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La croyance 1/4 : Spinoza, la superstition est-elle une croyance ?

49 min
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« Croire en sa bonne étoile », « croire en l'avenir », « croire en Dieu », bien sûr, mais aussi « croire en l'expression de ses sentiments distingués », ou encore « croire sur parole ». La croyance semble toujours se placer du côté de l'invérifiable, de l'incertitude.

Par Géraldine Mosna-Savoye

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

« Croire en sa bonne étoile », « croire en l'avenir », « croire en Dieu », bien sûr, mais aussi « croire en l'expression de ses sentiments distingués », ou encore « croire sur parole ». La croyance semble toujours se placer du côté de l'invérifiable, de l'incertitude : c'est l'avenir qui n'est pas encore écrit, ce sont les sentiments pas forcément dignes de confiance, et puis la parole qui peut être mensonge, sans parler de Dieu dont on dispute encore la preuve de l'existence.

Invérifiable, incertaine, inexplicable, la croyance donc…, et pourtant, on croit dur comme fer : c’est que croire est peut-être irrationnel, c’est même sûrement le contraire par excellence de la preuve, du savoir et du fait, mais la croyance n’en est pas moins puissante. Elle nous fait contourner des échelles, aller à la messe tous les dimanches, jouer au loto les vendredi 13, parfois même entrer en guerre. La croyance nous pousse donc à agir d’une certaine manière, elle structure nos mœurs et nos cultures, elle s’infiltre là où la raison n’a rien à faire, elle rend impuissantes toutes nos démonstrations.

D'où vient alors cette puissance de la croyance, celle qui fait dire « J'y crois encore » alors que tout est perdu, cette adhésion presque viscérale à l'inconnu, cette foi qui peut nous rendre fou ? Et comment la comprendre ?… Mais peut-on la comprendre ? Comment connaître ce qui n'a rien d'explicable ?

Demain, le philosophe Stéphane Madelrieux se demandera s'il faut croire pour agir, à partir de la philosophie pragmatiste de William James et John Dewey mercredi, c'est Jacques Bouveresse qui nous montrera que la croyance n'est peut-être pas le contraire de la raison et jeudi, ce sera au tour de Pierre Brunel de nous conter le credo des poètes d'Arthur Rimbaud. Mais aujourd’hui, place à Spinoza et à sa pensée de la superstition, forme primaire ou excroissance monstrueuse de la croyance, avec le philosophe Pascal Séverac.

Pascal Sévérac
Pascal Sévérac Crédits : MC - Radio France

Instrus:

  • Doctor L, Labyrinthe
  • Pascal Estève  , Te voilà prisonnier

- Mozart , Credo in unum deum, messe en ut mineur

*- * Pascal Estève , Il n’y a pas d’âge pour croire en son étoile

Chanson:

  • Claude Nougaro , Je crois (imploracion negra)

Lectures:

- Baruch Spinoza, L Ethique ,  Appendice de la première partie, « De Dieu » ( Bibliothèque de la Pléiade) pp.348-349

  • Baruch Spinoza ,* L* 'Ethique , partie III, proposition 50

-Voltaire, Zadig ou la Destinée  , dans Romans et Contes , (Bibliothèque de la Pléiade) pp.20-21

-Alexis de Tocqueville , De la démocratie en Amérique II, 1, 2 "De la source principale des croyances chez les peuples démocratiques" (Gallimard/Folio), p. 20

Extraits:

- Vendredi treize, jour de chance , réal. Pierre Billard, février 1957, animateur Pierre Véry

Intervenants
  • professeur de philosophie à l'UPEC (Université Paris-Est Créteil): il enseigne à l'INSPÉ (École Supérieure du Professorat et de l'Éducation) et est membre du laboratoire LIS ("Lettres, Idées, Savoirs"), spécialiste de la philosophie spinoziste
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