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Sebastião Salgado à côté de la Galerie Polka à Paris, le 7 novembre 2013

Sebastião Salgado : "La photographie, c'est la mémoire et le miroir de l'Histoire."

59 min
À retrouver dans l'émission

Depuis 1973, Sebastião Salgado n'a cessé de parcourir le monde avec son appareil photographique à la main. A l'occasion de cette Masterclasse donnée en public au Centre Pompidou à Paris, il partage ses expériences, ses voyages et sa conception de l'art photographique en compagnie d'Anaël Pigeat.

Sebastião Salgado à côté de la Galerie Polka à Paris, le 7 novembre 2013
Sebastião Salgado à côté de la Galerie Polka à Paris, le 7 novembre 2013 Crédits : Fred Dufour / AFP - AFP

Sebastião Salgado est un des photographes les plus célébrés qui soient, ses images ont fait le tour du monde. Son œuvre est scandée de grands livres, de nombreuses expositions telles que Sahel l'homme en détresse, en 1986, La main de l'homme en 1993, une série sur la classe ouvrière, pour rendre compte des effets de la globalisation : le déplacement des populations des campagnes vers les villes, de pays vers d'autres pays - Exode en 2000 et encore Genesis en 2013, une série sur laquelle il a travaillé près de huit ans. 

Né dans une grande ferme isolée du Brésil, entouré de bêtes et de montagnes, il y passe son enfance, avant d'aller vivre à ses 15 ans dans une capitale de province, où il y découvre l'Histoire de l'art et la photographie. Il part ensuite à Sao Paulo étudier la finance, puis à Paris, accompagné de sa femme Lélia Wanick Salgado, pour suivre un doctorat d'économie. C'est à Paris qu'il commence pour la première fois à prendre des photos, tout en travaillant pour l'Organisation internationale du café. Destiné à être avocat ou économiste, il réalise à quel point la photographie est essentielle pour lui. 

J'ai grandi dans un univers de lumières, de formes, de volumes et aujourd'hui, quand je vois la lumière dans ma photographie, je sais qu'elle est venue de là. Sans que je le sache, l'art est entré dans mon esprit quand j'étais tout petit. (...) Je devais être avocat, j'ai fait des cours d'économie, puis après j'ai voulu partir en Union soviétique pour devenir ingénieur mécanicien, j'ai essayé beaucoup de choses, jusqu'au jour où j'ai découvert la photographie. Quelque chose s'est passé dans ma vie.  

Tout au long de cette Masterclasse, il revient sur parcours, ses innombrables voyages en Afrique, et partout dans le Monde, ses rencontres, son rapport aux autres et à la classe ouvrière, sa définition de la photographie et ses choix techniques.

Sygma, Magnum, Gamma : l'école du photojournalisme 

Je suis venu naturellement à la photo documentaire. J'ai pu partir au Niger, en 1973 avec ma femme et un ami. J'ai tourné tous les Sahel, et Sygma m'a invité à travailler pour eux. Mais c'était une agence tournée vers les hard news. (...) L'agence Gamma m'a tout appris, c'était mon école de photojournalisme. En quatre ans, je me suis formé. Et après c'était le moment de partir, et je suis allé à Magnum. Je suis peut-être un des photographes qui a le plus travaillé dans l'Histoire de la photographie. J'ai beaucoup voyagé avec ces trois agences et particulièrement en Afrique. (…) Je suis un photographe, avec une formation d'économie marxiste, donc la classe ouvrière, le travail, a totalement constitué mon univers.

Le choix du noir et blanc

Les commandes des agences étaient toujours en couleurs. J'ai jamais bien compris la couleur, la couleur pour moi, c'est un moyen de déconcentration. Quand je photographie en noir et blanc, tout se transforme en gammes de gris, je rentre dans l'illustration pour rendre toute l'expression réelle et essentielle des gens. Le noir et blanc était un refuge.

L'ONG "Instituto Terra"

Créé en 1998 avec sa femme Lélia Wanick Salgado, l'ONG "Insituto Terra" a pour ambition de replanter des arbres dans sa région natale, et dans son domaine. Depuis plus de deux millions d'arbres ont été plantés. 

A un moment j'ai décidé de retourner à la terre, dans ma région. Il n'y avait plus de forêt pratiquement. Il fallait replanter la forêt. Avec mon retour à la nature, j'ai compris que la vie est composée de milliers d'espèces et j'ai voulu photographier tout cela, en espérant que mes photographies servent à quelque chose.

Une partie de la série Genesis, de Sebastião Salgado, exposée au Musée de l'environnement de Rio de Janeiro en 2013
Une partie de la série Genesis, de Sebastião Salgado, exposée au Musée de l'environnement de Rio de Janeiro en 2013 Crédits : Yasuyoshi Chiba / AFP - AFP

Pour aller plus loin

Agence Amazonas, dédiée au travail photographique de Sebastião Salgado. 

Sebastião Salgado a été élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en avril 2016, au fauteuil de Lucien Clergue.

Pages consacrées à Sebastião Salgado sur le site de la Galerie Polka.

Marion Gautreau : Le regard de Sebastião Salgado sur les -travailleurs de la mine de Serra Pelada (1986) : esthétique d’une servitude moderne, in Caravelle, n°111, 2019.

Pause photographique de Sebastião Salgado racontée par Stéphane Lavoué, photographe, sur le site d’Arte.tv.

Rediffusion du 9 août 2019

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