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Glenn Gould lors de l'enregistrement des Variations Goldberg de Bach
Épisode 2 :

Glenn Gould, l’idiot musical

50 min
À retrouver dans l'émission

Glenn Gould est un idiot, mais un idiot au sens étymologique : il est singulier, original ; il a une mission presque sacrée. Ce qu'il recherche, dans la multiplicité des prises de l'enregistrement, c'est l'Idée de la partition.

 Glenn Gould playing concert grand piano as he records Bach in recording studio while engineers & dir. following score look on fr. glassed in booth as boomed mike doubles as his coatrack.
Glenn Gould playing concert grand piano as he records Bach in recording studio while engineers & dir. following score look on fr. glassed in booth as boomed mike doubles as his coatrack. Crédits : Gordon Parks/The LIFE Picture Collection - Getty

Glenn Gould ne joue pas au piano du bout des doigts, mais de toute son âme, on pourrait même dire qu'il ne joue pas du piano, mais de son esprit... Il ne cesse de répéter que son instrument n'est pas pour lui une fin en soi, mais un moyen, une voie d'accès. Toute la question est de savoir à quoi le piano lui donne accès, et à quoi il nous conduit. En d'autres termes, que se passe-t-il quand Gould se met à jouer du piano ? Et que se passe-t-il quand nous l'écoutons ?

Le texte du jour

« Arrivé à Madrid, détruire immédiatement l’écrit sur Glenn, pensais-je, il faut qu’il disparaisse le plus tôt possible pour que je puisse en entreprendre un autre. Je sais maintenant comment aborder cet écrit, je ne l’ai jamais su ; j’ai toujours commencé trop tôt, en dilettante. Nous passons notre vie à fuir le dilettantisme et toujours il nous rattrape, pensai-je, et il n’est rien que nous ne souhaitions avec une plus grande intensité que d’échapper une fois pour toutes au dilettantisme et toujours il nous rattrape. Glenn et la rigueur, Glenn et la solitude, Glenn et Bach, Glenn et les Variations Goldberg, pensai-je. Glenn dans son studio en plein forêt, sa haine des hommes, sa haine des gens de musique, pensai-je. Glenn et la simplicité, pensai-je en contemplant la salle. Nous devons savoir d’emblée ce que nous voulons, pensai-je, dans la tête de l’enfant déjà, il faut que ce soit clair, il doit savoir ce que l’homme veut, ce qu’il veut avoir, ce qu’il doit avoir, pensai-je. »

Thomas Bernhard, Le naufragé, 1983, trad. Bernard Kreiss, (Gallimard, 1986), pp.84-85

Extraits

- Allocution de Léonard Bernstein au concert du 6 avril 1962 au Carnegie Hall de New York

- Archive : Gould chante solo puis joue du piano (source : 1960, Radio Canada, Glenn)

- Archive Gould (source : Glenn Gould on Television, The complete CBC broadcasts)

Lecture

- Thomas Bernhard, Le naufragé, 1983, trad. Bernard Kreiss, (Gallimard, 1986), pp.84-85

Références musicales

- Bach, Partita n°2

- Brahms, Concerto No. 1 in D minor, Op. 15

- Beethoven, Sonata No.31 op.110

- Bach, Petit prélude nº1 en Ut Maj

Chroniques
10H50
2 min
Deux minutes papillon
"Histoire(s) de médium : philosophie par la peinture" de Patrick Vauday
Intervenants
  • professeur de Philosophie en khâgne au Lycée Faidherbe de Lille
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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