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Affiche de "Zéro Phyto 100% Bio"

Le bio, c'est logique !

4 min
À retrouver dans l'émission

Ce matin Jacky Durand nous parle du film "Zéro phyto, 100 % bio". Sorti le 31 janvier dans les salles obscures, ce documentaire nous laisse à voir des hommes et des femmes porteurs d’initiatives vertueuses sur l'agriculture biologique.

Affiche de "Zéro Phyto 100% Bio"
Affiche de "Zéro Phyto 100% Bio" Crédits : AlloCiné

Aujourd’hui on part pour Barjac dans le Gard où l'on a déjà réservé notre rond de serviette pour la cantine scolaire de mardi prochain. Au menu, salade de riz ; paleron de bœuf braisé ; gratin de potiron ; fromage et fruit. Ça fait envie hein ? Surtout quand on sait que tous les ingrédients sont bio, en majorité locaux et que si vous êtes parent d'élève, il vous en coûte 2,50 euros par repas pour le déjeuner à la cantoche de vos petits.

La cuisine centrale de Barjac prépare pour les écoles des repas BIO
La cuisine centrale de Barjac prépare pour les écoles des repas BIO Crédits : Fabrice HEBRARD - Maxppp

Pourquoi parler de Barjac ? Parce que cette commune est évoquée dans le nouveau documentaire de Guillaume Bodin qui est sorti mercredi en salles de cinéma. Le titre Zéro phyto, 100 % bio claque comme un slogan jubilatoire. Entre road-movie et état des lieux, ce film donne à voir des femmes et des hommes pour qui cantines biologiques et arrêt des pesticides s'inscrivent dans une réflexion globale sur l'avenir de notre boire et de notre manger, de l'agriculture et de l'environnement.

Guillaume Bodin, réalisateur du film Zéro phyto 100% bio lors d'une avant-première au cinéma Devosge dans le cadre du festival Ecologos.
Guillaume Bodin, réalisateur du film Zéro phyto 100% bio lors d'une avant-première au cinéma Devosge dans le cadre du festival Ecologos. Crédits : JC Tardivon - Maxppp

A 31 ans, Guillaume Bodin tient déjà son sujet comme un vieux routier de la cause écologique qu'il incarne à travers des témoignages mais aussi la froideur clinique des chiffres. En 2013, 220 pesticides ont été détectés dans 70% des nappes phréatiques de la France métropolitaine. Le coup de la dépollution de l'eau serait supérieur à 54 milliards d'euros par an. Autre piqûre de rappel : selon une étude de 2010, nous absorbons chaque jour dans notre alimentation 81 substances chimiques dont 36 pesticides, 47 cancérigènes suspectés et 37 perturbateurs endocriniens suspectés. 

Guillame Bodin sait d'autant plus de quoi il parle qu'il est tout à la fois vigneron et réalisateur. On lui doit La clef des terroirs (2011), vibrant plaidoyer pour les vins au plus près de la nature, sans saloperie chimique et son premier film vendangea de nombreux prix. Mais surtout, en 2013, Guillaume Bodin a réalisé Insecticide mon amour, un documentaire né quand un arrêté préfectoral imposa en Saône-et-Loire un traitement contre la flavescence dorée, une maladie mortelle de la vigne. Il a vécu les épandages chimiques provoquant maux de tête et saignements de nez. Dans son film, vignerons, scientifiques, écologistes, s’accordaient sur l’inanité et la nocivité de traitements systématiques et aveugles. 

Guillaume Bodin pose sa caméra dans plusieurs communes qui n'ont pas attendu l'entrée en vigueur de la loi en 2017 interdisant l'utilisation de pesticides dans les espaces publics pour changer de pratiques. Tout n'a pas été sans prise de bec quand il s'est agi de remplacer le désherbant par la pioche. « Les gens hurlent quand ils voient de l'herbe pousser sur les trottoirs, ils me disent « la ville n'est pas propre », raconte Frédéric Vigouroux maire de Miramas (Bouches-de-Rhône). Il faut faire de la pédagogie. Je leur explique qu'arracher l'herbe à la main, ça prend du temps et que nous faisons cela aussi pour que l'eau qui coule de leur robinet ne soit pas retraitée ». 

A Versailles (Yvelines), Cathy Biass-Morin, la directrice des espaces verts, confie qu'elle a « pu subir des pressions des lobbies phyto qui n'étaient pas forcément satisfaits que l'on puisse passer à budget constant à zéro pesticide ». 

Mais le no phyto gagne de plus en plus les esprits comme l'explique le maire de Grande-Synthe (Nord) Damien Carême : « Quand nous avons créé les jardins partagés au pied des immeubles, nous avons eu 30 % puis 50% des gens intéressés. Aujourd'hui, ce sont les habitants qui nous demandent de faire des jardins. Les services techniques de la ville les conseillent pour cultiver sans produits phytosanitaires. Tout cela s'accompagne d'ateliers sur la biodiversité, de partage des récoltes, de cours de cuisine pour varier les plaisirs autour des légumes de saison ».

Plusieurs élus interviewés inscrivent cette démarche environnementale dans une politique englobant le social, l'éducation, la culture. « La décision politique, elle peut venir aussi du cuisinier de la cantine scolaire qui va dire à son gestionnaire « J'en ai marre d'ouvrir des sachets en poudre, ce n'est pas ça mon métier, moi je sais faire des sauces » affirme Daniel Cueff, maire de Langouët (Ille-et-Vilaine). Et puis il y a le maire de Barjac qui résume joliment la démarche bio de sa commune : « Nourrir, c'est aimer ».

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