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La désolation de la nature

58 min

Avant de savoir si nous devons aimer ou haïr la nature, peut-être faudrait-il commencer par définir ce que nous entendons par ce mot, qui a perdu de son charme et de sa force d’évocation, au point d’être confondu parfois avec celui d’environnement. « L’homme, disait le philosophe Georges Canguilhem, n’est pas installé sur ses terres comme un animal sur son territoire. Sur les lignes d’un paysage, il faut savoir lire l’effet des techniques de l’homme autant que la spontanéité de la nature ». La remarque est intelligente et le propos équilibré. Le problème est que nous avons de plus en plus de mal à accepter cette spontanéité, au point que les données naturelles d’origine nous apparaissent comme des phénomènes étranges qu’il nous faut à tout prix contenir ou bien ignorer. Nous ne savons plus très bien ce qu’il faut aimer ou haïr de la nature ou dans la nature : les saisons, les tempêtes, les animaux sauvages, les jardins, les prairies, les forêts, les volcans, les pierres. De fait, il existe un amour de la nature qui ne laisse pas d’inquiéter. Il est des écologistes radicaux – profondément anti humanistes – qui prônent l’extinction de l’humanité pour sauvegarder l’environnement. Et inversement, il existe une allergie à la nature, une haine même, qui frise la phobie. La tempête qui souffla en France en 1999 a provoqué une vague de protestations à l’encontre de la météorologie nationale accusée de n’avoir pas prévu l’ampleur du désastre. Quatre cas d’agression par des renards en Angleterre ont provoqué une véritable psychose. Le plus grave étant que chaque jour qui passe aujourd’hui voit la surface du globe se détériorer. Nous sommes tous des urbains, pour le meilleur et pour le pire. « Les animaux, le ciel ou la montagne, quand ils sont encore là, n’ont plus qu’un rôle de faire-valoir ». La volonté de puissance qui est le moteur de l’histoire humaine selon Christian Godin va irrésistiblement dans le sens de la destruction de la nature, de son effacement, de son oubli.

Et si la haine de la nature était finalement plus forte que tout. Et si les orientations vertes du capitalisme actuel n’étaient que des ruses pour faire triompher l’artifice ?

Curieuse thèse ? C’est pourtant celle de Christian Godin dans son livre : « La haine de la nature ».

Christian Godin
Christian Godin Crédits : Anne-Catherine Lochard - Radio France
Intervenants
  • Philosophe, maître de conférences de philosophie à l'Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand.
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