Des vitamines aux méthodes Assimils, de Photoshop aux cours du soir, que celui qui ne souhaite pas s’améliorer lève le doigt- mais moins haut que les autres, pour qu’on le reconnaisse. Degré éminent de perfection, l’excellence est majestueuse, voire tyrannique : Son excellence n’attend pas, elle exige, elle ne cherche pas à comprendre, elle obtient, elle méprise le bafouillis, le pas mal, le tiède, le sage. Son excellence a du bon, car elle tire vers le haut, là où la nuance n’existe pas et où les superlatifs sont rois, elle invite, à l’effort, au travail, au dépassement de soi …. à moins que ce soit à la juste mesure que l’on attribue le prix de l’excellence morale, auquel cas, même le repos est permis. C’est en dormant que l’on devient excellent.
Mais à force de prendre de la hauteur, de majestueuse, l’excellence devient inaccessible, et devant elle, les autres s’inclinent, non par défaite, mais pour mieux comploter une ascension irrésistible, comme on se couche devant un duc avec une pensée de derrière, celle de Pascal : « il n’est pas nécessaire, parce que vous êtes duc, que je vous estime, mais il est nécessaire que je vous salue ».
Plus haut, plus vite, plus fort, toujours mieux, encore plus, mais avant de savoir où s’arrête l’effort et jusqu’où va l’excellence, il faut bien commencer quelque part, et avant d’évoquer la compétition sportive, demain, l’eugénisme ou la recherche de l’humain parfait, mercredi, et le perfectionnisme moral, jeudi, j’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui Philippe Meirieu qui vient s’interroger sur la place de l’excellence dans l’éducation.
Spécialiste de la pédagogie, professeur des universités en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon II, vice-président du conseil régional Rhône-Alpes
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