LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Véronique Decker : "on a arrêté les goûter de 11h sinon les enfants ne petit-déjeunent pas assez"

"Quand le déjeuner devint petit, le Monde était devenu grand"

6 min
À retrouver dans l'émission

Ce matin Jacky Durand nous parle de l'histoire du petit-déjeuner

Véronique Decker : "on a arrêté les goûter de 11h sinon les enfants ne petit-déjeunent pas assez"
Véronique Decker : "on a arrêté les goûter de 11h sinon les enfants ne petit-déjeunent pas assez" Crédits : CAIA IMAGE / SCIENCE PHOTO LIBRARY / NEW / Science Photo Library - AFP

En ces temps de rentrée, c'est aussi un temps important pour se remettre en jambe avant le métro-boulot-dodo et le chemin de l'école bien sûr. Et puis figurez-vous que le petit-déjeuner est aussi en librairie avec le « Le monde dans nos tasses » de Christian Grataloup aux éditions Armand Colin.

Cet universitaire spécialiste de la géohistoire nous raconte l'étonnante saga du petit-déjeuner depuis sa naissance, il y a moins de trois siècles. Il écrit « Quand le déjeuner devint petit, le Monde était devenu grand ». Façon de nous dire que le premier repas de la journée tourne autour de trois denrées du Sud, le café, le thé et le chocolat qui sont autant de points cardinaux de l'histoire de la mondialisation. Son récit se déguste comme un mug de café, par petites gorgées, au lit, un samedi matin bien sûr.

Mais le petit déjeuner pour moi, ce n'est pas seulement la mondialisation, c'est aussi l'intime, ces moments minuscules rien qu'à nous qui font la dentelle de la vie. Tenez Caroline, nous avons tous un ou des souvenirs de premier petit-déjeuner où l'on se demande si l'autre est plutôt confiture de mûres ou vieux Comté, si il ou elle préfère la ficelle ou le pain au chocolat. Le premier petit-déj à deux, c’est un peu comme plonger du haut de la falaise : ça passe ou ça casse. On s'y épie en souriant derrière le bol de café, on lui tartine des mouillettes de beurre salé, on guette sa réaction alors qu'on vient de dégainer un Epoisses fermier, des rillettes de Tours ou mieux encore un restant de salade méchouia.

Et surtout, surtout, on guette ces silences qui sont des livres ouverts où l'on tente deviner si ce petit-dej est un marche-pied pour une traversée au long cours à deux ou simplement l'épilogue d'un bref cabotinage. Et vous Caroline, vous êtes plutôt thé ou café, confiture ou kipper ?

Ce matin, on a décidé d'être far breton parce qu'on aime bien l'idée de s'éveiller autour d'une douceur tiède. On a emprunté la recette de Patrick Cadour, le blogueur de « Cuisine de la mer » et l'auteur de « Récits et recettes du ressac », un livre fabuleux sur la pêche à pied. C'est aux éditions de l'Epure. Il vous faut sept cuillers à soupe de farine de froment ; trois cuillers à soupe de sucre ; trois gros œufs ; 50 cl lait entier ; 100 grammes de beurre ; du rhum brun

Mettez la farine dans un saladier, puis les œufs. Remuez à l’aide d’une cuiller en bois pour qu’il n’y ait aucun grumeau. Lorsque c’est un peu lisse, tenez la cuiller en bois de façon à ce que le creux soit tourné vers bas, et mélangez longuement et énergiquement afin d'emprisonner le maximum d’air dans la pâte. C’est ce qui va faire gonfler le far à la cuisson. Passez-y pas mal de temps, n’hésitez pas à vous interrompre, et revenez-y une fois votre bras reposé (comptez une dizaine de minutes de brassage pour obtenir un beau résultat).

Ajoutez ensuite le sucre et faites-le fondre en remuant toujours de la même façon. Intégrez alors doucement du lait entier, disons un petit demi-litre pour les proportions ci-dessus, mais je n’ai jamais mesuré : c'est l'expérience qui parle, ça dépend aussi de la grosseur des oeufs, ce n'est pas de la pâtisserie réglementée. Terminez avec une giclée de bon rhum brun.

Laissez reposer la pâte au moins trente minutes. Chauffez votre four à 200 degrés, choisissez une tourtière en terre, d’une dimension adaptée pour que la hauteur de pâte crue n’y dépasse pas 1 à 1,5 cm. Ne versez pas la pâte tout de suite, mais mettez-y un peu de beurre à fondre au four. Une fois celui-ci bien chaud, inclinez dans tous les sens le plat pour graisser les bords. Ajoutez la pâte, répartissez le beurre restant en surface, puis enfournez.

Lorsque la pâte commence à gonfler, réduisez à 180°, et laissez cuire. Disons une bonne demi-heure selon que vous l'aimez blond ou brun, et servez immédiatement.

Patrick Cadour explique que l'on peut l’aromatiser d’extrait de vanille ou de fleur d’oranger, mais dans sa famille, on le préférait nature. On y mettait des fruits secs parfois, comme des raisins ou des pruneaux. Ou alors des tranches de pommes. Evidemment, lestée de fruits, la pâte va un peu moins lever. Ces éléments sont à ajouter après la pâte dans le plat de cuisson, ce qui permet de bien les répartir. Il recommande de servir quelque chose à côté du far. Notre régal, c’était la confiture aux mûres maison, mais je trouve cela trop sucré désormais ; j’aime autant un peu de fromage blanc, ou une compote.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......