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Les paradoxes du désir, de Platon à Lacan, une série de quatre émissions
Épisode 1 :

Platon : le désir amoureux est-il raisonnable ?

53 min
À retrouver dans l'émission

Premier temps d'une série de quatre émissions consacrée à une exploration des paradoxes du désir. Et c'est à travers le Banquet de Platon que nous allons essayer de cerner un de ces aspects en compagnie de Fulcran Teisserenc, spécialiste de philosophie antique.

Anselm Feuerbach  (​1829-1880), Le Banquet de Platon (1869)
Anselm Feuerbach (​1829-1880), Le Banquet de Platon (1869) Crédits : Picturenow/Universal Images Group - Getty

Le désir n’est pas le manque, qu’une présence ou qu’un verre d’eau suffit à combler. Il est par essence insatisfait, sinon, il n’aurait plus rien à désirer. Etymologiquement, le désir signifie la nostalgie de l’étoile, cette lumière que le navigateur lit comme un signe de sa destinée. Sans étoile à suivre, comment avancer dans la houle tumultueuse de l’océan ? Cette absence de guide est effrayante, et pour cause, sans guide, sans loi ni maître, nous sommes en proie à notre propre désir, qui nous projette vers l’inconnu, nous ballotte entre le manque et l’excès, déjouant la raison et humiliant la volonté, nous laissant perplexe devant l’interchangeabilité des objets qui peuvent le satisfaire. Essayez de définir le désir, vous n’y parviendrez pas autrement que par périphrases, exemples ou métaphores. Comment alors trouver les mots pour nommer ce qui nous tient en vie mais que nous connaissons si mal ?

C'est à travers Le Banquet de Platon que nous allons essayer de cerner un de ces aspects en compagnie de Fulcran Teisserenc, professeur de lettres au lycée Poincaré à Nancy. Spécialiste de philosophie antique, Fulcran Teisserenc analyse ce texte extraordinaire, d'une qualité littéraire et d'une portée philosophique sans précédent et qui, paradoxalement, est celui qui permet le mieux de définir ce qu’est le désir sans jamais en proposer de définition :

Le Banquet est un texte multiple chatoyant, dans lequel le fond nourrit la forme et la forme nourrit le fond. C’est un texte qui parle de l’amour, de la beauté. Platon ne parle jamais en tant que Platon. Il parle en tant que d’autres dans un système de mises en scène de narrateurs – Socrate, Apollodore, Aristodème, Alcibiade, Diotime - et d’emboîtement de récits, un procédé récurrent chez Platon mais que le philosophe pousse ici à l’extrême. Par conséquent, si l’on veut trouver la vérité sur le désir dans Le Banquet, il faut la chercher partout, aussi bien dans la parole de Socrate, dans celle de Diotime, mais il faut aussi écouter tous les autres participants à ce banquet.

Extraits diffusés :

  • Platon Le Banquet. Discours d’Aristophane : les moitiés se cherchent (Théâtre et Cie, France culture 26/12/2010 d’après la mise en scène de Jacques Vincey à la Comédie Française) (Aristophane, Serge Bagdassarian)
  • Trop belle pour toi, de Bertrand Blier (1989)
  • Shakespeare, sonnet 55 (trad. Victor Hugo)

Textes lus par Céline Monsarrat

Musiques diffusées

  • Bill Evans, Valse
  • Renaud Garcia-Pons, Yupanqui
  • Franz Schubert, Sonate en la mineur
  • Claude Hellfer, Iberia
  • Guy Berry, Apprenez-moi des mots d’amour
  • Léonard Cohen, Came so far for beauty

La chronique "Deux minutes papillon" de Géradine Mosna-Savoye

  • Philippe Charlier, Ouvrez quelques cadavres, une anthropologie médicale du corps mort , Buchet-Chastel
Intervenants
  • professeur de lettres et de première supérieures au lycée Lakanal à Sceaux, spécialiste de philosophie antique
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