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Combat entre George Foreman et Muhammad Ali à Kinshasa le 29 octobre 1974
Épisode 2 :

La boxe, un dialogue des corps

50 min
À retrouver dans l'émission

En boxe, comment expliquer une telle explosion de violence, où les coups ont une finalité : mettre l'adversaire K.O ?

Combat entre George Foreman et Muhammad Ali à Kinshasa le 29 octobre 1974
Combat entre George Foreman et Muhammad Ali à Kinshasa le 29 octobre 1974 Crédits : Mike Feldman - Maxppp

Ne vous laissez pas aveugler par cette violence : en son principe, il y a de la colère, mais aussi de la peur. Les corps dialoguent entre eux, précision et rapidité sont requises, comme l'illustrent certains combats mythiques : Ali contre Liston, contre Frazier, contre Foreman... Patrice Lelorain frappe du poing sur la table, pour combattre nos préjugés sur la boxe. A écouter !

Le texte du jour

« Il n’y a rien de fondamentalement ludique dans la boxe ; rien qui semble relever de la lumière du jour, du plaisir. Dans ses moments de plus grande intensité, elle paraît contenir une image si complète et si puissante de la vie – de la beauté, de la vulnérabilité, du désespoir, du courage sans limite et souvent autodestructeur de la vie – que la boxe, c’est en fait bien la vie, et qu’elle est loin d’être un simple sport. Lors d’un combat de qualité supérieure nous sommes profondément émus par la communion du corps avec lui-même grâce à la chair intransigeante d’un autre corps. Le dialogue du corps avec son autre lui-même – ou la mort. Le baseball, notre football, le basket – ces passe-temps essentiellement américains sont reconnus comme sports en raison de leur dimension ludique : ce sont des jeux. On joue au football, on ne joue pas à la boxe.

Quand on observe des sports d’équipe, des équipes d’hommes adultes, on voit combien ces hommes sont des enfants au sens le plus heureux du mot. Mais la boxe, avec la férocité qui la constitue, ne peut être assimilée à l’enfance. […] Les spectateurs de rencontres sportives tirent une bonne partie de leur plaisir du fait de revivre les émotions collectives de l’enfance, mais les spectateurs de combats de boxe revivent plutôt la petite enfance meurtrière de la race. D’où la sauvagerie occasionnelle des publics des combats de boxe […], de même que l’excitation, lorsqu’un homme se met à saigner sérieusement. […]

Vu de manière abstraite, le ring est un genre d’autel, un de ces espaces légendaires où les lois d’une nation sont suspendues : entre les cordes, durant une reprise officiellement fixée à trois minutes, un homme peut être tué sous les coups de son adversaire, mais il ne peut être légalement assassiné. »

Joyce Carol Oates, De la boxe, 1987, trad. Anne Wicke, (Tristram, 2012)

Lecture

- Joyce Carol Oates, De la boxe, 1987, trad. Anne Wicke, (Tristram, 2012), p.24-25

Extraits

- The Greatest, film de Tom Gries et Monte Hellman (1977)

- Archive Black muslims (source : « Sept jours du monde », 1ère chaîne de l’ORTF, 27 mars 1964, Leon Zitrone)

- Archive Muhammad Ali, « renouer avec ses racines » (conférence de presse de 1974)

- Archive Muhammad Ali, conférence de presse quelques semaines avant le combat avec Foreman

- Archive Mike Tison (source : Philippe Reltien dans le journal de France inter, 27/03/1992)

Références musicales

- Charlie Parker, Diggin diz

- Miles Davis, Two Bass

- Miles Davis, Tribute to Jack Johnson

Patrice Lelorain
Patrice Lelorain Crédits : MC - Radio France
Chroniques
10H50
2 min
Deux minutes papillon
"La ruse du tableau, la peinture ou ce qu’il en reste" par Hubert Damisch

Bibliographie

De la boxe

De la boxeTristam, 2012

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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