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Gilet vert pour un lundi

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Lundi vert : faut-il adopter un régime végétarien un jour par semaine ?

Crédits : Kajakiki - Getty

Il y avait déjà le lundi au soleil cher à Claude François. Désormais, il faut compter avec le lundi aux carottes, choux, fayots, tofu et autres quinoas puis que désormais, c’est no bidoche et no poisson pour ce premier jour de la semaine autoproclamé sans nourritures animales par plus de cinq cents personnalités dont Juliette Binoche et Cécile de France, les animateurs Stéphane Bern et Frédéric Lopez, ou encore le photographe Yann Arthus-Bertrand.

Nous sommes tous appelés à rejoindre ce beau monde pour un galop d’essai végétarien qui repose sur un bon sens dont plus personne ne conteste aujourd’hui l’évidence : nous avons tous crever et faire crever la planète si nous continuons à bâfrer le règne animal plus par habitude que par besoin réel. Les signataires du manifeste du Lundi vert dénoncent l'élevage industriel, facteur majeur de la déforestation qui aggrave le réchauffement climatique, la surpêche qui détruit les écosystèmes, les risques de cancer liés à la consommation de viande rouge, ou encore la souffrance animale. « La production de viande est l'une des activités humaines ayant les conséquences les plus néfastes pour l'environnement », lit-on dans la tribune. Rappelons qu’il faut 13500 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf et seulement 524 litres pour un kilo d’orge.

Sur le fond, on est tous d’accord avec les signataires du Lundi vert. Mais bon, moi, mangeur autoproclamé de lentilles, haricots tarbais et autres protéines végétales, il y a quand même quelque chose qui me dérange un peu Caroline.

Alors devrons-nous renoncer aux raviolis du lundi ?

Mais le lundi, ce sera toujours raviolis, la boite dégustée au-dessus de l’évier, n’est-ce pas. Trêve de galéjade, ce qui me gêne un peu dans le Lundi vert, c’est sa forme, son côté prescripteur, gravé dans le marbre du calendrier. On croule déjà sous les rites officialisés en tout genre : la semaine du goût, la journée mondiale sans achats, celle sans voitures.

Tout cela part évidemment de bonnes intentions dans lesquelles on ne peut que se reconnaitre. Mais pourquoi faut-il absolument les sacraliser dans une sorte d’obligation calendaire ? A-t-on besoin d’un élan peoplesque pour se convaincre de manger moins de viande, d’arrêter de fumer ou de ne pas prendre le volant avec un verre dans le nez ?

On n’a pas besoin que Cécile de France nous prenne la main (quoique…) pour arrêter les raviolis au bœuf le lundi. La prise de conscience doit être d’abord individuelle car la nourriture relève de l’intime, du domestique, de nos petits arrangements avec notre garde-manger et nos fourneaux.

Et puis passer du tout au rien le lundi en supprimant la viande et le poisson, ça ressemble à une punition quand on sait combien il est difficile de changer ses habitudes alimentaires. Les forçats des régimes vous le diront.

Et puis franchement, je ne suis pas sûr que le lundi soit un bon jour pour un changement aussi radical. Certes, se mettre au vert après la bombance du dimanche, c’est louable. Mais le lundi, c’est aussi le jour des restes du repas dominical. Alors pourquoi ne pas en profiter pour accommoder les restes du poulet, du rôti de bœuf ou de porc avec du végétal. On lutterait ainsi contre le gaspillage alimentaire tout en favorisant la consommation de fruits, de légumes et de céréales.

Tiens, la carcasse de poulet qui finit d’habitude à la poubelle, vous pouvez l’utiliser pour faire une soupe avec poireaux, carottes et tout ce qu’il vous plaira. Ajoutez aussi les restes de viande à une poêlée de légumes, à un riz pilaf, une sauce pour les pâtes. Confectionnez aussi des boulettes en ajoutant des herbes, du pain trempé dans du lait, un œuf, de l’oignon, de l’ail, des épices. Tout cela favorisera une alimentation davantage végétarienne.

La recette !! 

Pour un lundi vert : soupe de pois cassés aux fanes de légumes.

Pour 6 personnes, il vous faut :
-250 g de pois cassés secs;
-300 g de fanes de légumes (navets, betteraves, radis, carottes…);
-30 à 50 cl de liquide de cuisson des pois cassés (ou un bouillon de légumes);
10 cl de crème épaisse ou 50 g de beurre frais;
sel et poivre.
Trempez les pois cassés durant une heure et rincez-les à l’eau froide.
Cuisez en démarrant à l’eau froide dans 2 volumes et demi d’eau non salée durant une heure avec couvercle à feu doux.
Egouttez et réservez les pois cassés et gardez leur liquide de cuisson.
Triez et lavez les fanes de légumes qui doivent être bien fraîches.
Dans une casserole, faites chauffer les pois cassés avec le liquide de cuisson, à ébullition ajoutez les fanes de légumes.
Réduisez en purée avec un mixeur à soupe, ajoutez la crème fraîche, assaisonnez à votre goût avec sel et poivre.

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