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Plagiat, pastiche, contrefaçon (4/5): larcin et droit d'auteur (rediff.)

59 min
À retrouver dans l'émission

"-Figurez-vous, mon cher, que j'ai effectué chez les Italiens de bien précieuses rapines... -Tudieu!Qu'est-ce-à-dire! Sont-ce des bijoux? des peintures? du vin? - Des mots, mon cher, des mots... - Chapeau bas! Voilà qui va enrichir encore notre belle langue française..." A la renaissance, et jusqu'au seuil de la Révolution française, où fut inventé le droit d'auteur, la notion d'originalité n'avait guère de sens. Pourquoi donc se priver des trésors s'offrant dans les pages des autres, au nom d'un prétendu talent original, alors qu'il suffisait de pencher le front au dessus d'une belle page pour y moissonner belle récolte, et orner ainsi son propre livre? Shakespeare ne naît pas de rien, et ses pièces sont rien moins qu'homogènes, rien plus que composites. Dans la trame de sa broderie de mots, on trouve enserrée, ici, cette réécriture-de veine grivoise-d'un sonnet baroque, là, un semis de préceptes paternels, repris textuellement de la tradition moraliste. Le plagiat n'est donc pas l'envers du génie: Shakespeare a beau insérer la prose et les vers de ses prédécesseurs et contemporains à l'intérieur de sa propre oeuvre, il n'étouffe jamais, au beau milieu du chahut généralisé, sa propre voix et son tour de plume. A moins qu'il n'existe pas, mais cela, c'est une autre affaire... Marion Richez

Intervenants
  • professeure émérite à l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand.
L'équipe
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