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Vive la cuisine anti gaspi !

Ces petites restes qui font la bonne cuisine

3 min
À retrouver dans l'émission

Régalons-nous en luttant contre le gaspillage alimentaire.

Vive la cuisine anti gaspi !
Vive la cuisine anti gaspi ! Crédits : Jennifer A Smith - Getty

« La bonne cuisine, c’est le souvenir » disait l’écrivain Georges Simenon. Je serais tenté d’ajouter, la bonne cuisine, c’est cajoler les beaux restes du passé simple des fourneaux. Par gourmandise bien sûr et aussi pour arrêter de jeter ce qui peut faire encore de délicieux frichtis.

On a déjà dit sur cette antenne à quel point le gaspillage alimentaire est une plaie inadmissible alors qu’un peu partout sur la planète, on bouffe mal, voire pas du tout, en tout cas pas à sa faim. Petite piqûre de rappel déjà administrée sur ces ondes : nous jetons  chaque seconde des tonnes de bouffe alors que d'autres crèvent la dalle. Songez que rien qu'en France, chaque année, 10 millions de tonnes de produits alimentaires sont perdus ou gaspillés. Ramené à votre assiette, cela représente 29 kg de nourriture par an et par consommateur.

Je sais, vous allez me dire, c’est pas forcément frivole d’accommoder un reste de nouilles, un bol de lentilles oubliés au fond du frigo. Qu’une salade flappie ou que deux carottes mollassonnes qui se battent en duel dans le bac à légumes, ce n’est pas franchement enthousiasmant. Que trois croûtes de fromages qui sentent l’étable, ça ne fait pas très envie.

Mais que voulez-vous, on ne se refait pas, j’aime les rides sur les pommes et les patates. J’en pince pour les fanes de radis et de carottes qui font des pestos, la carcasse du poulet qui ensorcelle un bouillon, le pain dur et le persil fatigué qui font une fameuse persillade. Bref, j’aime la bouffe qui a déjà vécu et que l’on a envie de chérir comme l’amante, l’amant de l’amour qui dure. J’aime fricasser en écoutant Serge Reggiani chanter « Sarah » et les paroles de Georges Moustaki :  « La femme qui est dans mon lit / N'a plus vingt ans depuis longtemps. / Ne riez pas. / N'y touchez pas. / Gardez vos larmes / Et vos sarcasmes. / Lorsque la nuit / Nous réunit, / Son corps, ses mains / S'offrent aux miens / Et c'est son cœur / Couvert de pleurs / Et de blessures / Qui me rassure. »

C’est sûr que si vous réchauffez tous les jours un plat industriel au micro-ondes, il faut mieux passer votre chemin. Mais je pense qu’il y a quelque chose dans l’air du temps de la chasse au gaspi alimentaire. On le voit grâce à la multiplication de l’offre éditoriale autour de la cuisine des restes. Et puis, mine, de rien, cette année de pandémie où l’on s’est souvent réfugiés autour de la table et des fourneaux a fait que l’on cuisine davantage et que l’on a donc aussi davantage de restes à accommoder.

Alors ce matin, je voudrais saluer le livre d’Estérelle Payany, « La cuisine des beaux restes, 70 recettes pour ne plus rien jeter ! ». C’est aux éditions Flammarion. On apprend, notamment, à transformer des restes de raclette en muffins, à réaliser des pickles de pastèque ou encore ces blinis de carottes râpées dont je vous ai posté la recette sur le site de France Culture.

Blinis de carottes râpées et sauce aux fanes

Pour les blinis, il vous faut : 

  • 100 g de carottes râpées ; 
  • un pot de yaourt nature ; 
  • un gros œuf bio ; 
  • un pot rempli de farine (blé, sarrasin, riz, seule ou mélangées) ; 
  • une cuillère à café de levure chimique ou de bicarbonate de sodium ; 
  • un quart de cuillère à café de sel fin ; un demi pot remplit de lait (ou de bière, ou d’eau, ou de crème liquide) ; 
  • du beurre ou de l’huile d’olive (pour la cuisson). 

Pour la sauce : 

  • une dizaine de fanes de carottes ; 
  • 200 g de faisselle, 
  • yaourt ou ricotta ; 
  • un filet d’huile d’olive ; 
  • une cuillère à café de moutarde ; 
  • 2 pincées de paprika fumé ; 
  • du sel et du poivre du moulin.

1. Préparez la sauce : lavez, séchez et hachez finement les fanes de carottes. 

2. Mélangez avec la faisselle (ou autre produit laitier), salez, poivrez, ajoutez un filet d’huile d’olive, la moutarde et le paprika. 

3. Mélangez jusqu’à l’obtention d’une texture crémeuse. Réservez au froid.

4. Videz le pot de yaourt dans un saladier. Mélangez l’œuf avec le yaourt. 

5. Mesurez la farine dans le pot de yaourt vide. Ajoutez-la dans le saladier avec la levure chimique et le sel. Mélangez.

6. Mesurez la quantité de lait (ou d’autre liquide) dans le pot de yaourt. 

7. Ajoutez-le à la pâte en même temps que les carottes râpées.

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