LE DIRECT

Viens philosopher dans mon comic strip 2/4 : temps et espaces de la BD

1h

Par Adèle Van Reeth

Réalisation: Assia Khalid

Lectures: Jade Herbulot

En partenariat avec le Hors-Série de Philosophie Magazine, N° 15 Spécial BD - La vie a- t-elle un sens ? .De l'absurde, de l'héroïsme - du mal - du destin - de l'amour - du rêve..

Sur une planche, un dessin de gâteau à la fraise, qui occupe toute la page et ferait saliver les moins gourmands d’entre nous. Découpé en dizaine de cases, scindant le gâteau en petites cellules séparées par un espace blanc, le dessin du gâteau devient narration. Lui ne bouge pas, mais l’œil circule, glisse sur les images au rythme de la flèche invisible qui le mène d’une case à l’autre, déroulant le fil narratif de ce qui n’est pourtant qu’une image fixe. De simple image, le gâteau devient histoire, récit, il n’est plus seulement une manière comme une autre de remplir un espace vide et immobile, sa division en petites cases qui tantôt s’étalent, tantôt s’allonge, lui insuffle un mouvement, donc une certaine temporalité. Voir et lire le gâteau simultanément, c’est faire l’expérience de tout lecteur de bande dessinée qui, livre en main, tient un objet fixe et plat qui pourtant lui fait voir l’espace et le temps autrement.

Vautré sur un canapé ou debout dans un magasin, le lecteur de bande dessinée fait l’expérience d’un récit qui n’est ni roman, ni un conte, et d’images qui ne ni tableau ni photos. La bande dessinée est un objet hybride, un entre-deux, pris entre dialogues minuscules et images cellulaires. Et pourtant, elle seule peut véritablement représenter l’espace dans le temps et le temps dans l’espace tout en restant sur place, elle seule peut faire jaillir les différences sur fond d’identité et représenter ainsi le mouvement au sein de l’immobilité. Qu’elle sorte perdante de la comparaison avec une œuvre d’art, peu importe, la bande dessinée est un objet des plus féconds pour la pensée.

Après Tristan Garcia, venu hier nous parler de lanterne magiques et d’imaginaire enfantin, c’est aujourd’hui le philosophe Benoit Peeters , scénariste et par ailleurs biographe de Derrida, qui vient nous montrer comment la bande dessinée nous fait penser l’espace et le temps.

Benoit Peteers
Benoit Peteers Crédits : MC - Radio France

Références musicales:

- Comics trip, orgue sale de Mick Harvey

  • Les Daltons par Drôle de beaux gars

Lectures:

  • Gilles Deleuze , L'image en mouvement (Editions de Minuit, 1983) Chapître 1, p.23

  • Andrei Tarkovski , Le temps scellé (Cahiers du cinéma, 1989) p.61

Extraits:

  • Jacques Tardi parle de P.Jacobs, "Documentaire d'été" de Jean Daive diffusé en 1987
Intervenants
  • Ecrivain, spécialiste de BD, scénariste, éditeur et professeur à l’Université de Lancaster

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......