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À la recherche du pain perdu

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Même rassise, la baguette a de beaux restes qui sont précieux en cuisine. Pour ne plus perdre une miette de pain, rendons hommage au pain perdu ou plutôt aux pains perdus tant ils peuvent être variés en versions salées et sucrées !

Crédits : Floortje - Getty

C’est une évidence : l’homme a inventé le pain pour saucer sa vie et en conserver des miettes dans sa mémoire. Prenez les histoires d’amour, elles commencent souvent par une ficelle tiède et craquante au petit-déjeuner et se terminent, hélas aussi, par un croûton rassis, un soir de solitude. Il est terrible ce croûton dur et froid quand il fait de la résistance aux artiches fatiguées et pourtant on l’aime. Avec un filet d’huile d’olive, le frottement d’une gousse d’ail, la dernière tranche de rosette, une lichette de camembert, une paire d’anchois et une poignée de câpres.

Mine de rien, on se dit que c’est le compagnon du destin, l’autre jour, quand on contemple le fiston en train de vautrer son croûton dans son pot de chocolat. Il a commencé tôt à jouer de la baguette, en se rabotant les dents de lait avec une croûte dorée. On se souvient de ses premières extases quand on roulait des boules de mie dans un miel de sapin ou dans la cancoillotte. On aimait déjà sa bouille de hamster aux joues gonflées par la bectance. Plus tard, il a fait un peu de résistance quand on a tenté de le convaincre qu’un jambon-beurre confectionné dans les règles de l’art (jambon de Paris sans colorant ni conservateur, baguette tradition et beurre demi-sel), c’est quand même autre chose qu’un steak haché dépressif tournant en rond entre deux tranches de pain mollassonnes. Loué soi celui qui a inventé le hot-dog. Ou ceux plutôt qui l’ont publicisé si l’on en croit Henri Pigaillem dans L’Histoire à la casserole, éditée chez Folio. Il écrit : 

Comme le hamburger, le hot-dog n’est pas une invention américaine. Il est originaire de Francfort, en Allemagne, où il s’appelle initialement "le Frankfurter". Des colons allemands l’introduisent en Amérique au XIXe siècle. Le mot "dog" signifie "chien" et rappelle une assertion imaginaire qui, vers 1840, prétend que les fabricants de saucisses sont exclusivement fournis en viande canine.

Nous, c’est plutôt le fiston qui aboie quand il voit le bocal à hot-dog. Il l’aime saturé de moutarde forte et de ketchup, les mariages déraisonnables n’existant pas dans la bouffe de rue. Il est même devenu inventif le môme, quand il se fabrique des sandwichs fourrés aux pommes de terre et à la coriandre et aux knacks du charcutier du marché du Pré-Saint-Gervais. C’est aussi un gâte-sauce inspiré quand il fait rôtir son pain au four avec quelques lichettes de bleu de Gex et une tranche de jambon cru. Et puis, mine de rien, le pain l’a emmené sur le chemin de l’autonomie quand, pétri d’inquiétude, on l’a envoyé acheter tout seul sa première baguette et qu’il est revenu triomphant comme le mioche photographié par Willy Ronis, non sans nous avoir gratté cinquante centimes en cochonneries sucrées.

Recette du pain perdu de Jean-Pierre Coffe

Pour ne plus perdre une miette de pain, rendons hommage au pain perdu ou plutôt aux pains perdus tant ils peuvent être variés en versions salées et sucrées !

Vous pouvez aussi tenter le «pain perdu à la confiture» de feu Jean-Pierre Coffe, une recette débusqué dans son « Almanach 2016 » publié chez Flammarion. Pour quatre personnes, il vous faut : 

  •  25 cl de lait ;
  • 50 g de sucre de canne roux deux cuillères à soupe ;
  • un sachet de sucre vanillé ;
  • six tranches de pain blanc ;
  • trois gros œufs entiers ;
  • 25 g de beurre ;
  • 1 pincée de sel fin ;
  • confiture ou gelée au choix.

Versez le lait dans un saladier ; ajoutez le sucre de canne et le sucre vanillé, faites fondre pendant une dizaine de minutes en remuant. Rangez les tranches de pain dans un plat creux, mouillez avec le lait sucré, retournez-les pour qu’elles absorbent l’excédent de lait. Laissez reposer pendant quinze minutes. Préchauffez votre four à 100 degrés. Dans une assiette creuse, battez les œufs en omelette avec la pincée de sel et deux cuillères à soupe de sucre. Faites chauffer un peu de beurre dans une poêle sur feu doux. Trempez six tranches de pain dans les œufs battus, déposez-les dans le beurre chaud ; laissez dorer, retournez et faites dorer l’autre face. Egouttez les tranches de pain dans un papier absorbant, rangez-les dans le plat de service tenu au chaud à four doux. Renouvelez l’opération jusqu’à épuisement du pain. Servez aussitôt avec les pots de confiture posés sur la table.

Bibliographie

Almanach 2016Flammarion, 2015

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