LE DIRECT

Des écrivains de la scène

1h
À retrouver dans l'émission

Avant de commencer cette édition printanière de Comme au théâtre, un mot pour dire que le contenu du Festival d'Avignon 2008 a été rendu public la semaine passée. Nous y reviendrons largement mais déjà, on aura noté une double présence symbolique au centre de ce festival. A la fois Dante, amené, si l'on peut dire, par l'un des deux artistes associés, l'italien Romeo Castelllucci, qui propose un projet à partir de la Divine Comédie . Et d'autre part, le metteur en scène Antoine Vitez, que l'autre artiste associée, (ils sont deux cette année) la comédienne Valérie Dreville, a souhaité convoquer à Avignon, avec des évocations sous forme de mises en scène, de lectures, de mises en espaces, et notamment un Partage de midi qu'elle jouera avec ses camarades sur toute la durée du Festival qui se tiendra du 4 au 26 juillet 2008. Dante, Antoine Vitez : deux noyaux durs, porteurs de sens, de mémoire et de poésie, pour un festival dont la qualité et la diversité, sur le papier du moins, laisse envisager le meilleur. On y reviendra. Retour à l'actualité. La traversée des salles de théâtre nous aura mis cette semaine face à l'effritement répété du réel. Nous avons croisé des familles qui s'autodétruisaient, nous avons entrevu des couples minés par le doute et la trahison, des bandes d'amis pas si ami que ça. Les portes se sont ouvertes sur des intimités où la convention aura été malmenée, les codes bourgeois torpillés, les bienséances et les apparences soumises aux tirs croisés de dramaturges plus soucieux de les dépecer que de les entériner. C'est un effondrement des valeurs qui dépasse de loin le désir de délivrer un message sur telle ou telle tournure morale, éthique ou politique que prendrait le monde. Non, ce qui semble être en question, à travers les situations proposées dans chacun des spectacles vus, situations littéralement désossées et décomposées de l'intérieur, c'est la capacité de l'écriture à s'emparer du réel et à jouer avec. Soit en l'opacifiant, soit en l'éclairant. Soit en le passant aux rayons X soit en le trouant de brèches ouvertes sur d'autres possibilités de réel et donc de vie. Ce qu'on aura constaté, cette semaine, dans les théâtres, c'est à quel point l'auteur est maître du jeu. Et comme le langage, la langue, l'écriture mènent le bal, sur les scènes de théâtre. Pour donner du réel un autre son, lui faire rendre gorge ou le démultiplier, le contourner, le faire basculer dans des parodies de lui-même, pas besoin de sortir l'artillerie lourde. Pas besoin d'effets spéciaux et de débauches de virtuel technologique. Le théâtre, un auteur, des acteurs, cela suffit pour qu'apparaissent, sur la scène, l'illusion et l'artifice et que nos yeux soudain grands ouverts, nous comprenions du monde qui nous fait face ce qu'il nous dissimule à l'ordinaire. Cette écriture en forme de coups de boutoir donnés dans le vraisemblable nous la passons donc au peigne fin en compagnie de nos invités. Avec nous ce soir, Florence Giorgetti, metteur en scène et Philippe Minyana auteur, pour Voilà , proposé au Théâtre du Rond Point. Bruno Meyssat, concepteur et réalisateur de Forces , de August Stramm, à la Colline. Enfin, à la Colline également, Hubert Colas, auteur metteur en scène d'un diptyque, Sans Faim 1 et 2 . Et comme c'est le printemps, nous opérons un léger changement dans l'émission. Vous retrouverez désormais la chronique de Jean-Loup Rivière, à 21 h 50. Elle sera suivie, à 21 h 55, de notre coup de téléphone en province. Ce soir, Anne Leray, évoquera pour nous un lieu de création tout à fait atypique à Montpellier : La Baignoire. J. Gayot

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