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"Nous le peuple" signifie tout le monde.
Épisode 1 :

Les vieux démons de la démocratie

53 min
À retrouver dans l'émission

La démocratie est-elle un régime politique ou un état social ? Est-elle une fiction occidentale qui ne peut être définie qu'historiquement, comme l'affirme Pierre Rosenvalon, ou un fantôme qui vient hanter les préoccupations politiques qui ont pourtant bien changé depuis la cité d’Athènes ?

"Nous le peuple" signifie tout le monde.
"Nous le peuple" signifie tout le monde. Crédits : Martin Wheeler / EyeEm - Getty

Aujourd'hui nous interrogeons l'existence même d'un modèle démocratique et la pertinence de son application à d'autres pays que ceux de l'Europe Occidentale. L'occasion de prendre la mesure de l'écart entre philosophie politique et la mise en oeuvre de ses principes à travers l'histoire et les cultures. La démocratie est-elle un idéal inatteignable mais nécessaire pour guider les évolutions politiques ? Ou bien un modèle désuet, qui, à trop vouloir valoriser le peuple, à oublier de se demander à quelle réalité le terme même de peuple renvoie : un concept fourre-tout et bien commode, ou un ensemble de classes sociales, ou un agrégat d'individus dissemblables ?

Derrière l'idée démocratique, il y avait au moins une chose, c'est l'idée qu'on pouvait se débarrasser de la morale de ceux qui nous gouvernent. C'était la force de la démocratique par rapport à la monarchie, le problème c'est qu'on sait bien que contrairement au pouvoir, en monarchie le talent ne se transmet pas avec l'hérédité. Du coup, la démocratie a l'avantage de ne pas désigner des gouvernants à vie, donc de ne pas être dépendant de la nature, mais au contraire, de pouvoir, par différents modes de désignation, de sélections, des gouvernants, profiter des talents de tous. Ou en tout cas, "mettre à la porte" ceux qui ne font pas suffisamment bien leur travail.  
Florent Guénard 

Florent Guénard
Florent Guénard Crédits : MC - Radio France

Platon, notamment dans le Gorgias dit quelque chose d'extrêmement simple : la démocratie n'existe pas. Et l'exemple qu'il utilise c'est celui du médecin et du cuisinier, le premier donne des remèdes qui sont bon pour la santé aux enfants, le second des bonbons qui eux ne sont pas bon pour la santé. Les enfants c'est la foule, c'est ce que les démocrates appellent le peuple et que Platon appelle une foule. C'est-à-dire, non pas qu'ils seraient tous individuellement rationnels et qu'ils ensemble obtiendraient une rationalité supplémentaire, mais au contraire, c'est une foule, donc sujette aux passions, sujettes aux suggestions que leur adresse celui qui les mène et que Platon appelle des flatteries.  
Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'il n'y a pas de peuple, qu'il n'y a pas de démocratie parce que la démocratie, au fond, ce n'est qu'une aristocratie des orateurs. Qui à le pouvoir ? C'est le cuisinier, c'est celui qui s'adresse aux enfants, à la foule. Ce que nous dit Platon c'est que la démocratie est un concept vide.  
Florent Guénard

Extraits musicaux :

  • Leonard Cohen, Democracy
  • Lufth, Democracy is dead like printer matter
  • John Lennon, Power to people
  • Renaud Garcia-Fons, La silhouette

Lectures :

  • Platon , Gorgias (Flammarion, GF)
  • Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social
  • Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie (Payot)

Extraits :

  • intervention de Manuel Valls à l'Assemblée nationale, à propos de l'affaire Thévenoud
  • Monty Python , *la vie de Brian * film de Terry Jones (1979)
  • Entretien avec Cornélius Castoriadis (France Inter, émission "là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-Savoye. Cette semaine, 4 autres invités du colloque consacré à Pierre Rosanvallon, qui se tient en ce moment-même à Cerisy, évoquent pour nous un enjeu de la démocratie, à partir de leurs propres interventions au colloque et sur le thème qui y est à l’honneur « La démocratie en travail ». Aujourd'hui, le philosophe Bruno Bernardi, auteur du Principe d'obligation : sur une aporie de la modernité politique, disponible aux éditions Vrin-Ehess, qui répond à cette question : en quoi la démocratie suppose-t-elle une approche conceptuelle spécifique ?

Le principe d'obligation
Le principe d'obligation

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

Intervenants
  • Maitre de conférences à l’Université de Nantes, rédacteur en chef à laviedesidees.fr
L'équipe
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