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Une tarte au riz.

La tarte au riz et rien d’autre

3 min
À retrouver dans l'émission

Guerre et dessert avec Bertrand Tavernier et Georges Simenon.

Une tarte au riz.
Une tarte au riz. Crédits : annick vanderschelden photography - Getty

Ce matin, j'ai la disparition de Bertrand Tavernier en tête. Vous allez me dire quel rapport avec la bectance hein ? Je pourrais vous parler du gone Tavernier et de la cuisine des bouchons de Lyon, sa ville natale. Evoquer les deux émissions « Voyage cinéphage à la table du Tavernier » que lui avait consacré Alain Kruger en 2016 dans « On ne parle pas la bouche pleine » sur France Culture.

Mais ce matin, ma mémoire est beaucoup plus sournoise, comme ses bulles de souvenirs qui viennent sans crier gare crever la surface de nos songes.

Parmi tous les films de Bertrand Tavernier, il en est un qui continue de me retourner les tripes : « La vie et rien d’autre » avec Philippe Noiret, Sabine Azéma et l’inoubliable Maurice Barrier. Souvenez-vous Chloé, on est en 1920,  deux ans à peine après la sanglante boucherie de 14-18. Un peu partout dans les ruines et la boue de l’après-guerre, des femmes tentent de retrouver l’homme qu’elles aiment et qui s’est évaporé dans cette hécatombe industrielle. « La vie et rien d’autre »,  c’est la quête de l’impossible de deux femmes dans cette béance de la disparition où le commandant Delaplane (Philippe Noiret) tente de mettre un nom sur un bout de squelette, une montre, une alliance enfouie dans la glaise.

Quel rapport avec la nourriture ? Il est évident pour moi. La première fois que j’ai vu « La vie et rien d’autre », j’étais en train de faire une tarte au riz un après-midi d’hiver pluvieux. Vous savez que c’était le dessert préféré de l’écrivain Georges Simenon quand il était enfant : dans « Simenon et Maigret passent à table » (c’est aux éditions Robert Laffont), le critique gastronomique Robert Courtine écrivait : «Le petit Georges avait une véritable passion pour ce dessert typiquement belge, autant wallon que flamand, je crois. Lorsque, enfant, on le menait goûter chez une de ses tantes, le menu se composait invariablement d'un gâteau quatre-quarts [très consistant, écrira-t-il, et qu'il n'appréciait guère, ndlr], d'une tarte au riz et de tartes aux fruits. Il échangeait alors ses portions de pâtisserie contre des portions de tarte au riz dont il se régalait.»

Allez savoir pourquoi, le film de Bertrand Tavernier est depuis immanquablement attaché à ce dessert. Comme si dans tous les chagrins insondables, il y avait toujours une petite place pour une bouchée d’humanité, une saveur de camaraderie. Tous les guerriers du monde vous le diront : la gamelle, ce n’est rien d’autre qu’un casque retourné où l’on lape encore un peu de vie, de chaleur humaine. Dans « La vie et rien d’autre », il y a d’ailleurs quelques scènes remarquables dans un bistrot posé au milieu des ruines où le biffin côtoie l’officier et le tirailleur de la coloniale autour du rôti et de la purée de pois. Noiret y boit son vin dans une timbale argentée et nous offre de sa voix unique cette réplique sur le camembert : « J’espère bien qu’il a un goût. Un goût de camembert. »

La recette de la tarte au riz

Confectionnez une pâte brisée avec : 

  • 250 g de farine ; 
  • 100 g de beurre, 
  • un jaune d'œuf, 
  • un demi-verre d'eau 
  • une pincée de sel.

1. Mettez la farine en fontaine dans un saladier ; ajoutez le beurre en morceaux et effritez le mélange du bout des doigts. 

2. Ajoutez l'eau mélangée à l'œuf et au sel. Formez une boule en travaillant modérément la pâte et saupoudrez-la de farine.

3. Placez au frais une heure avant d’étaler la pâte dans un moule à tarte recouvert d’une feuille de papier sulfurisé. Piquez le fond de la pâte à la fourchette. 

4. Lavez 150 g de riz rond et plongez-le cinq minutes dans l’eau bouillante. Egouttez. 

5. Versez le riz dans un litre de lait bouillant additionné d’une gousse de vanille et cuisez à feu très doux au moins trente minutes. 

6. Ajoutez 100 g de sucre, mélangez doucement et laissez cuire à nouveau un bon quart d’heure. 7. Séparez les blancs et les jaunes de trois œufs. Incorporez les jaunes au riz au lait tiédi puis les blancs battus en neige. 

7. On peut ajouter à cette préparation des raisins secs, des fruits confits ou des macarons écrasés. Répartissez sur la pâte à tarte. 

8. Enfournez entre trente et quarante minutes à four chaud et saupoudrez de vergeoise dans le dernier quart d’heure de cuisson.

La bande-annonce de "La vie et rien d'autre"

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