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David Lynch en 2006 à Rome
Épisode 2 :

Lost Highway, identité et subjectivité

58 min

L’univers lynchéen pose la question de l’identité des personnages, le décalage entre ce qu’ils sont, ce qu’ils rêvent d’être, ce qu’ils n’arrivent pas être, et le récit fragmentaire et sinueux qui en résulte. Le spectateur se fait détective et tente de construire un récit d’une subjectivité éclatée.

Lost Higway, un film de David Lynch de 1997 où se délite dans l’espace et le temps, le puzzle de la vérité. Allociné
Lost Higway, un film de David Lynch de 1997 où se délite dans l’espace et le temps, le puzzle de la vérité. Allociné

Tout le monde a un appareil photo ou une caméra, mais tout le monde n'a pas le sens du lieu. C'est saisir le lieu dans son essence demande une attention particulière aux détails : couleurs, formes, textures, bruits, musique... Tout peut faire sens, tout peut créer une ambiance, une humeur. Si aucun de ces détails ne fait sens, c'est un cauchemar, on est hors du lieu. Mais quand un personnage, une femme, prononce certains mots dans une certaine lumière et filmés d'une certaine manière, si tous les détails font sens, alors c'est paradisiaque. Mais tout est une question de détails. Reconstruire l'identité à partir de couleurs, de textures et de lumière. Bienvenue dans l'univers glaçant de Lost Highway, où Fred devient Piter se retrouve à Cuisez pour un meurtre qui ne se souvient pas avoir commis. 

Deuxième temps aujourd’hui de notre semaine consacrée à la pensée en mouvement de David Lynch. Après le dédoublement de l’âme et du corps, hier lundi, avant l’implosion du temps en une spirale linéaire, demain mercredi, et la folie de Twin Peaks, jeudi, c’est aujourd’hui en compagnie de David Roche, que nous allons réfléchir à l’univers lynchéen à partir de la question de l’identité des personnages, et le décalage entre ce qu’ils sont, ce qu’ils rêvent d’être, ce qu’ils n’arrivent pas être, et le récit fragmentaire et sinueux qui en résulte. À l’affût de signes et indices, le spectateur se fait détective et tente de construire un récit à partir de ce qui n’est peut-être, que la narration d’une subjectivité éclatée.

Par Adèle Van Reeth

Réalisation : Mydia Portis-Guérin

Lectures : Georges Claisse

Références :

  • Extrait du documentaire "Cinéma de notre temps : David Lynch", réalisation Guy Girard
  • Serge Perathoner, Le procès (BOF En plein cœur)
  • Extrait de Lost highway
  • Extrait du *Procès * d'Orson Welles
  • David Bowie, *I'm deranged* (BOF de Lost Highway)
  • Extrait de Inland Empire
  • Angelo Badalamenti, Milholland Drive (BOF)
  • Nina Simone, *Sinnerman* (BO Inland empire )

Lecture :

  • Paul Ricoeur, Temps et récit (Points/Seuil, 1985)
Intervenants
  • philosophe, maître de conférences à l'Université de Bourgogne

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