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Le bonheur est dans la patate...

Le bonheur est dans la patate farcie

2 min
À retrouver dans l'émission

Eloge d’une recette indémodable !

Le bonheur est dans la patate...
Le bonheur est dans la patate... Crédits : Perch Images / Photolibrary / Getty Images Plus

Aujourd’hui, un vrai plat d’hiver les pommes de terre farcies

Un jour, Dieu a inventé les patates farcies. C’était sans doute pour donner un peu d’ouvrage à ce bas monde mais aussi pour nous faire gamberger sur ce plat qui peut tendre vers le sublime.

S’attaquer aux patates farcies tient à la fois de l’héroïsme et de l’introspection ; de la sidérurgie et de l’ébénisterie ; de la cuisine de peu et du gueuleton ; du rite et de l’ethnocuisine. Elle en impose sous le chapeau la patate farcie, tant au niveau du contenant que du contenu. Quelle pomme de terre choisir ? Quels seront les ingrédients de la farce ? Va-t-on les mijoter en cocotte ou les rôtir au four ? Avec ou sans bouillon ? Arrêtez de gamberger, lâchez prise et lancez-vous avec plein de bonnes raisons de farcir la bintje.

Car c’est un bon moyen pour réchauffer la cambuse quand il fait moins dix et ça fait de la buée sur les carreaux pour masquer le gris du dehors. C’est moins compliqué de creuser une patate que de mesurer la longueur d’une frite. C’est une bonne façon pour reconvertir les restes du frigo (talon de jambon, tranche de rôti solitaire, herbes).

C’est une bonne excuse pour ouvrir une bouteille de blanc, car "c’est du boulot " les patates farcies. C’est l’occasion d’être peinard dans la cambuse, car c’est une affaire trop sérieuse pour être deux en cuisine. Vous en profiterez pour écouter tranquille Daniel Guichard en usinant la bintje. Et puis ça vous donnera le droit de radoter sur les patates farcies de Tante Germaine qui avaient le cul noir comme son fourneau en fonte.

Farcir la patate, c’est aussi faire la nique aux tomates farcies qui se pavanent en pleine hiver au rayon traiteur. Non mais, des tomates en janvier, pourquoi pas des abricots et des fraises…

Vous savez quand les patates grillotent dans la cocote, c’est bon comme Jimi Hendrix dans Foxy Lady. C’est l’occasion de se souvenir : un soir d’hiver à Istanbul qui sentait le feu de charbon, on mangeait avec les doigts des patates farcies près du pont de Galata.

N’est-ce pas un peu suranné la patate farcie ?

Non, la patate farcie est indémodable et survivra aux nuggets. Sa confection, c’est un peu comme écouter Chet Baker dans Almost blue : on y revient toujours comme si c’était la première fois. Parce qu’on aime la pudeur de ce plat qui ne la ramène pas mais devant lequel on s’incline après avoir soulevé son chapeau. On peut tout y mettre, des sentiments comme des secrets. Et puis argument massue : les patates farcies, c’est encore meilleur réchauffées.

La recette de pommes de terre farcies d’Anne Caboche

On a déniché une recette de pommes de terre farcies dans Mes recettes maison pour accommoder les restes d’Anne Caboche (c’est aux éditions Bonneton). Il vous faut : 

  • 4 pommes de terre assez grosses épluchées ; 
  • 250 g de restes de saucisses et viandes de potée ; 
  • 50 g de beurre ; 
  • 1 feuille de laurier ; 
  • 1 verre d’eau ; 
  • du sel et du poivre. 
  1. Cuisez les pommes de terre cinq à sept minutes pour les attendrir. 
  2. Coupez-les en deux et creusez le centre avec une cuillère. 
  3. Otez la peau des saucisses : hachez-les avec les autres restes de viandes. 
  4. Remplissez les cavités des pommes de terre de ce hachis. 
  5. Faites chauffez le beurre dans une cocotte et placez-y les pommes de terre. 
  6. Ajoutez l’eau, la feuille de laurier cassée en morceaux, le sel et le poivre. 
  7. Dès que l’eau frémit, baissez le feu, mettez un couvercle et laissez cuire trente minutes environ.
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