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"Nietzsche, toute action exige l’oubli", dessin de David Ha.

Nietzsche, qu’est-ce que la Grande Santé ?

53 min
À retrouver dans l'émission

Nietzsche dit qu'il n'y a pas de santé en soi. Mais cela signifie-t-il que chacun est à la fois malade et médecin ? Dans Le Gai Savoir (1882), Nietzsche propose une réflexion sur la santé, et plus particulièrement la santé de l'âme.

"Nietzsche, toute action exige l’oubli", dessin de David Ha.
"Nietzsche, toute action exige l’oubli", dessin de David Ha. Crédits : David Ha

La compréhension que Nietzsche suggère de la notion de santé doit être détachée de certains réflexes de pensée qui relèvent de la métaphysique, des manières de penser qui sont illégitimes, critiquables et en particulier qui s'appuient sur le dualisme, la croyance à des oppositions strictes, comme l'opposition du vrai et du faux. Nous avons l'habitude de penser, de réfléchir à coup d'oppositions. L'une de ces manifestations c'est l'opposition stricte de la santé à la maladie, comme étant des termes mutuellement exclusifs.

Il n’y a pas de santé en soi, et tous les essais pour définir ce type de choses ont échoué misérablement. C’est de ton but, de ton horizon, de tes pulsions, de tes erreurs et en particulier des idéaux et fantasmes de ton âme que dépend la détermination de ce que doit signifier la santé même pour ton corps. Il existe d’innombrables santés de la chair ; et plus on permet à nouveau à l’individuel et à l’incomparable de lever la tête, plus on se défait du dogme de l’"égalité des hommes", et plus il faut que nos médecins se débarrassent du concept de santé normale, et en outre de régime normal, du cours normal de la maladie... Nietzsche, le Gai Savoir

Et alors seulement le temps sera peut-être venu de réfléchir à la santé et à la maladie de l'âme, et de placer la vertu propre de chacun dans la santé de celle-ci. Laquelle pourrait certes apparaître chez l'un comme le contraire de la santé pour un autre. La grande question demeure encore ouverte, celle de savoir si nous pourrions nous passer de la maladie. Même pour le développement de notre vertu ,et en particulier si notre soif de connaissance et de connaissance de nous même n’aurait pas tout autant besoin de l'âme malade que de l'âme saine. Bref, si la volonté exclusive de santé ne serait pas un préjugé, une lâcheté, et peut-être un reste de barbarie et de mentalité arriérée des plus raffinés. 

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

Patrick Wotling
Patrick Wotling Crédits : MC - Radio France

TEXTES :

  • Nietzsche, Le Gai savoir  (1882), trad. Patrick Wotling, GF Flammarion, Paris, 2007, § 120, pp. 172-173.
  • Nietzsche, Ecce homo  (rédigé en 1888, publié à titre posthume en 1908 et en libre consultation sur internet), « Pourquoi je suis si sage », § 2.
  • Nietzsche, Par delà le bien et le mal  (1886), trad. Patrick Wotling, GF Flammarion

EXTRAITS :

  • Antonin Artaud, *Les malades et les * médecins, 1946
  • Dr. House  (créé par David Shore), saison 1 Avec Hugh Laurie

INSTRUS :

  • Gérard Torikian, Le secret de la matière
  • Nana Simopoulos,* Rêverie in rain*
  • Richard Wagner, Prélude

CHANSONS :

  • Grand corps malade, Je dors sur mes deux oreilles
  • Johnny Cash, Hurt
L'autre Blanchot, l'écriture de jour,
L'autre Blanchot, l'écriture de jour, Crédits : Radio France
Intervenants
  • ancien élève de l'École normale supérieure, professeur de philosophie, directeur du département de philosophie de l’Université de Reims et fondateur du Groupe International de Recherches sur Nietzsche
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