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Clafoutis à tout faire

4 min
À retrouver dans l'émission

Voici une recette facile qui rime avec le temps des cerises. Mais pas seulement.

Crédits : Jean-Christophe Riou - Getty

Le clafoutis n’est pas un dessert. Le clafoutis est un monde créé par Dieu pour défier les saisons et les temps de peu. Il suffit d’une poignée de farine ou d’une autre mixture pour faire du solide ; d’un godet de lait ou de crème les jours fastes ; d’une poule pas trop feignasse pour vous pondre une rafale d’œufs et vous allez pouvoir jouer une partition sucrée ou salée avec ce qui vous tombe sous la main : cerises bien sûr, pêches, pommes, mirabelles mais aussi courgettes, poivrons, brocolis… il y en a pour toutes les papilles, tous les gâte-sauces, tous les glaneurs de fin de marché, tous les maraudeurs de chemin creux. C’est une recette de cambuse humble mais qui procure beaucoup de gourmandise sur les papilles.

Pour la petite histoire, le berceau du clafoutis, c’est le Limousin. Le nom de clafoutis fait l’objet de joutes étymologiques. Selon les uns, le mot tire son origine du dialecte occitan clafir ou claufir qui signifie « garniture » ou « remplissage ». Pour d’autres, l’origine du nom remonte au mot latin clavum fingere qui signifie « planter un clou », se référant aux cerises, qui sont « plantées » dans la pâte. En langage occitan, on l’appelle parfois pelhaire, ce qui signifie « chiffonnier », car le jus que rendent les cerises lors de la cuisson colore la pâte de violet et lui donne l’aspect déguenillé d’un chiffonnier.
Nous, on a surnommé le clafoutis le «J’y-fous-tout», en hommage à toutes les maisons de tolérance que sont les fonds de placard qui vous offrent leurs restes pour des créations débridées, inspirées, spontanées. Cela dit, le clafoutis n’a pas le monopole du «J’y-fous-tout» qui est, en fait, une grande famille englobant boulettes, hachis parmentier, salades composées, omelettes, cakes, gratins… Il faut aussi compter sur les cousins du clafoutis que sont par exemple le far breton, le gargouilleau nivernais, le milliard auvergnat.

Quand revient le temps des cerises, le clafoutis suscite un je ne sais quoi de liberté, de canaillerie et d’insolence. Dieu a fait une queue aux cerises pour que l’on s’en accroche une paire derrière l’oreille. Dieu a donné un noyau à la cerise pour donner du goût au clafoutis. Et puis une cerise qui viendrait d’être cueillie sur l’arbre et qui n’aurait pas de noyau, ce serait aussi improbable et mensonger qu’une cuite sans gueule de bois.

Franchement, on est injuste avec ce fruit printanier quand on lui attribue la malchance qui a inspiré un texte magnifique et juteux d’argot à Alphonse Boudard qui, dans sa préface de La Cerise, écrit : «Beaucoup de gens ignorent que la cerise c’est la guigne, la poisse, la malchance. Une vieille pote à moi, ma chère compagne, mon amoureuse folle que je retrouve à tous les coins de rue de mon parcours. Si elle me colle au train, la salope ! Me saoule, m’ahurit ! Toujours là, fidèle à tous les rendez-vous ! Fidèle comme un chien, fidèle à la mort.»

La recette !
Nous, la cerise, on a rendez-vous avec elle de la fin mai à l’orée de l’été. Mais bien avant, on se régale de son arbre quand il ponctue l’horizon, en fleurs, en jeunes feuilles, puis en fruits offrant une riche palette carminée. Et puis on songe déjà à notre cul de poule pour faire danser le clafoutis avec par exemple la recette de Lise Bésème-Pia dans 365 Recettes du pays d’Ardenne. C’est aux éditions Dominique Guéniot. C’est simple et rapide à réaliser pour le petit déj, quand toute la maison dort encore. Il vous faut :
un verre de farine,
un verre de sucre,
un verre de lait,
2 œufs entiers,
1 cuillère à soupe de kirsch,
environ 350 g de cerises.
Préférez des cerises noires si vous en trouvez.
Délayez dans l’ordre indiqué les ingrédients.
Ajoutez les fruits et versez la préparation dans un moule bien beurré.
Enfournez à four moyen (thermostat 6, 180 degrés) durant 45 minutes.

Bibliographie

365 Recettes du pays d’Ardenne.Dominique Guéniot, 2010

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