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"Pierre Overnoy !", le livre.

Pierre Overnoy, le griot du Jura

3 min
À retrouver dans l'émission

Pionnier des vins nature, ce vigneron est aussi humble que visionnaire.

"Pierre Overnoy !", le livre.
"Pierre Overnoy !", le livre. Crédits : Edition Tonnerre de l'Est

Oui Caroline, il s’agit de Pierre Overnoy, 83 ans, vigneron à Pupillin dans le Jura. Bien malin qui pourrait résumer cet homme aussi humble que visionnaire, un homme de « l’autre monde » avant l’heure qui a compris que la chimie répandue dans la nature nous menait complètement dans le mur bien avant les sonnettes d’alarme actuelles.

Alors, comment résumer Pierre Overnoy dont les vins naturels sont aussi rares que stratosphériques dans le verre et dans le porte-monnaie ? Comment expliquer un homme qui a guidé, inspiré une foultitude de vignerons, de choix de culture, de vinification en respectant l’omniscience de la nature ? Bref des choix de vie qui résonnent aujourd’hui à travers toute la planète et font raisonner de plus de plus de monde ? 

Peut-être en méditant cette phrase de Pierre Overnoy : « On n’adore pas les vins, on n’adore que les gens ». Tout cela est très bien dit dans un très bon livre qui lui est dédié et qui vient de paraître aux éditions Tonnerre de l’Est. Il est signé par Harriet et Marcus de Vere. Elle est traductrice, il est caviste à Londres. Leur première rencontre avec les vins de Pierre Overnoy se fit autour d’un flacon de son chardonnay qu’ils décrivent ainsi : « Tendu mais élégant, comme en suspension, doué de cette pureté que nous reconnaîtrions, au fil des années, comme l’empreinte même des vins de Pierre Overnoy ».

Mieux que ça, ils ont pris le temps de regarder vivre cet homme qui dit « On naît jardinier, et on meurt apprenti ». Pierre Overnoy n’a quasiment jamais quitté son Jura natal, à l’exception de deux ans de service militaire en Algérie. A son retour à Pupillin, il hésita entre devenir garde forestier ou peintre en bâtiment. Mais tout semblait le rappeler vers les vignes de sa famille : « C’était comme une vocation ! », dit-il. Il a choyé comme des trésors des vieilles vignes où ses aïeux avaient sélectionné et planté les plus authentiques cépages de ploussard, de savagnin et de chardonnay. Bien sûr, dans les années 60, il a vu arriver les herbicides dans les vignes mais il a suivi le chemin familial à l’écart de la chimie. Davantage d’ailleurs par intuition et par fidélité à ses clients qui voulaient du vin sans traitement que par revendication idéologique. Et puis Pierre Overnoy a fait sienne la philosophie de Jules Chauvet, surnommé « la science et la conscience du vin » et dont nous avons déjà parlé à ce micro. Jule Chauvet disait :  « Il m’a fallu dix ans de chimie, et le travail avec trois Prix Nobel pour apprendre à me passer de la chimie. Il faut connaître ses processus pour pouvoir s’en défaire. Nous ne pouvons jamais assez apprendre. »

Alors Pierre Overnoy, à 83 ans, ne cesse d’apprendre, de s’interroger, de transmettre. Quand il est dans les vignes, quand il fait son pain, quand il veille sur ses abeilles. On rêve d’aller le visiter dans son chalet de Chaux d’Eaux où l’on goûte ses vins sans fanfare, ni trompette autour d’énormes morceaux de comté et de fromage de tête. Là, Pierre Overnoy écoute, prend parfois la parole pour évoquer le millésime de tel ou tel vin. Bien loin de l’image iconique, instagrammatique que renvoient de lui les réseaux sociaux. On touche alors la moelle de la vie comme l’écrivent Harriet et Marcus de Vere : Pierre Overnoy est « un homme essentiellement bon. Et un homme, essentiellement ».

La recette du « poulet comme Monsieur Henri » au vin du Jura.

Il faut : 

  • Un beau poulet fermier ; 
  • Du beurre ; 
  • 4 échalotes ; 
  • 2 gousses d’ail ; 
  • Un verre de côte-du-jura blanc ; 
  • Un verre d’eau ; 
  • 20 cl de crème fraîche ; 
  • Un jaune d’œuf ; 
  • Du sel ; 
  • Du poivre.

1. Coupez le poulet en huit morceaux. Salez-les et poivrez-les. 

2. Faites chauffer un beau morceau de beurre dans une cocotte. Faites-y revenir les morceaux de volaille. 

3. Ajoutez les échalotes et les gousses d’ail épluchés et émincés et faites dorer encore quelques instants. Ajoutez l’eau et le vin blanc en grattant le fond de la cocotte avec une cuillère en bois. 

4. Couvrez et laissez mijoter 25 à 30 minutes. Retirez les morceaux de poulet. 

5. Dans un bol, mélangez soigneusement la crème et le jaune d’œuf. 

6. Versez dans la cocotte et mélangez au fouet avec le jus de cuisson du poulet en chauffant doucement. 

7. Ajoutez les morceaux de poulet et laissez cuire trois à quatre minutes. 

8. Servez les morceaux de poulet nappés de sauce avec du ri

>>>> Pierre Overnoy ! signé Hariet et Marcus de Vere, à retrouver aux éditions Tonnerre de l'Est.

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