Crédits : Lionel Bonaventure - AFP

Philippe Katerine est ce que l'on peut appeler communément un "artiste complet" : auteur-compositeur, chanteur, interprète, réalisateur, comédien, dessinateur, danseur et même écrivain. Sa carrière dans la musique commence en 1991 avec la sortie de son premier album Les Mariages chinois. Suivront 13 albums solos, dont  le dernier en date, sorti en 2019, s'intitule Confessions

Danser pour soi

Entretemps, il publie un premier ouvrage graphique chez Denoël en 2007 (Doublez votre mémoire) et il connaît le succès public et critique avec son 7e album, Robots après tout, dans lequel figure le single Louxor j'adore, devenu un tube ultra-populaire. En découlera une collaboration avec la chorégraphe Mathilde Monnier pour le spectacle 2008 Vallée, créé pour le Festival d'Avignon. 

Philippe Katerine : "L'art de Mathilde, c'est d'avoir beaucoup d'invisible. Dans son spectacle, je me suis oublié. Un jour, elle m'a dit "Ne danse que pour toi". Cette phrase me poursuit encore, c'est la condition de la libération, de ne penser qu'à soi dans la création."

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Ce qu'il sait de la mort, ce qu'il sait de l'amour

Philippe Katerine fait ses premiers pas au cinéma en 2001 devant la caméra de Thierry Jousse dans le film Nom de code : Sacha avant de réaliser son propre court-métrage en 2003. Son premier long, intitulé Peau de cochon, fait référence à l'opération à cœur ouvert qu'il a subi à l'âge de huit ans et durant laquelle on l'a recousu avec de la peau de cochon. Ce moment charnière est également le point de départ de son dernier livre, Ce que je sais de la mort, ce que je sais de l'amour, aux éditions Hélium. 

Philippe Katerine : "Je me suis fait opéré en 1976 à cœur ouvert, c’était quasiment expérimental à l'époque. J'avais huit ans, mais je comprenais que j'allais mourir, je faisais passer ça par un truc de martyr. Mon cœur s'est arrêté pendant 17 minutes, relayé par une machine. Aujourd'hui ça change ma vie, car j'ai toujours 17 minutes de retard à mes rendez-vous. Le fait d'avoir été mort, de revivre, ça vous apporte une forme de sagesse. (…) Cette opération m'a donné un peu de distance, les émotions peuvent s'éloigner, ce qui rend service. Je ne connais pas du tout le trac. Mais par contre, il y a des moments où je ne me sens pas concerné par la situation. C'est à double tranchant.

Une "normalité confondante"

Depuis son premier rôle en 2001, Philippe Katerine n'a eu de cesse de faire des allers-retours entre un cinéma dit "d'auteur" et un cinéma plus populaire, jouant tour à tour sous la direction des frères Larrieu, Claire Denis, Benoît Forgeard ou encore Nicolas Bary pour Le Petit Spirou, et Gilles Lellouche pour Le Grand Bain, dans lequel il campe le personnage de Thierry, qui lui valu le César du meilleur second rôle en 2019. 

Philippe Katerine : "Je suis de cette sorte de comédien qui se laisse totalement envahir par le personnage. Je suis un touriste dans la musique, dans la comédie, dans les dessins. Je suis de passage. Je vais là où on m'appelle. (...) Etre comédien, ça m’ouvre la porte. Ça me permet de sortir de mon coin et de m’intégrer dans la société. Je suis d’une normalité confondante."

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L'exaltation par dessus tout ! 

Dans l'écriture de ses 14 albums et au fil de ses très nombreuses collaborations musicales, Philippe Katerine recherche toujours l'inconnu, le danger mais avant tout l'exaltation.

Philippe Katerine : Et quand ça arrive, c'est très précieux. Composer des chansons est une aventure qui est à chaque fois extraordinaire. Ça peut ressembler à une guerre avec soi-même ou contre le monde, ou alors parfois à un coït.  En général, c'est la musique et le texte qui viennent en même temps. Après, ce sont des moments. Là je sens que je suis gros de quelque chose, je suis lourd, il faut que ça sorte. Je suis comme un fauve qui attend sa proie sur laquelle il va se jeter au bon moment. Et j'ai faim !  C'est juste une période, de deux-trois mois où c'est une espèce de délivrance. On se rapproche quelque part de Dieu, je le dis très modestement ! Une fois que c'est fini, vous êtes dans un état de dépression, vous prenez une bonne claque dans la gueule. (...) Chaque disque a sa méthode qui s'invente au fur et à mesure. Une chanson, un disque, c'est la photographie d'un moment qu'il faut respecter. En studio, c'est l'endroit privilégié, il y a une infinité de possibilités, ce sont des moments exquis, ça peut vous remettre la chanson à l'envers. Il y a un non respect qui peut être salutaire pour les chansons.

Réécoute du 30 juillet 2018

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