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les acteurs du Français...

1h
À retrouver dans l'émission

« Demande pardon / Crie la Reine C'est toi qui me demandes un pardon / Crie le jeune Roi Demande pardon / Crie-t-elle encore Faiseuse de grands torts / Dit le Roi C'est toi qui dois demander pardon / Dis « pardon » / Crie-t-il Moi je n'ai plus rien à dire : Dit la Reine » Extrait de la Petite dans la forêt profonde , un texte de Philippe Minyana, adapté d'un épisode des Métamorphoses d'Ovide. C'est avec cet échange que nous ouvrons Comme au théâtre , ce soir. Histoire de dire les libres facéties du théâtre où l'on peut, la minute d'avant, trancher une tête, couper une langue, manger le corps d'un enfant, et la minute d'après, exiger des pardons à n'en plus finir parce que la parole, seule, peut réparer, cautériser, soulager et consoler. Au théâtre du moins et encore, ça ne marche pas toujours. Nous évoquerons cette bascule du théâtre vers l'extraordinaire, avec l'évocation des Métamorphoses d'Ovide, spectacle créé à Gennevilliers, dans l'adaptation de Philippe Minyana, la mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo et la participation autour de nos micros ce soir, des deux acteurs du spectacle : Catherine Hiégel et Benjamin Jungers. Ce sera la première partie de la soirée, celle qui épouse les sorties hors les murs de la Comédie Française. Second temps de l'émission, avec des facéties d'un autre genre et une Comédie Française qui reste à la maison. On continue donc en compagnie des acteurs du Français, ils sont trois, Grégory Gadebois, Eric Ruf et Laurent Stockers, réunis par Anne Kessler au Studio-Théâtre pour interpréter une vraie conversation: celle qui a réuni Brassens, Brel et Ferré, en 1969, sous la houlette d'un jeune journaliste radio, François-René Christiani. Là aussi le théâtre, par sa capacité à créer de l'urgence et de la nécessité, de l'instant présent et, malgré sa répétition quotidienne, de l'irrémédiable, donne tout à coup à une conversation passée une acuité et une légitimité nouvelle. Un sentiment (celui de la nécessité) que l'on n'a pas éprouvé du tout lorsqu'on s'est rendu la semaine passée à Beaubourg pour assister à Force Entertainment , monologue d'une heure trente en anglais ni traduit ni sur titré, conçu par le britannique Tim Etchells, et où, pendant qu'un acteur vêtu d'un costume de squelette nous entretient micro en main au sujet d'une représentation qui devait avoir lieu et qui n'aura pas lieu, une femme se traine à terre dans une lente agonie, en se tenant le ventre. Alors, on reste muet pendant un temps avant de dresser et de se dire, que ça suffit comme ça, et qu'il y en a assez de ces spectacles soit disant performances, qui, en vérité, sont surtout des spectacles vides de pensées et engagés dans une lutte stérile avec les plateaux de théâtre et avec l'idée du théâtre lui-même. Au bout d'une heure, donc, on se dit qu'on n'est pas des moutons, on se lève et on part. C'est ce que je fais et je n'étais pas la seule. C'était la claque de la semaine. A 21 h 50 nous retrouverons Jean-Loup Rivière pour son billet du soir, suivi de l'agenda de la semaine et du coup de téléphone en province, on partira pour Marseille où Xavier Thomas, journaliste à Radio Grenouille a beaucoup à nous dire sur ce qu'il y a à voir chez lui. Et avant que ne démarre l'émission, Catherine Hiégel, Benjamin Jungers, Grégory Gadebois, Eric Ruf et Laurent Stocker, il n'était bien sûr pas question que Comme au théâtre se déroule sans une pensée et un hommage à Christine Fersen, disparue lundi dernier, une très triste nouvelle qui nous a tous beaucoup choqués. Christine Fersen, qui était, je le rappelle la doyenne de la Comédie Française, avait 64 ans seulement. C'était une immense actrice, vous le savez comme moi, mieux que moi, vous qui, à la Comédie Française l'avez côtoyée et avez, pour certains, travaillé avec elle. Je vous propose de la retrouver, telle qu'en elle-même. C'était en avril 2007. Elle était venue nous voir, en compagnie de Jean-Claude Dreyfus dans l'émission. Et ô miracle, nous avions pu mettre la main sur ce qui reste pour moi un souvenir de théâtre exceptionnel : le monologue de l'Espace Furieux , de Valère Novarina, où la Fersen donnait plus que le meilleur d'elle-même. J. Gayot

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