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Un cassoulet.

Le cassoulet de l’ado

3 min
À retrouver dans l'émission

Ou comment éloigner sa progéniture de la dictature du hamburger.

Un cassoulet.
Un cassoulet. Crédits : Cavan Images

En un mot comme en cent, la jeunesse fait yèche à table. C’est pas une vie d’avoir un ado à nourrir, moi je vous le dis. D’abord, il vous ment comme un arracheur de dents : oui il a mangé à la cantine, oui c’était bon mais comme par hasard il a oublié le menu. Ben voyons, ton vieux père est assez gâteux pour gober ça. Sauf qu’il n’y met jamais les pieds à la cantoche et que c’est aussi mystérieux que son cours de SVT sur la mitose de savoir comment il se nourrit à l’heure du déjeuner au lycée. Une seule certitude, quand il rentre parfumé au graillon avec une haleine de chacal, on sait qu’il n’a pas mangé des carottes bio à midi.

Chez soi, c’est encore pire. Faites-lui plaisir en lui préparant des nuggets maison avec poulet fermier et panure 100% naturel et il vous dira les yeux dans les yeux qu’il préfère les étrons industriels surgelés. Sublimez vos pommes de terre sautées, recette familiale iconique, et il vous réclamera des frites surgelées en carton. Concoctez lui une vrai sauce tomate fraîche pour ses pâtes avec ail, thym, origan et huile d’olive et il se précipitera sur le frigo pour siphonner la bouteille de ketchup. Je  ne vous parle même pas des copeaux de parmesan vieux amoureusement rabotés qu’il ignore au profit d’un affreux fromage râpé sous pochette plastique.

Mais le pire du pire, c’est quand, pris d’improbables remords, l’ado prétend vous faire la morale cinq fruits et légumes par jour en vous assénant : « Papa, faut que je mange sain. » Alors vous voilà en train de lui mitonner haricots verts et coriandre fraîche, carottes au cumin et chou-fleur rôti aux épices. Sauf que dans votre dos, votre grand dadais est en train de tortorer une montagne de chips grasses et salées et qu’il miaule devant son assiette délicatement agencée : « Désolé, j’ai plus faim ». Il y a des jours comme ça où l’on a envie de se suicider au Viandox. Surtout quand à minuit, vous le retrouvez en train de danser devant le frigo avec une douzaine de tranches de rosettes.

On a tout essayé même en révisant les grands classiques : il tord du nez quand on lui propose un sublime jambon-beurre avec une baguette craquante, un bon beurre demi-sel et un sublime jambon à l’os. Seule demi-victoire, on a réussi à le faire renoncer au hamburger en version surgelée mais aussi en mode enseignes ultramarketées qui vous livrent sur les deux roues de l’ubérisation, piège à con. Ce n’est pas de moi mais de mon confrère Gurvan Kristanadjaja qui démonte l’exploitation des travailleurs ubérisés dans son livre paru chez Robert Laffont.

Pour en revenir au hamburger, il a suffi d’une autopsie d’un sandwich mou et gras pour convaincre l’ado que c’est un piège à cons et à carte bancaire et qu’un steak haché par leboucher, c’est bien meilleur quand il le cuit lui-même dans la poêle et qu’il le déguste avec une bonne salade de tomate et une moutarde de Bourgogne IGP de chez Fallot à Beaune.

Je vous ai posté sur le site de France Culture, une recette maison qui a réussi à faire la paix entre nous deux en cuisine. 

Le cassoulet de l’ado

On l’a baptisée de plusieurs noms : le cassoulet du bled, le cassoulet levantin, le cassoulet arabe où il est question de pois chiches et de merguez. C’est simple et rapide entre une révision sur la mitose et une partie sur la PS4.

Pour deux personnes, il vous faut quatre merguez, une boite de pois chiche, trois oignons nouveaux, une ou deux tomates fraîches ou une boite de chair de tomates, une cuillère à soupe d’épices à couscous ; sel et poivre. Commencez par rincer et égoutter soigneusement les pois chiches. Pendant ce temps, faites griller les merguez dans une large poêle ou une sauteuse. Réservez-les. Jetez la graisse de cuisson. Si besoin versez un filet d’huile d’olive dans la poêle. Faites revenir les bulbes blancs des oignons émincés. Ajoutez les tomates concassées, les pois chiches, les épices et les merguez que vous pouvez éventuellement couper en petits morceaux. Ajoutez les tiges vertes d’oignon découpées au ciseau. Couvrez et laisser mijoter doucement de dix à quinze minutes. Si l’ado a un appétit de routier sibérien, vous pouvez servir ce plat avec du riz, des pâtes ou des céréales.

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