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 Charlie Chaplin dans "The great dictator"
Épisode 2 :

La critique sociale d’un infatigable

52 min
À retrouver dans l'émission

La famille biologique est-elle la seule possible? Travailler rend-il heureux? Comment construire un monde commun? Trois questions posées par Le Kid, Les Temps modernes et Le Dictateur, qui mettent en scène la même énergie inépuisable,celle d'un personnage toujours là où ne l'attend pas.

Charlie Chaplin dans le film 'Le Dictateur' en 1940.
Charlie Chaplin dans le film 'Le Dictateur' en 1940. Crédits : Hulton Archive - Getty

Deuxième volet d'une série de quatre émissions consacrées à Charlie Chaplin : aujourd'hui Adèle Van Reeth nous propose d'évoquer la critique sociale à travers les films de Charlie Chaplin. Elle s'entretient Guillaume Le Blanc, professeur de philosophie à l'Université Paris Est Créteil.

Du côté de Charlot, on a une forme d'énergie, de rythme qui parvient malgré tout à suggérer des ailleurs, des fuites, une rêverie... Tout se passe comme si, au fond, le personnage du vagabond était celui qui allait arriver à faire quelque chose de l'ordre du monde. [...] Le grand règne de Chaplin c'est de faire au contraire arriver le vagabond quelque part et de montrer tous les dommages collatéraux que cela engendre. Guillaume Le Blanc

L'insistant du précaire, l'insistant du pauvre c'est je crois cela qui caractérise Charlot. Du coup, il y a tout un athlétisme de la silhouette maigre et frêle de Charlot. C'est un drôle de corps que nous propose Chaplin avec son Charlot. On a l'impression que c'est un corps au bord de l'extinction, de la décomposition, un corps très maigre, presque tenu par ses habits plutôt que tenant ses habits. Et en même temps c'est un corps qui peut beaucoup de choses, qui peut courir, nager, patiner, boxer. Il y a donc une espèce de Charlot olympien à l'intérieur d'un monde qui lui n'a rien d'olympien. Guillaume Le Blanc

Je pense que le cinéma construit une hypothèse en général démocratique parce qu'il rend visibles des choses qui devraient rester invisibles normalement. Le grand ressort du cinéma c'est de proposer une espèce d'audace de visibilité généralisée. Ce qu'il y a de proprement révolutionnaire je crois dans l'art de Chaplin, c'est que la silhouette qu'il a choisie de Charlot pourrait être n'importe qui. C'est une silhouette qu'on prend comme ça au hasard dans une rue, un défilé. [...] On choisit une silhouette parmi elles et il se trouve que cet individu a un art singulier de la résistance. Guillaume Le Blanc

TEXTES :

  • John Dos Passos, USA, Prologue, Gallimard Quarto 2002, p. 33-35
  • Hannah Arendt, La tradition cachée, 1987, «  Charlie Chaplin : le suspect » Christian Bourgeois, p. 200-202

EXTRAITS :

  • Le Kid, de Charlie Chaplin 1921
  • Les Temps modernes, de Charlie Chaplin 1936
  • Le Dictateur, de Charlie Chaplin 1940

REFERENCES MUSICALES

  • Charlie Chaplin, His morning promenade, (The Kid)
  • Charlie Chaplin, The fight, (The Kid)
  • Nat King Cole, Smile d’après la BO des Temps modernes
  • Graeme Allwright, Le Clochard américain

La chronique « 2 minutes papillon » de Géraldine Mosna-Savoye

Écouter
2 min
La chronique 2 minutes papillon : Mardi 16 février 2016

A propos du livre Lettres et autres textes de Gilles Deleuze, édition préparée par David Lapoujade paru aux éditions de Minuit

Chroniques
10H51
2 min
Deux minutes papillon
La chronique 2 minutes papillon : Mardi 16 février 2016
Intervenants
  • pilosophe, professeur de philosophie sociale et politique à l'université de Paris
L'équipe
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