LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Du chocolat à la louche

Plus beau le chocolat

3 min
À retrouver dans l'émission

Le "délicieux marronnier" de Jacky Durand sur le chocolat.

Du chocolat à la louche
Du chocolat à la louche Crédits : PHILIPPE FOURNIER / ONLY FRANCE - AFP

En voilà un délicieux marronnier : le chocolat. Celui des œufs de Pâques et des truffes de Noël. Mais pas seulement car elle est de tous les jours cette tablette que l’on achète à midi, minuit, au sortir du métro ou sur une aire d’autoroute.

Il est terrible le bruit de la tablette quand on la brise. C’est à la fois une promesse de gourmandise et le signal du manque à venir. Pour vous ou pour moi le dernier cran ? On hésite entre faire plaisir et se faire plaisir. Car il faut des préliminaires et des suppliques pour accepter de céder un cran du «Cacao Cusco, Pérou» de chez Bonnat, la vénérable maison de Voiron en Isère. 

La chocolaterie Bonnat à Voiron en Isère
La chocolaterie Bonnat à Voiron en Isère Crédits : ONLY FRANCE - AFP

C’est peu dire qu’on en bâfre du chocolat : 6,95 kilos par habitant en France en 2016. Faut dire que la chose cacaotée est partout dans notre quotidien : du petit-déj où il squatte les céréales jusqu’au dernier carré de minuit en passant par le lancinant moelleux au chocolat. A Pâques comme à Noël, les cartels du chocolat squattent les têtes de gondole de la grande distribution tandis que l’on picore des petits chefs-d’œuvre qui coûtent bonbon chez des chocolatiers qui ouvrent des showrooms de haute couture sucrée.

Mais toutes ces grands-messes, ce barouf mondialisé, ces singeries mondaines, qui trop souvent gangrènent la bouffe, ne sauraient faire oublier l’essentiel : vous et nous qui mangeons du chocolat, pékins anonymes d’une histoire universelle aussi vieille que la première bouchée de mammouth : nous gobons une truffe, nous suçotons une orangette, nous grignotons un bonbon fourré à la ganache parce que c’est bon et que ça nous fait du bien pour supporter la rouille du quotidien, la fréquentation des fâcheux, le robinet de l’évier qui goutte, la pénurie de PQ, les trains en grève, le chat qui miaule, les voisins qui s’engueulent, le métro qui n’arrive pas, l’autoroute qui n’en finit pas, le silence du samedi soir, le vacarme du lundi matin…

D’accord, le chocolat ne changera ni le monde, ni le mektoub, mais il aide à les supporter. Parce qu’il est à la fois un adjuvant relationnel (c’est rare que votre voisin de bureau fasse la gueule quand vous lui proposez une barre de 75% Nicaragua) et un baume pour l’intime. Il ne guérit pas le mal d’amour mais il est plus gourmand qu’un Kleenex. Il est aussi efficace et éloquent que Motörhead (une basse, une guitare, une batterie) et fidèle que son chanteur, Lemmy Kilmister.

Et puis, il ne faut jamais oublier que le chocolat raconte une légende aussi ancienne que l’humanité : celle des hommes, qui bien avant que la notion de terroir ne soit mise à toutes les sauces, ont fabriqué de la culture et du savoir-faire avec le ciel, la terre, l’eau et le feu pour rendre comestibles tous les fruits de la nature. 

Ainsi, ils ont appris à extraire les fèves de la cabosse, le fruit du cacaoyer. La suite est affaire de fermentation comme souvent dans les nourritures humaines (voir le pain, le vin…). Après avoir été séchées, les fèves sont torréfiées, puis broyées, brassées à 80 degrés avec du beurre de cacao et du sucre. On n’imagine pas forcément toute cette épopée quand on hésite entre deux tablettes (lait noisette ou fleur de sel ?) dans les allées désertes du Monop, un soir de mars.

Alors, rendons hommage au chocolat qui est la soie sur nos papilles, le goût de notre quant-à-soi quand il nappe les profiteroles et fourre l’éclair comme un songe d’éternité sucrée.

On a débusqué l’élégante et simplissime recette de «fondant au chocolat de Cécile» dans Chocolat du chef pâtissier Christophe Adam. C’est aux éditions La Martinière.

Pour quatre personnes, il vous faut : 200 g de chocolat noir ; 200 g de beurre un peu pour le moule ; 4 œufs ; une cuillère à soupe de farine ; 170 g de sucre semoule. Préchauffez votre four à 150 degrés. Beurrez un moule à manqué. Cassez le chocolat en morceaux et faites-le fondre avec le beurre au bain-marie ou au four à micro-ondes. Lissez le chocolat et le beurre à l’aide d’un fouet. Dans un saladier, battez les œufs à l’aide d’un batteur électrique. Tout en battant, ajoutez d’abord la farine, puis le sucre, et enfin le mélange chocolat beurre. Versez le tout dans le moule et faites cuire environ trente minutes au four. Attention, la cuisson peut changer selon le contenant.

Bibliographie

Chocolat

ChocolatLa Martinière, Paris, 2017

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......