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Peut-on échapper au travail ? (1/4): s’accomplir dans l’incertain

49 min
À retrouver dans l'émission

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Olivier Guérin

Lectures : Jean-Louis Jacopin

Ah, une journée sans travail, un mois sans labeur, une année sabbatique, une vie de loisirs et de rêveries ! Confucius : « Choisis un métier qui te plaît, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie ». Ou encore, Alphonse Allais : « J’ai toujours détesté le labeur et si je travaille, c’est dans le but unique de subvenir à mes débauches (je me passe aisément du nécessaire) ».

Dans tous les cas, dans tous ces cas, le travail, c’est la douleur, la contrainte, la plaie qui ne se refermera jamais, ou l’instrument de torture à trois points que l’on découvre en explorant les origines du terme. Quoiqu’en pense Confucius, aimer son travail n’y changera rien : ce qui déplaît, dans le travail, c’est qu’il ne nous laisse pas le choix. Soit nous y sommes contraints pour subvenir aux nécessités vitales ou satisfaire son goût du luxe, soit il s’impose à nous de l’intérieur, guidé par une passion, un intérêt supérieur, un projet de vie, et pour être un accomplissement, il n’en pas moins un labeur.

Difficile alors de ne pas vouloir fuir ce travail, s’en échapper, s’accorder du répit, un déni, une rêverie, mais quel serait ce non-travail, cet envers du travail ? Le repos n’a de sens que si travail il y a …Alors peut-on échapper au travail ? Même Bartleby, quand il refuse d’accomplir la tache de scribe qu’on lui demande de faire, travaille à ne pas travailler, et devient le premier écrivain sans œuvre.

L’homme travaille, c’est un fait. Il s’entraine, il s’exerce, répète, apprend, exécute, obéit, construit, pense, crée. Il travaille, donc il vit. Pour le pire et pour le meilleur. Savoir si du pire on peut fait un meilleur, c’est le programme de cette semaine.

Demain, Gisèle Berkman vous parlera de l’effet Bartleby, ce texte de Melville qui a inspiré tant de philosophes et d’écrivain à partir de ce travail du non travail, mercredi, Jacques Darriulat évoquera pour vous la poïétique de Paul Valéry, et jeudi, c’est Dominique Méda qui vous proposera tout simplement de réinventer le travail.

Aujourd’hui, c’est Pierre-Michel Menger , titulaire d’une chaire de sociologie de travail créateur au Collège de France qui vient nous expliquer comment l’incertitude, dont il fait un principe, distingue le travail créateur des autres travaux.

PIerre-Michel Menger
PIerre-Michel Menger

Références musicales:

  • Doctor L , Hands up!

  • Les Paratas Espantadas , Fokjeboss

Lectures:

Honoré de Balzac , La recherche de l'Absolu (Livre de poche)

  • Denis Diderot , Le paradoxe sur le comédien

Extraits:

- La môme, film d'Olivier Dahan (2007)

  • Amadeus , film de Milos Forman (1984)

Et les "2 minutes papillon" de Géraldine Mosna-savoye:

Au micro : Judith Bernard, metteure en scène et comédienne pour le spectacle « Bienvenue dans l’angle Alpha », d’après Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza de Frédéric Lordon

Au théâtre de Ménilmontant jusqu’au 26 février

Intervenants
  • sociologue, titulaire de la chaire Sociologie du travail créateur au Collège de France
L'équipe
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