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L'indémodable omelette aux pommes de terre.

L’omelette aux patates c’est sacré

3 min
À retrouver dans l'émission

Ode à une recette universelle et indémodable.

L'indémodable omelette aux pommes de terre.
L'indémodable omelette aux pommes de terre. Crédits : Luc Olivier

Aujourd'hui, je vous parle d'omelette, et pas n’importe laquelle, l’omelette aux pommes de terre, mon omelette aux pommes de terre, mon doudou dans l’assiette, mon onguent contre le gris pandémique. Du plus loin que je m’en souvienne, il y a toujours eu ce plat simple, universel, fondamental avec qui on peut faire le tour du monde. Il suffit d’avoir des œufs et des pommes de terre. Ou mieux, un reste de patates sautées. Pas en rondelles non mais coupées en carrés avec des faces dorées et d’autres plus grillées, voire noircies.

On n’a jamais appris la recette, d’ailleurs, y a-t-il une recette pour l’omelette aux pommes de terre. Il faut avant tout un climat, un lieu. Allez, je me jette à l’eau de la mémoire. On est dimanche soir dans un petit village posé à la frontière entre la Franche-Comté et la Bourgogne. Mon grand-père attend son omelette comme le Messie. Toujours assis à la même place au bout de la table. On fait chanter un restant de patates du gigot du midi sur la Godin à bois. Je suis allé chercher une paire d’œufs dans le poulailler de la voisine. C’est dimanche, j’ai le droit de les battre. Gauchement dans un bol trop grand. Mon grand-père m’observe, amusé. Puis me demande « Tu vas me chercher une échalote ? »

L’échalote, c’est sacré pour embaumer la salade verte qui accompagne l’omelette. Il faut une salade qui ait du croquant pour accompagner le fondant de l’œuf battu et le moelleux de la pomme de terre. Pas une flasque laitue ou une tendre mâche. Non l’idéale, c’est une chicorée frisée. Sur ses feuilles dentelées, mon grand-père ciselait l’échalote en minuscules copeaux avec son petit surin pointu. Concentré et silencieux jusqu’à sa première bouchée d’omelette qu’il réclamait baveuse. Après seulement, il posait son couteau, sa fourchette et murmurait : « C’est bien bon ». Il appuyait doucement sur le « bien », comme pour nous dire « Merci beaucoup ».

Au printemps, en été, on aime y ajouter toutes les herbes du jardin comme le persil, la ciboulette, la coriandre ou encore l’oignon vert. On peut émincer ces herbes fraîches dans l’œuf battu mais aussi les ajouter dans la poêle sur l’omelette fondante. C’est selon votre goût.

En hiver, j’aime épicer l’omelette aux pommes de terre. Avec du ras-el-hanout, vous savez ce mélange d’épices originaire du Maroc que j’ajoute en battant les œufs. J’ai aussi une grosse tendresse pour le zaatar, un autre mélange d’épices qui est l’âme de la cuisine levantine. Enfin, il ne faut pas négliger le piment sous toutes ses formes, notamment le piment fumé qui apporte une généreuse chaleur en ces temps incertains.

Si comme moi, vous aimez cuisiner les œufs, procurez-vous « Va te faire cuire un œuf ». C’est aux éditions de l’Etudiant. Avec plus de 500 recettes d’œufs faciles, il y en a vraiment pour tous les goûts avec, par exemple, « l’omelette du ramoneur ».

L’omelette du ramoneur

Battez quelques œufs avec quelques cuillerées de crème fraîche et de gruyère râpé. Salez et poivrez. D’autre part, coupez deux ou trois pommes de terre en petits dés et faites-les cuire au beurre à la poêle. Ajoutez-les à la préparation et faites cuire le tout

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