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Le Mexique peut-il venir à bout de la violence et de la corruption ?

2h32
À retrouver dans l'émission

Le 26 septembre dernier, 43 étudiants disparaissaient à Iguala, dans l’Etat du Guerrero au Mexique. Début novembre, trois des suspects arrêtés reconnaissaient avoir assassiné les étudiants, avoir brûlé leurs corps et dispersé leurs restes dans une rivière. Une affaire atroce, qui met en lumière les crimes commis au Mexique mais aussi les connivences entre les pouvoirs locaux. D’après les témoignages, les étudiants auraient en effet été arrêtés et attaqués par la police, sur l’ordre du maire de la ville d’Iguala et de son épouse, puis remis par la police au cartel local, Guerrero Unidos. Une terrible entente donc entre police, pouvoir politique et cartel de narcotraficants. Et depuis, d’autres affaires continuent à être révélées, comme l’exécution de 22 jeunes en juin à Tlatlaya, et la découverte encore la semaine dernière de onze corps jeudi et cinq dimanche dans l’Etat du Guerrero.

Ces drames ont déclenché au Mexique de grandes vagues de manifestations. « Il n’y a plus de peur, le Mexique s’est réveillé », scandaient le 20 novembre 30 000 personnes à Mexico. Et ce qu’ils scandaient c’est aussi « Peña, dehors », car face aux meurtres et à la corruption, la crise sécuritaire est devenue une crise politique pour le président mexicain Enrique Peña Nieto.

Hier, jour de l’anniversaire de son arrivée au pouvoir, le 1er décembre 2012, il présentait devant le parlement mexicain sa réforme constitutionnelle pour lutter contre le crime organisé. Une réforme qui prévoit principalement la dissolution des polices municipales et la possibilité pour le gouvernement de contrôler le fonctionnement des municipalités.

Mais dans un pays où la corruption semble toucher tous les niveaux du pouvoir et tous les partis, les manifestants verront-ils le contrôle du local par le fédéral comme un horizon démocratique crédible ? Comment le Mexique peut-il sortir de la crise sécuritaire qu’il traverse ?

Yvon Le Bot, Hélène Roux et Alain Musset
Yvon Le Bot, Hélène Roux et Alain Musset Crédits : Amélie Perrot - Radio France

Pour en parler ce matin nous recevons Hélène Roux, sociologue, qui s’est très souvent rendue au Mexique depuis 1998 pour travailler notamment sur les questions rurales, sur la liberté de la presse et sur les droits de l’homme, nous recevons Yvon Le Bot , sociologue au CNRS, auteur de plusieurs livres sur l’Amérique latine, dont "Le rêve zapatiste" aux éditions du Seuil et "La Grande révolte indienne" aux éditions Robert Laffont, et Alain Musset , géographe, professeur à l’EHESS et spécialiste de l’Amérique Latine et du Mexique.

Et nous sommes aussi par téléphone depuis Mexico avec Emilie Barraza , journaliste spécialiste de l’Amérique latine, qui était la semaine dernière à Iguala.

> Ce qui nous arrive demain avec Nicolas Martin: Laissez venir à moi les petits aliens
> Ce qui nous arrive en musique avec Matthieu Conquet : Dakh Daughters, Europe et femmes puissantes
[> Ce qui nous arrive avec Bertrand De Saint-Vincent en partenariat avec le journal Le Figaro](Le Rêve zapatiste)
Extraits musicaux :

  • "Paloma negra" de Chavela Vargas (1961)

  • "Baby one more time" de Britney Spears (1998)

Intervenants
  • Sociologue à l’EHESS Spécialiste des mouvements sociaux en Amérique latine
  • Journaliste spécialiste de l’Amérique Latine
  • directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en sciences sociales, Géographe, directeur d’études à l’EHESS, membre du centre de Recherches Historiques, GGH-Terres.
  • chercheure associée à l’Université Paris 1 et journaliste.

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