LE DIRECT

Tous au placard !

3 min
À retrouver dans l'émission

Le buffet de cuisine peut être un magnifique lieu d’éducation au goût.

Crédits : John Keeble

Il n’y a pas que des amants dans les placards. Il y a aussi des provisions de bouche, ce qui est autrement plus réjouissant, car les romances aux fourneaux sont moins périssables que les passions dans les alcôves. S’il ne fallait garder qu’une poignée de bonnes raisons pour cuisiner, l’éloge du placard en serait une. D’abord parce qu’on y débusque des pépites oubliées de nos virées buissonnières, des rescapés de la DLUO (date limite d’utilisation optimale), des piliers de nos ratas de vieux garçon, des Ocni (objets comestibles non identifiés), égarés de la planète des frères Tang (supermarchés chinois) ou de Marks & Spencers. Ensuite parce que le placard de cuisine peut être un magnifique lieu de d’éducation au goût, de transmissions des recettes et des gestes aux fourneaux. Je dois vous avouer que l’exploration du buffet de cuisine familial a été pour beaucoup dans mon appétit de fricasser et de mitonner. Car, derrière les miettes de thon à la tomate, les sachets de purée Mousseline, le pot de Nutella, le bouillon Kub Or, la levure Alsa, il y a souvent de sacrées histoires de vie qui ne demandent qu’à être déroulées quand on est môme.

On a tous pris d’assaut un placard de cuisine un soir où l’on venait d’user nos crocs de faim sur un zinc houblonné. Le ventre en disette, le bec en famine, il nous est arrivé de tomber en pâmoison devant la boîte de concentré de tomates, le chutney à la mangue, les sardines à l’huile, les crozets de Savoie, le kimchi au chou chinois, les nouilles soba au sarrasin, les lentilles vertes du Puy, les biscuits roses de Reims et le bœuf en gelée.

Et puis, on aime ces effluves aigrelets qui montent du dedans des placards et qui nous agacent les narines. Vous avez déjà senti ça dans les vieux buffets de cuisine, hein ? Ces alliances résignées entre le sucré et le renfermé, l’épicé et le rance qui disent la vie domestique vaille que vaille.

Mais il faut bien l’avouer, on a connu aussi des buffets dans la dèche. Déserts comme la porte de Pantin un soir de Toussaint. Au mieux, vous y croisez une boîte de choucroute garnie qui tapine entre un bocal de cornichons délavés et un tube d’harissa du Cap Bon martyrisé. C’est là qu’on se dit que l’on a eu tort de résister à l’appel du grec-frites sauce samouraï après avoir vidangé un fût de blonde au Morlay. Parce que, franchement, attaquer une boîte de choucroute garnie par la face nord en croquant une knack froide au-dessus de l’évier, ça vous vaccine contre les placards vides.

Des conseils pour nos placards de cuisine.

Faut les bichonner ces petits coins, les ravitailler avec amour car ces cambuses de l’intime, ces garde-manger du souvenir, ces joyeux boxons ménagers, ces arrière-boutiques de nos marottes en disent beaucoup plus longs sur notre frichti intérieur que l’affreux chariot que vous poussez entre les linéaires des supermarchés. 

La recette ! 

Ce matin je vous propose une recette qui va faire honneur à votre placard. Il s’agit d’un mélange pour « risotto aux cèpes » tiré de « Mon épicerie maison » de Louise Browaeys et Hélène Schernberg. C’est aux éditions Alternatives.

Il vous faut 300 g de riz arborio (à risotto) ; deux cuillères à soupe de thym séché ; 50 g de champignons déshydratés (types cèpes) ; une à deux cuillères à café d’ail déshydraté ; une cuillère à café de graines de coriandre ; une cuillère à café de graines de cumin ; une demi-cuillère à café de sel ; une pincée de piment de Cayenne (facultatif).

Vous mélangez tous les ingrédients dans un saladier afin de bien les répartir. Vous transférez le mélange dans un bocal en verre ou une boite en métal où il pourra se conserver un an. Vous pouvez aussi l’emballer dans un joli sachet transparent pour en faire un cadeau.

En cuisine, faites revenir ce mélange dans une casserole avec cinq cuillères à soupe d’huile d’olive pendant trois minutes. Ajoutez un demi-verre de vin blanc sec puis progressivement un litre de bouillon de légumes en mélangeant sans cesse. Laissez cuire doucement al dente avant d’ajouter du beurre, du poivre et du parmesan râpé.

Bibliographie

Mon épicerie maisonAlternatives, 2018

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......