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Yasmina Reza

Yasmina Reza : "J’ai toujours écrit ce que j’avais envie de voir"

1h
À retrouver dans l'émission

Yasmina Reza livre les secrets de fabrication de ses œuvres littéraires lors de cette masterclasse enregistrée à la Bibliothèque Nationale de France en partenariat avec le Centre National du Livre.

Yasmina Reza
Yasmina Reza Crédits : FRED DUFOUR - AFP

Couronnée par un Molière de l’auteur en 1987 dès sa première pièce Conversations après un enterrement, puis avec le triomphe quelques années plus tard avec Art dans le monde entier, notamment aux Etats Unis, Yasmina Reza devient le premier auteur non anglo-saxon distingué par un prestigieux Tony Award. En 2010, Le dieu du carnage lui vaut un nouveau Tony Award, et une adaptation cinématographique par Roman Polanski.

Artiste à multiples facettes, Yasmina Reza se fait diariste de la campagne électorale victorieuse de Nicolas Sarkozy, avec L’aube le soir ou la nuit, et réalisera son premier film, Chicas en 2009.

Entre-temps et depuis, il y a eu plusieurs mises en scènes au théâtre : Le dieu du carnage, Comment vous racontez la partie, et plus récemment Bella figura accompagnée par l’écriture de romans et de récits, dont le dernier, Babylone qui lui a valu le Prix Renaudot.

Je sais toujours au départ si je vais écrire une pièce ou un roman.

Le roman ça reste très solitaire et s’en va dans le monde sans vous. Alors qu’au théâtre cela reste très ouvert sur la relation, socialement. L’envie d’écrire du théâtre procède plus d’un désir social. Je sais que quand je veux voir du monde, j’écris une pièce.

Tout le désir qu’on peut avoir de créer quoique ce soit n’est pas chimiquement pur, c’est un désir beaucoup plus trouble, difficile à analyser pour soi-même. C’est ce désir d’être admiré, d’être loué.

J’ai eu la chance, ma première pièce jouée a eu un grand succès après des années de disette où j’ai eu un mal fou à m’imposer. La joie a été au rendez-vous mais la terreur tout de suite après aussi, qu’on puisse attendre de moi la répétition du même. J’ai tout de suite pensé que je ne devais pas recommencer dans cette même veine.

Une fois qu’on devient une personne entendue, on ne peut pas faire fi de ce qu’on a entendu sur soi. On se sait devenir quelqu’un et c’est extrêmement dangereux.

Force est de constater que j’ai toujours dit la même chose.

J’ai toujours pensé que l’écriture me sauvait, de tout.

Pendant très longtemps si j’avais quelque chose avec de l’amplitude à exprimer je prenais un personnage d’homme parce qu’il y avait un masque, avec un vocabulaire qui permettait de ne pas être assimilé. Maintenant je tue des personnages aussi. Je progresse.

Il y a un moment qui est très difficile c’est quand on a envie d’écrire quelque chose qui démange mais qu’il faut mettre en place la structure, choisir les personnages, leurs noms et le pire, leurs métiers. Le métier cela peut me prendre des jours car c’est très définissant.

Je n’ai pas besoin de m’isoler pour écrire, j’aime être influencée et je me fais confiance.

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