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Le pissenlit, pour bien commencer le printemps.

Pissenlits, le printemps à pleines dents

3 min
À retrouver dans l'émission

Ode à l’emblématique salade des champs avec recette d’omelette sauvage.

Le pissenlit, pour bien commencer le printemps.
Le pissenlit, pour bien commencer le printemps. Crédits : Glasshouse Image - Getty

C’est peu dire que je l’aime le pissenlit. Ce n’est pas une herbe folle, c’est mon Prozac à moi. Comme un shoot de vitalité au retour du printemps quand muni de mon surin préféré je vais débusquer cet apache des prairies avant de le fêter en salade avec une poignée de lardons frits, un bon vinaigre, quelques croûtons de pain et un œuf mollet.

Le pissenlit, c’est le meilleur remède pour se requinquer l’humeur après avoir été empêtré dans le gris de l’hiver, c’est la lettrine enluminée de la cuisine buissonnière de mars et c’est sacrément bon pour tout comme l’explique Eric Roux dans « Le pissenlit, dix façons de le préparer », le délicieux opuscule jaune comme sa fleur publié aux éditions de l’Epure. 

Ce vieux routier des cuisines populaires dans toutes leurs dimensions (culturelles, sociales, historiques...) écrit : « Mais pourquoi s’échiner à chercher des pissenlits, quand les salades prélavées et prédécoupées, sous cellophane et en atmosphère inerte, sont si pratiques ? Car le pissenlit fait faire pipi. Il en tire d’ailleurs son nom. Nourriture printanière par excellence, il n’est pas seulement bon pour son croquant et sa légère amertume, mais il nous purifie. Suite à de longs mois d’hiver nourris de tomates hydroponiques de Bretagne et de Hollande, de surimi et de plats sous vide signés par des grands chefs, le pissenlit réinitialise notre système digestif. Une dizaine de plats, très dents-de-lion, c’est son autre nom cher aux Britanniques, vous remet  dans le bon sens la mécanique. Vous êtes prêt à retourner sur un marché de producteurs, à adhérer à une Amap ou à faire votre jardin. »

Les pissenlits trop verts sont trop rêches, explique Eric Roux. Il faut du pissenlit bien blanc, étiolé à l’abri de la lumière. Et c’est là toute la magie de la nature chère Chloé. Il faut aller les débusquer dans les taupinières, ces monticules de terre que forment les taupes lorsqu’elles creusent des galeries. Ces tumulus de terre bien aérée recouvrent les pissenlits et les forcent à pousser dans l’obscurité. En fait, les taupes et autre surmulots sont les véritables inventeurs de la technique du buttage que l’homme a appliquée en son jardin.

Avec le pissenlit, on n’est vraiment jamais à court d’histoires surprenantes. Savez-vous que le pissenlit russe produit une sorte de latex d’une qualité comparable à celui de l’hévéa utilisé dans la fabrication du caoutchouc naturel. Dans les années 30, les Soviétiques ont d’ailleurs cultivé à grande échelle ce pissenlit pour tenter d’en faire une gomme caoutchouteuse  et les Allemands, après avoir envahi l’URSS en 1941, pompèrent leurs recherches pour leur industrie de guerre.

Et le pissenlit russe continue son petit bonhomme de chemin puisque le groupe Continental planche depuis plusieurs années sur un pneu à base de caoutchouc de pissenlit.

Pour en revenir à nos fourneaux, je vous ai posté ici la recette d’omelette aux pissenlits d’Eric Roux que l’on peut faire avec les feuilles et les fleurs.

La recette de l'omelette aux pissenlits

1. Ne pas laver les fleurs, l’eau diluerait leur nectar, c’est-à-dire le goût. En revanche, laver les verdures à l’eau fraîche. Egoutter et bien sécher. Hacher grossièrement.

2. Dans un petit saladier, verser un demi-verre de lait. Saler et poivrer au moulin. Battre à la fourchette pour dissoudre le sel. 

3. Ajouter six à huit œufs et brouiller énergiquement pour aérer le mélange lait-œufs.

4. Dans une grande poêle antiadhésive, faire fondre une grosse noix de beurre ou chauffer une lampée d’huile d’olive. Une fois la matière grasse bien chaude, verser les œufs battus et aussitôt les verdures. 

5. Travailler avec détermination d’une fourchette maîtrisée pour faire prendre l’omelette et répartir les pissenlits. 

6. Garder l’omelette légèrement baveuse, ajouter les fleurs de pissenlits avant de la rouler en la faisant glisser dans un plat de service.

7. Un vin blanc un peu gras adoucira la subtile amertume de cette omelette sauvage.

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