LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Sauvons la courgette !

Sauvons la soldate courgette

2 min
À retrouver dans l'émission

Trop souvent on banalise et on maltraite ce légume qui offre de multiples recettes.

Sauvons la courgette !
Sauvons la courgette ! Crédits : carlosgav - Getty

On a ainsi décidé de prendre fait et cause pour l’un des plus galvaudés de nos légumes : la courgette. Et ce n’est pas parce que c’est encore l’été qu’on la vénère la courgette. Non, c’est parce qu’on la considère souvent à tort comme une Marie-couche-toi-là de la bouffe.

Il ne devait pas être réveillé Dieu le jour où il a inventé la courgette car franchement elle lui a échappé dare-dare. La faute à nous autres humains qui l’avons banalisée comme un paquet de mauvaises nouilles, la méprisant comme une souillon aux fourneaux. C’est vrai quoi, la courgette, c’est trois graines que l’on sème en poquet, on rebouche, un coup de flotte et hop ! Ça pousse tout seul. Ce n’est pas comme ces capricieuses de carottes qui, une fois sur deux, refusent de pointer le bout de leurs fanes.

Et puis la courgette, hein, elle est au garde-à-vous sur les linéaires du 1er janvier au 31 décembre. Justement, c’est bien là qu’il y a un cheveu dans la mayonnaise. Y’a plus de saisons pour la courgette ou plutôt si, il y a un temps pour la célébration, un autre pour la popote indifférente. En été, donc, il est de bon ton de s’extasier en quadrichromie et papier glacé sur les fleurs de courgettes farcies ou en beignets. La cuisine devient alors une de ces allégories façon poteries et tissus provençaux avec oliviers vénérables et ratatouille gorgée de soleil. C’est beau comme Manon des sources ou les plus beaux villages de France vus du ciel. Sauf que cette sacralisation nous rase.

Parce que la courgette est une sorte de Cendrillon qui, trois mois par an, a le droit de faire la belle en vert, en jaune, en longue, en ronde et que le reste du temps, elle peut suer, seule, sa flotte au fond de la poêle, être perfusée sous serre comme un zombie, pourrir dans un filet dont on s’empare machinalement en poussant notre chariot. La courgette, c’est l’Emma Bovary des bacs à légumes. Elle s’ennuie grave en attendant un gâte-sauce qui la fera rêver autrement que dans la position du missionnaire façon carotte Vichy. Pire, il y en a qui la rendent définitivement frigide en la congelant. La courgette congelée, c’est pire qu’un Scud nord-coréen pour déclencher la guerre mondiale.

La tomate, elle fait la belle, carrossée comme une Ferrari par le marketing qui vous la propose en starlettes copiées-collées « cœur de bœuf» ou «tomate ananas». C’est pour cela qu’on aura toujours plus d’affection pour une tomate cabossée de plein champ ou une courgette humble et anonyme au fond d’une cagette chez notre épicier insomniaque. Alors il nous arrive de donner un léger coup de surin dans le contrat de la saisonnalité. Quand, par exemple, par une nuit de février, on tombe sur une courgette ridée et frigorifiée comme la Petite marchande d’allumettes. C’est qu’on va la réchauffer à grand renfort de ras el-hanout et avec la complicité d’une gousse d’ail, d’un peu de jambon cru et de parmesan. On lui donne aussi du couteau éplucheur pour en faire des spaghettis colorés qui enrubanneront les penne aux sardines. Il faut parfois savoir sauver la soldate courgette quand le rouleau compresseur agroalimentaire la maltraite. 

La recette du caviar de courgettes

Vous pouvez tenter le «caviar de courgettes» du chef Thierry Thorens dans son inusable et magnifique Etonnants légumes, c’est chez Actes Sud. 

  • Il vous faut 8 courgettes ; 
  • 4 à 6 filets d’anchois à l’huile ; 
  • 1 dizaine de feuilles de basilic ; 
  • 2 gousses d’ail ; 
  • 6 cuillères à soupe d’huile d’olive, 
  • sel et poivre. 

1. Lavez les courgettes et mettez-les entières sur la plaque de votre four chauffé à 180 degrés, sans matière grasse. 

2. Une fois les courgettes cuites, coupez-les en deux moitiés et raclez-en la chair à l’aide d’une cuillère à soupe, la pulpe obtenue de cette façon prend un goût particulier de cendre, voire de brûlé, qui rehausse la saveur de la courgette. 

3. Mixez cette pulpe avec les anchois et les feuilles de basilic ciselés et l’ail en purée. 

4. Salez et poivrez, puis ajoutez petit à petit l’huile d’olive. Tartinez de caviar de courgettes de grosses tranches de pain de campagne, puis grillez celles-ci dans un four très chaud. 

5. Vous pouvez servir ces tartines avec de la charcuterie sèche, du poisson fumé ou du poisson cuit au court-bouillon

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......